Newsletter rese@u sim
La Société de l'industrie minérale
Abonnez-vous
Mines & Carrières, n°157, mars 2009

Mines & Carrières, n°157, mars 2009

En couverture
Carrière de La Faubretière, à La Haye Fouassière (44), appartenant à Charier Carrières et Matériaux. Une nouvelle installation est en cours de montage sur le carreau, au point le plus bas

Actualités
Agenda et manifestations, les hommes dans l’entreprise, carrières et matériaux, chantiers du BTP, chiffres clés, constructeurs et fournisseurs, minerais et métaux, marque-pages

Portrait
L’or blanc de la Sierra Macael

Pneumatiques
La voie radiale

Matériel
Le journal de Bridgestone
Un traitement bien Chauvin

Qualité
Maîtrise de la qualité des granulats : le marquage CE et la marque NF

Carrières
Famille, je vous aime

Moteurs
Volvo roule à l’Euro 5

Dossier
Spécial Intermat


Présentation du numéro

Un peu d’espérance
Difficile de ne pas parler du salon Intermat ce mois-ci. Le dossier lui est d’ailleurs entièrement consacré avec une sélection de matériels et de services que l’on verra dans l’exposition, et plus tard en carrière. Il est inévitable en tout cas d’évoquer ces entreprises qui ont choisi de ne pas venir à ce grand rendez-vous. Par crainte de ne pas voir leurs clients se déplacer sur leur stand, pour mieux se consacrer à leur activité en étant plus proches de leurs clients, a-t-on entendu. D’autres arguments ont été avancés, et on peut citer la volonté de ne plus engager de frais. Là, au moins, on ne tergiverse pas : on ne vend plus, donc on ne dépense plus. C’est cet argument qui fait craindre le pire aux organisateurs du salon : ils imaginent en effet que les visiteurs professionnels, habitués d’Intermat, se sont vus réduire leur budget de déplacement, et donc ne feront pas le voyage. Pour un salon consacré aux professionnels de la construction et de l’industrie des matériaux, c’est bien étrange. Car c’est ce secteur et celui de l’immobilier qui ont directement ou indirectement contribué pour moitié à la croissance de ces dix dernières années, comme l’a rappelé récemment l’Insee. “De nombreux secteurs ont bénéficié du boom de l’immobilier”, reconnaît de son côté l’économiste Michel Mouillard(1), citant pêle-mêle l’équipement des ménages, l’entretien des appartements, mais aussi les services qui lui sont liés comme le jardinage. “Si l’immobilier continue sa descente aux enfers, il accentuera fortement la dépression économique”, prévient-il. Le secteur peut redémarrer dès l’été prochain si la crise financière est résolue et “si la Banque centrale européenne retrouve la raison en appliquant une politique monétaire expansionniste, avec une baisse des taux de refinancement et une mise à disposition rapide de nouvelles ressources sur le marché”, lance l’économiste. Pourquoi ? Selon lui, la situation actuelle est un “scandale”, car les autres pays (non européens) facilitent le refinancement bancaire, ce que l’Europe ne fait pas, apparemment. Ce spécialiste souhaite avant tout la création d’un gouvernement économique de la zone euro ; dans le cas contraire, il craint que la situation ne se détériore sans qu’on puisse espérer un redémarrage avant 2011 ou 2012. Le sujet est vaste et Intermat sera un moyen de prendre le pouls de la profession, du moins, on peut le souhaiter.
Autre sujet de préoccupation : le développement durable. On en parle à travers les lignes du dossier, car les constructeurs ont fait beaucoup d’efforts ces derniers temps, notamment sur les moteurs pour en limiter les émissions polluantes. D’ailleurs, on peut se demander si la période actuelle n’est pas une chance pour repenser le développement durable. Notre modèle de croissance a montré qu’il n’était pas durable, lui, “tant il est générateur de dégâts environnementaux et de souffrances sociales”, explique Denis Clerc, économiste. Selon lui, cette crise peut avoir des retombées triplement positives : “Elle marque la fin du marché autorégulateur, elle contraint à s’interroger sur une plus juste répartition des revenus et une limitation des gains les plus extrêmes, elle oblige aussi à bâtir notre développement sur des bases plus durables.” Dans ce dernier cas, il faut que l’Etat ait un rôle à jouer dans ces évolutions ; on pense au Grenelle de l’environnement avec son cortège de mesures destinées à aider les ménages à financer des investissements générateurs d’économies d’énergie. La fiscalité en est un point important. Par ailleurs, on verrait bien l’Etat et les collectivités territoriales dans un autre rôle que celui de pourvoyeur de fonds. L’exemple du financement des maisons à
15 euros par jour est une bonne idée, mais si elles sont éloignées de tout, on risque d’avoir à nouveau recours à la voiture.
Ce qui est certain, c’est que la période actuelle amène à se poser des questions, qui nous feront bien progresser. Espérons-le.
(1) Professeur d’économie à l’université Paris X Nanterre, et directeur scientifique de l’observatoire Clameur (Connaître les loyers et analyser les marchés sur les espaces urbains et ruraux).

Abonnez-vous

Accueil - Société de l'Industrie Minèrale
contact | mentions légales