Mines & Carrières, n°148, mai 2008
L’imagination prend le pouvoir
Tout sauf l’explosif. Ce mois-ci, le dossier s’intéresse aux modes d’extraction alternatifs. Il y en a, mais peu nombreux et assez classiques. Des exploitants ont cependant fait le choix de supprimer le minage pour le remplacer par l’un d’entre eux. Un article présente d’ailleurs un exploitant du Sud de la France qui, après avoir fait ses calculs, a supprimé les tirs de mine pour extraire son calcaire à la raboteuse. D’un point de vue financier, il s’y retrouve. Le débit ? Il suit. Les poussières ? Abattues. Ce qui montre qu’il faut être ouvert et voir ce qu’il se passe ailleurs. On peut d’ailleurs se poser la question de savoir si l’expérience peut être répétée sur un autre site, ce qui ferait plaisir au sous-traitant qui a récupéré le marché, et qui a une expérience à faire valoir. L’exploitant, lui, peut se concentrer sur d’autres préoccupations, le foncier notamment. Ce qui amène à rebondir sur un autre sujet d’actualité, développé dans les pages de brèves de la revue : l’Unicem a convié la presse pour faire part de son inquiétude sur les ambitions exprimées par les pouvoirs publics en matière de construction de logements et d’infrastructures : comment faire face au programme de construction des 500 000 logements par an au cours des années à venir ? Le syndicat demande à “l’ensemble des acteurs politiques nationaux et locaux de vérifier soigneusement, dans chaque département, si l’accès autorisé à la ressource en matériaux de construction suffira aux besoins des dix à vingt prochaines années”. Et face à cela, l’Etat ne dispose d’aucun outil fiable de recensement, à moyen ou long terme, des réserves autorisées de granulats ni des constructions à démolir, dont il sera possible de recycler les matériaux. Bref, là encore, rien ne change et les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Remonté comme une pendule, l’Unicem formule donc ses propositions aux pouvoirs publics, parmi lesquelles on note l’établissement d’un état des réserves autorisées mis à jour régulièrement pour chaque département, la révision des schémas départementaux des carrières au regard de la satisfaction des besoins liés aux projets de développement régional, l’autorisation pour 30 années d’exploitation établie en tant que règle et l’unification des critères de recevabilité.
Il y a 40 ans, une certaine agitation mobilisait gens d’armes et gens de lettres, étudiants, syndicats et patronat, dans les usines et dans les villes, pour plus de liberté, pour interdire d’interdire. La situation a paru explosive. On a même parlé de chienlit. Peut-être en reparlerons-nous d’ici peu, en ce qui nous concerne...
Mines & Carrières, n°147, avril 2008
Rendre coûts pour coups
Chaque année, les Cram recensent les accidents graves, voire mortels, occasionnés par des convoyeurs. Le dossier de ce numéro se penche sur la question, car on peut se demander comment il est encore possible que de telles calamités se produisent, malgré l’arsenal de règles et de consignes mis au point par la profession, avec l’aval des préventeurs et de l’administration. Certes, il est facile de pointer la négligence de la victime, mais c’est parfois un peu hâtif. La réflexion mérite d’être approfondie, car il semble que des accidents récents aient montré que l’inaccessible peut devenir accessible... Il semble que l’infraction au règlement soit une des causes, sinon la cause de l’accident, avec des protections inexistantes, ou pire, des protections neutralisées. Sur ce point, il est difficile de lutter contre ce qui relève de l’inconscience. Pour le reste, il est intéressant de s’attarder sur des expériences positives, comme celle de cet exploitant d’une carrière du nord de la France, qui a su manier inventivité et créativité pour tendre vers le zéro accident. La Cram a même participé au financement de ses protections rapprochées, tant elle les a jugées adaptées à l’exploitation. Pour que la fatalité n’existe plus, et que l’exploitant ne prenne pas trop tard les bonnes résolutions, il lui appartient de s’attaquer à la cause des problèmes (décentrage de bande, salissures, convoyeur qui patine...) au lieu d’en gommer les effets par des opérations improvisées et dangereuses. Les installations les plus récentes (notamment celles des groupes) évitent tout simplement le problème : le convoyeur est réglé une fois pour toute lors de sa mise en route et toute approche est interdite lors de son fonctionnement. C’est radical, mais à la réflexion, le coût d’une indemnisation et bien supérieur à celui de la modernisation d’une installation.
PS : Jetez vite un coup d'œil aux pages 30 et 31 de ce numéro pour découvrir les thèmes abordés aux ateliers du congrès Sim de Limoges. Et retenez d'ores et déjà la date du 14 octobre pour vos visites techniques !
