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Mines & Carrières
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La biodiversité par la grande porte
Le hasard fait bien les choses : la création d’une chaire d’enseignement associant les mathématiques et la biodiversité à l’École polytechnique ouvrira de nouvelles perspectives dans la compréhension de phénomènes naturels complexes. Du coup, on peut parier que les écologistes auront un nouvel allié avec les mathématiques, encore faut-il que ces derniers étendent le domaine de leurs compétences, au risque d’être déconsidérés et pris pour de vils ignorants. L’objectif d’une telle démarche, pour l’école, est d’élaborer de nouveaux modèles sur l’évolution probable des écosystèmes et de fournir une aide concrète aux chercheurs, aménageurs et tout autre décideur impliqué dans la gestion des espaces naturels. C’est le lien que l’on peut établir avec les carrières, en espérant que la biodiversité ne se réduise pas à des équations ; les modèles mathématiques devraient, selon toute vraisemblance, ouvrir une approche dépassionnée et objective sur les écosystèmes.
Autre lien proche avec ce que vivent les exploitants, plongés malgré eux dans l’écologie moderne : les conséquences du grignotage des territoires de “la vie sauvage” sur l’extinction des espèces ou encore l’efficacité des corridors écologiques reliant des espaces fragmentés. C’est un peu tiré par les cheveux (ceux du carrier, évidemment), car la problématique est complexe et, dans ce domaine, les conférences de l’Unicem ont l’avantage d’aborder la biodiversité avec plus de simplicité pour une meilleure compréhension, même si elles se basent sur des études très sérieuses, comme celles qui ont été menées au Muséum d’histoire naturelle par le professeur Jean-Claude Lefeuvre.
La démarche de cette grande école est intéressante, et il sera curieux de lire les résultats des premières études. Selon les scientifiques responsables de cette unique chaire d’enseignement, la biodiversité pose un défi passionnant aux mathématiques. “Les échelles considérées introduisent quantité d’inconnues, comme la taille de l’échantillon, sa géographie, son interaction avec les milieux environnants”, et bien d’autres réjouissantes données à modéliser, laisse-t-on entendre.
Verrons-nous un jour des polytechniciens s’inquiéter de la biodiversité et de l’intérêt écologique des carrières ? Qui sait ? Dans un ailleurs un peu lointain, peuplé d’animaux sauvages, la biodiversité peut être vue sous un autre angle, moins sérieux, comme cette petite histoire : un tigre (nouvel an chinois oblige) court derrière un polytechnicien autour d’un arbre. Le polytechnicien, bien qu’habillé en Grand Uniforme, semble résister à la vitesse du fauve. Sur une branche de l’arbre, un autre polytechnicien, lui aussi en Grand Uniforme avec bicorne et épée, regarde son collègue et l’encourage. “Dépêche-toi, il va te rattraper”, lui dit-il. “Mais non, ne t’inquiète pas”, arrive à répondre le coureur, “j’ai plusieurs tours d’avance”. C’est certain, il aurait eu encore plus de tours d’avance s’il n’avait pas été en Grand Uniforme, mais cela n’aurait rien changé, bien sûr. Mais que penser du tigre ? Certes, un peu myope, mais content de voir ce compagnon de jeu avec une queue et des cornes –qu’il n’a pas– se risquerait-il à accepter cet étranger, dans son environnement, et sous l’influence croisée de l’un sur l’autre ? Bref, la biodiversité doit-elle s’appliquer à protéger certaines espèces ou à éviter la prolifération de certaines autres ?

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Ciments Bétons Plâtres Chaux
Ciment Béton Plâtre Chaux