Mines & Carrières, n°147, avril 2008
Rendre coûts pour coups
Chaque année, les Cram recensent les accidents graves, voire mortels, occasionnés par des convoyeurs. Le dossier de ce numéro se penche sur la question, car on peut se demander comment il est encore possible que de telles calamités se produisent, malgré l’arsenal de règles et de consignes mis au point par la profession, avec l’aval des préventeurs et de l’administration. Certes, il est facile de pointer la négligence de la victime, mais c’est parfois un peu hâtif. La réflexion mérite d’être approfondie, car il semble que des accidents récents aient montré que l’inaccessible peut devenir accessible... Il semble que l’infraction au règlement soit une des causes, sinon la cause de l’accident, avec des protections inexistantes, ou pire, des protections neutralisées. Sur ce point, il est difficile de lutter contre ce qui relève de l’inconscience. Pour le reste, il est intéressant de s’attarder sur des expériences positives, comme celle de cet exploitant d’une carrière du nord de la France, qui a su manier inventivité et créativité pour tendre vers le zéro accident. La Cram a même participé au financement de ses protections rapprochées, tant elle les a jugées adaptées à l’exploitation. Pour que la fatalité n’existe plus, et que l’exploitant ne prenne pas trop tard les bonnes résolutions, il lui appartient de s’attaquer à la cause des problèmes (décentrage de bande, salissures, convoyeur qui patine...) au lieu d’en gommer les effets par des opérations improvisées et dangereuses. Les installations les plus récentes (notamment celles des groupes) évitent tout simplement le problème : le convoyeur est réglé une fois pour toute lors de sa mise en route et toute approche est interdite lors de son fonctionnement. C’est radical, mais à la réflexion, le coût d’une indemnisation et bien supérieur à celui de la modernisation d’une installation.
PS : Jetez vite un coup d'œil aux pages 30 et 31 de ce numéro pour découvrir les thèmes abordés aux ateliers du congrès Sim de Limoges. Et retenez d'ores et déjà la date du 14 octobre pour vos visites techniques !
Mines & Carrières, n°146, mars 2008
Prix de la (re)connaissance
La Sim renouvelle cette année son opération de promotion du Prix jeunes. Pour ceux qui ne le savent pas encore, il s’agit de récompenser un travail organisé dans le cadre d’un stage ou d’un projet d’entreprise, dont le résultat est de mieux faire connaître l’industrie minérale. La récompense consiste en une invitation au congrès de Limoges, un chèque de 2 000 € à partager entre les deux lauréats et un abonnement de deux ans aux publications de la Sim. Comparées aux sommes qu’Eurovia met en jeu pour primer le meilleur projet de fin d’études, celles de la Sim font pâle figure. Il n’y a bien sûr pas de comparaison à établir entre les deux organisateurs, dont l’un, entreprise internationale de plus de 38 000 salariés, réalise un chiffre d’affaires dépassant les 7 milliards d’euros, et l’autre est une association technique aux résultats financiers plutôt symboliques. Il n’empêche que c’est le partage des connaissances qui lie les deux prix et les deux structures. Certes, chez Eurovia, les lauréats seront mieux rétribués, mais qu’importe la somme : au-delà de cette considération matérielle, la reconnaissance du travail est une belle chose, surtout aujourd’hui, où ces jeunes – nos jeunes – évoluent dans une société qui révèle une estime de soi bien fragile, souvent le fait de personnalités narcissiques, ignorantes d’une véritable altérité, accordant peu d’intérêt au lien social et à la recherche d’un bien commun. Or, qui n’aspire pas à être reconnu ? Selon les sociologues, il s’agit d’un véritable phénomène social. Nous avons besoin du regard des autres pour avoir une image positive de nous mêmes. En groupe ou individuellement, nous sommes en quête d’une reconnaissance de notre singularité. C’est d’autant plus vrai dans le monde professionnel où nous avons besoin d’être reconnus comme utiles à la collectivité, voire plus, de laisser une trace. Et lorsque c’est pour une bonne cause, celle de la connaissance, autant le faire savoir.
Pour être court, celles et ceux qui veulent concourir au Prix jeunes de la Sim doivent faire parvenir une note de 2 pages résumant leur travail, d’ici au 13 juin 2008, en prenant le soin de préciser leurs coordonnées, et celles de leur tuteur. Alors, à vos stylos !
Mines & Carrières, n°145, février 2008
Tout est dans la mesure
Le Seimat1 a annoncé pour l’année 2007 un chiffre d’affaires de 4 Mds d’euros, un résultat qui englobe à la fois la vente de matériels, celle des pièces de rechange ainsi que la facturation des services par ses membres. Par rapport à 2006, la hausse a été de
19 %, ce qui correspond à la quatrième année consécutive de croissance à deux chiffres. Le syndicat parle d’une très bonne année, dépassant de loin les volumes historiques des années 2000 et 2001. Pour 2007, le volume des ventes a été le même que celui des prix, ce qui laisse à penser que les prix n’ont pas trop augmenté et que les constructeurs n’ont pas fait grossir leurs marges en répercutant les hausses du coût des matières premières.
Ce signe de bonne santé se remarque aussi sur les ventes de gros matériels et, sur ce point, ce sont les tombereaux articulés qui ont marqué la tendance. Avec 44 % de plus qu’en 2006, les importateurs ont remarqué que l’activité a été soutenue sur les chantiers de grands travaux. Autre point à signaler : les ventes de tombereaux rigides ont peu augmenté (5 %). Certes, les tâches de ces deux matériels ne sont pas les mêmes dans une exploitation et il semble que les ventes de tombereaux rigides obéissent plus à un renouvellement qu’à un premier achat.