Descente sur piste noire tout schuss. Le roulé-boulé économique de 2009 restera dans les annales. D'aucuns prétendent qu'avec une chute de 20 % de la production industrielle française en un an, la correction aura été encore plus forte que dans les années 1930. Même si le parallèle avec 1929 n'est pas du goût de tout le monde, il n'en reste pas moins que "le bâtiment a toujours été décalé par rapport au cycle économique général, entrant en crise plus tardivement, mais en sortant également plus tardivement", comme l'a rappelé Didier Ridoret, président de la FFB en novembre dernier. Les effets du plan de relance et des aides gouvernementales tardent à se faire sentir.
Selon les données de la base Sit@del2 du service de l'observation et des statistiques, 400 000 logements neufs ont été autorisés entre décembre 2008 et décembre 2009, soit un repli de 17,9 % d'une année à l'autre, mais la situation concernant les bâtiments existants incite à plus d'optimisme puisque, de ce côté, les autorisations de construction ont bondi de 39 % sur les trois derniers mois de l'année.
Si l'on en croit les chiffres publiés par la FNTP (Fédération nationale des travaux publics), le secteur des TP est moins touché avec, en octobre 2009, un recul affiché de 7 % par rapport à la même période en 2008. Mais les trois derniers mois de l'année 2009 font apparaître une hausse des marchés conclus de 15 %, ce qui permet de terminer l'année sur une note plus optimiste…
Aller de Charybde en Scylla, c'est peut-être un peu le sentiment des industriels touchés par le retoquage du projet de loi sur la taxe carbone, parmi lesquels figurent les cimentiers français. Ces derniers font partie des 1 018 entreprises qui produisent 93 % des émissions de CO2 industrielles1 et qui, soumises au marché européen des quotas, étaient exonérées de la taxe carbone avant la décision du Conseil constitutionnel. Or, le gouvernement étant invité à réviser sa copie –en vertu du principe d'égalité devant l'impôt rappelé par le Conseil constitutionnel– il va devoir s'appliquer pour maintenir les exonérations prévues pour les routiers, pêcheurs et ménages français en tendant sa sébille aux industriels avec, en échange, une taxe carbone à tarif réduit (de combien ?) ou des compensations (lesquelles ?).
Dans le cadre du projet, la tonne de CO2 aurait été taxée à 17 euros, soit au prix médian d’une tonne de CO2 observé sur le marché des quotas de CO2 au cours des deux dernières années.
La Suède et le Danemark ont été les premiers pays à créer une taxe carbone au début des années 1990. À l’heure actuelle, cinq pays
européens l’appliquent et l’Allemagne s’est engagée à l’adopter en 2012. À l'époque, en Suède, en l'absence d'un quelconque marché du carbone, le prix de la tonne de CO2 avait été fixé à 27 euros ; aujourd'hui, elle atteint 108 euros. Revers de la médaille, l'impôt a été établi sans prise en compte de critères sociaux et géographiques et, en proportion du revenu disponible, ce sont les ménages à plus faible revenu qui ont subi la plus grande augmentation des coûts énergétiques. En revanche, les industries –sauf les entreprises de service et de chauffage urbain– sont très largement exonérées du paiement de cet impôt. À quoi attribuer l'acceptation par la population de cette taxe ? Conscience écologique plus forte, peut-être, mais surtout réforme parallèle de la fiscalité puisque l'institution progressive de cet impôt s'est accompagnée de l'allégement d'autres charges, notamment celles pesant sur l'énergie et le travail. Un exemple à suivre ?
1. Le PNAQ II alloue 124 985 kt de CO2 aux secteurs de l'industrie et de l'énergie. Le ciment et la chaux représentent 15 402 kt soit 12,32% du total. (Source : Sfic)

2009 was like a skiing race down to the bottom of the hill at top speed. The economic slump of 2009 will indeed be remembered. Some claim that with a fall in the industrial French production of 20% within one year, the drop was still bigger than in 1930. Even if everybody does not agree with the comparison made with 1929, it is nevertheless true that "there has always been a time-lag between the building sector and the rest of the economy as the building sector usually falls into a crisis and recovers from it later than the rest of the economy, as recalled by Didier Ridoret, president of the FFB* last November. The effects of the relaunch plan and governmental incentives are slow to appear. According to the information contained in the Sit@del2 database of the observation and statistics department, 400,000 permits for the construction of new dwellings were granted between December 2008 and December 2009, which represents a fall by 17.9% from one year to the other, but the situation concerning the existing buildings should prompt more optimism because in this sector, the
construction permits jumped by 39% over the last three months of the year. Judging by the figures published by the FNTP**, the public works sector is less affected: in October 2009, it posted a 7% fall compared to the same period in 2008. But over the last three months of the year 2009, a 15% increase in contracts concluded has been observed, which helps to end the year on a brighter note.
Going from bad to worse may well be the feeling of the industrialists affected by the rejection of the carbon tax bill, which also concerns French cement producers who are among the 1,018 companies which produce 93% of industrial CO2 emissions1 and are subjected to EU ETS. They had been exempt from the carbon tax until the Constitutional Council's decision. And now the government is invited to amend the bill, owing to the principle of equality before the tax reminded by the Constitutional Council. It will therefore have to strive to safeguard the exemptions foreseen for the road transports and fishery industries as well as French households and ask industrialists for money maybe in exchange of a reduced rate carbon tax (how much?) or compensations (which ones?). According to the bill, a tonne of CO2 would have been subjected to a levy of 17 euros, which equals the average price of a tonne of CO2 observed in the market for CO2 allowances over the past two years.
Sweden and Denmark were the first countries to establish a carbon tax in the early 1990s. Currently, five European countries apply it and Germany agreed to adopt it by 2012. At the time, in Sweden, as there was no carbon market, the price per tonne of CO2 had been set at 27 euros, and now it reaches 108 euros. The drawback is that the tax was imposed without consideration of social and geographic criteria and compared to available income, the people with the lowest income are the ones who have borne the greatest increase in energy costs.
In contrast, industries, excluding utilities and heating, are largely exempt from paying this tax. Why has the population accepted this tax?
Stronger environmental awareness perhaps, but above all there has been a concomitant tax reform as the progressive institution of the tax was accompanied by the suppression of other expenses, particularly those impacting energy and work. It is an example worth following, isn't it?
1. The PNAQ II (French national scheme for the allotment of emission quotas) allots 124,985 kt of CO2 to the industry and energy sectors.
Cement and lime represent 15,402 kt, i.e. 12.32 % of the total (Source: Sfic).
* French building federation
** French federation for road and public works

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L'industrie céramique & verrière
l'industrie céramique & verrière

Pour utile qu’il soit, le PIB n’est pas un indice suffisant. Ne faudrait-il pas plutôt l’associer à un autre indice, tel que celui du bonheur intérieur brut, le BIB ? C’est peut-être un vœu pieux, mais il s’accommode bien de ces débuts d’années où les bonnes résolutions sont de sortie.
Faisons un rêve, si vous le voulez bien. Nous vivons dans un monde heureux car il vit en paix et en sécurité. La liberté, la démocratie et les droits de l’homme y sont respectés, la qualité de la vie, environnement compris, y est élevée. La recherche, la formation, l’information, la communication et la culture y sont aussi largement partagées. Vous le devinez, ce rêve est de courte durée, juste le temps de se retourner sur le matelas pour passer à une autre idée, une autre utopie.
Il faudra attendre la fin du premier trimestre 2010 pour voir se dégager la tendance. Si l’on se fie au premier événement marquant de l’année –un séisme dévastateur et meurtrier– les augures ne sont pas très positifs, mais prédire l’avenir, c’est comme prédire les cours de la Bourse, c’est un exercice périlleux !
En attendant d’en savoir plus sur la marche du monde, vous pouvez toujours lire les quatre portraits que nous avons rédigés pour vous ; ils combinent céramique fine et terre cuite pour réunir quelques protagonistes de la céramique française : Esprit Porcelaine à Limoges est un collectif de créateurs qui travaillent au renouvellement des idées et thèmes liés à la porcelaine. La faïencerie du Bourg-Joly à Malicorne a retroussé ses manches pour faire revivre un patrimoine plusieurs fois centenaire. Les établissements Rochet à Pamiers ont construit leur succès sur le coupeur pour tuiles ou briques et se diversifient maintenant vers les céramiques techniques tandis que la société Woestelandt à Nieurlet dans le Nord continue son bonhomme de chemin, commencé dans la tuile et poursuivi dans les produits de parement. Ces entreprises familiales animent le tissu industriel des régions où elles sont implantées. Prenons garde de ne pas les asphyxier sous des contraintes réglementaires trop lourdes, au risque d’éroder un peu plus notre industrie et d’encourager la fuite de l’emploi hors de la zone euro…

As useful as it may be, the GDP is not a sufficient index to rely on. Should we not rather associate it with another index, such as the Gross Domestic Happiness, the GDH? That may be wishful thinking, but it goes well with the beginning of the year when good resolutions are taken.
Allow me to make a dream. We are living in a happy world because we live in a peaceful and safe environment. Freedom, democracy and human rights are respected, quality of life, including environment, is high. Research, training, information, communication and culture are widely shared too. As you guess, this is just a fleeting dream, which lasts just enough time to toss and turn on the other side of the mattress to move on to another idea or another utopia.
We will have to wait until the end of the first quarter of 2010 to see the emerging trend for this year. If we judge by the first milestone –a devastating and deadly earthquake– the omens are not very positive, but predicting the future is like predicting changes in stock prices: it is a dangerous exercice!
While waiting to know more about in which direction the world is heading, you can still read the four profiles that we have prepared for you; they combine fine ceramic and heavy clay with some representatives of the French ceramics: Esprit Porcelaine is a group of artists striving to renew the ideas and topics related to porcelain. The earthenware factory of Bourg-Joly in Malicorne gathered all their strengths to make a centuries-old heritage alive again. The Rochet company in Pamiers built their success on the cutter for rooftiles or bricks and is now diversifying into technical ceramics, while the Woestelandt company in Nieurlet in the North of France pursues its way started in the rooftile business and continued in clay façade claddings. These family businesses enliven the industrial world of the regions where they operate. Let's take care not to suffocate them under a too heavy regulatory burden, taking the risk of further eroding our industry and encouraging the flight of jobs outside the euro area ...

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Recyclage et Valorisation
Recyclage et Valorisation

Recyclage et faux jumeaux
Au hasard d'un reportage sur l'ancien site Metaleurop aujourd'hui redynamisé par Sita (lire en rubrique "Savoir-faire"), la "casse" automobile ultramoderne de la société Re-Source Auto Pièces pouvait donner matière à réflexion. En effet, sur l'immense parking de cette usine à déconstruire, les voitures qui attendaient de passer à la casserole et issues en majorité de la fameuse prime à la casse ne semblaient pas, loin de là, être à l'agonie. Nombre de ces véhicules auraient pu apparemment parcourir encore plusieurs dizaines de milliers de kilomètres sans ressembler à des épaves.
Finalement, ces produits de consommation qui passent peut-être un peu rapidement par la case recyclage sont tout un symbole. Symbole que l'on retrouve dans bien d'autres domaines comme les téléphones portables, les téléviseurs et autre électronique grand public. Cela fait belle lurette que la majorité des cordonniers a disparu des pages jaunes de l'annuaire et ce ne sont que quelques exemples du gaspillage contemporain à tout le moins dans nos contrées.
Et dans une industrie comme celle du granulat ? L'Union nationale des producteurs de granulats (UNPG), qui organisait récemment un colloque sur ce thème du recyclage (lire en pages "Événement"), tendait à démontrer que, pour construire durablement, il fallait préserver la ressource et mettre en œuvre des matériaux en "deuxième vie" chaque fois que cela était possible.
Malgré tout, entre désir et réalité, il semble que, dans ce domaine des granulats comme ailleurs, le chemin soit encore long notamment du côté des utilisateurs. De plus, on en arrive à ce paradoxe que certains maîtres d'ouvrage et maîtres d'œuvre utilisent des matériaux recyclés à haute valeur ajoutée pour des applications qui sont loin d'être nobles.
"Recyclage, que de crimes on commet en ton nom !" pourrait-on paraphraser. De fait, sous ce terme peuvent se cacher bien des turpitudes comme non seulement la voiture à peine usée qui part au désossage mais aussi le granulat "gratouillé" à quelques centaines ou milliers de mètres de l'autoroute en construction et qui se retrouve classé en "excédent de chantier" comme par miracle. Ce dernier point a d'ailleurs le don d'agacer les producteurs de granulats car, comme le précisait Marc Blanc, président de l'Unicem Lorraine, lors d'une journée technique(1) organisée par le Cete de l'Est, "ces excédents de chantier constituent un gisement non négligeable puisqu’ils représentent selon les années entre 10 et 15 % des volumes produits et jusqu’à 80 % des matériaux recyclables."
Donc, sous la même étiquette peuvent se cacher des produits bien différents. Une voiture bonne pour la casse n'est pas forcément une épave et un excédent de chantier peut ressembler comme deux gouttes d'eau à un produit de carrière. Vrais et faux jumeaux !
1 – Le compte-rendu de cette journée paraîtra dans le prochain numéro de R&V

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