Le mois dernier, Mines & Carrières consacrait son dossier aux nouveautés en concassage primaire. L’aspect économique n’a pas été pris en considération, mais il est intéressant de noter les tendances perçues par les constructeurs. Les ventes de matériels de traitement se portent bien (les chiffres sont difficiles à connaître par constructeur, qui préfèrent parler de volumes). Mais les plans de charge de leurs usines ont du mal à cadrer avec la demande du marché et il faut attendre plusieurs mois pour recevoir son concasseur ou son broyeur. En matière de renouvellement, des exploitants préfèrent changer leurs concasseurs après 5 années de service (la tendance ne concerne pas les cribles), une période à l’issue de laquelle interviennent les premières révisions (travaux sur les bagues en bronze, notamment). Le matériel rentabilisé, l’exploitant n’a qu’une idée en tête : ne pas arrêter la production en attendant que sa machine soit remise en service. Alors pourquoi ne pas faire l’acquisition d’un nouveau concasseur ? Cette tendance était vraie il y a une quinzaine d’années, et il semble que le secteur revive cette même confiance dans le marché, après être passé par une phase de réparation : on vend des matériaux, alors on ne s’arrête pas. Il faut donc s’équiper en conséquence. D’ailleurs cela se voit au niveau des stocks dans les exploitations : il n’y en a pas beaucoup. Alors, finie l’époque où l’on prenait le temps de démonter une machine pour la réparer ? Le problème est plus complexe que cela, et il ne faut pas prendre une machine isolément. Ce mois-ci, le dossier s’intéresse à la mesure en carrière. L’empirisme a vécu et il a cédé la place à la mesure, à tous les stades de la production. “Mesurer les choses, c’est savoir les comprendre”. Alors, on améliore la performance d’une exploitation en planifiant l’extraction, en optimisant l’installation de traitement, en contrôlant les émissions de bruit, etc. Le recours à la mesure est devenu indispensable et c’est l’installation complète qui est prise en compte. Là aussi, on pourrait parler de gain, car il y en a, mais sur ce sujet, le silence est (toujours) d’or.
(1) Syndicat des entreprises internationales de matériels de TP, mines et carrières, bâtiment et levage
Mines & Carrières, n°144, janvier 2008
Les pieds dans le plat
Information, communication ou pire encore, silence radio ? Sachant que toute vérité n’est pas bonne à dire, les professionnels de l’industrie minérale sont touchés, comme les autres, par ce dilemme. L’illustration en est donnée ce mois-ci par le dossier qui a pour thème : Quoi de neuf en concassage primaire ? Il est vrai que les matériels utilisés aujourd’hui ont été mis au point il y a des décennies, et que l’on assiste à une modernisation des procédés plutôt qu’à un bouleversement des techniques. Il y a plus d’asservissements hydrauliques, et moins de pénibilité pour les opérateurs qui interviennent durant les opérations de maintenance ; les machines ont davantage de capacité ; elles sont capables d’un plus gros débit, etc. Pour illustrer un tel sujet, il faut être “parlant”, avoir du vécu, et pour cela rien de mieux qu’aller en carrière pour recueillir l’avis des exploitants sur leur nouveau concasseur. “Pourquoi avoir changé ?”, “Qu’est-ce qu’il apporte de plus par rapport à l’ancien appareil ?” “D’ailleurs, où est-il parti, celui-là ?” De l’autre côté de la Méditerranée, ou à la ferraille ? Le hic, c’est que l’on se sent obligé de parler de ce qui va bien, comme si tout devait être rectiligne, histoire de ne pas déplaire et de faire plaisir à l’exploitant et au constructeur. Or, personne n’est dupe : quand on installe de tels matériels, il y a forcément des choses qui n’ont pas fonctionné, des projets qui ont avorté et qui donnent au final un compromis qui n’arrange personne. Alors, évidemment, on est bien embarrassé pour décrire ce qu’on a vu, parce que le résultat n’est pas toujours très probant. D’accord, ça fonctionne, mais on a entendu dire qu’avec un autre choix, le résultat aurait été meilleur.
Et pour les constructeurs, itou : on ne parle que de ce qui fonctionne. C’est dommage, car d’un échec ressortent souvent de bons enseignements, profitables aux autres, et qui éviteraient de faire un choix mal adapté. Vouloir être transparent, c’est bien, et peu le sont. Il y a aussi ceux qui cachent leur savoir-faire et se complaisent dans un mutisme parfait. Vivons heureux, vivons cachés, car mettre en avant ses produits (mêmes s’ils sont connus) donne des armes à la concurrence. C’est dommage, car le but d’un tel dossier n’est pas de soulever les erreurs de chacun, mais de progresser par le partage des connaissances : informer les autres, c’est s’informer soi-même, et c’est aussi mieux piloter son propre projet avec une visibilité accrue. Voilà, c’est dit, et ça va mieux.
Mines & Carrières, n°143, décembre 2007
Des modes de transport à imposer ?
Les initiatives pour pallier le manque de matériaux sont les bienvenues. L’actualité récente s’est focalisée sur le port autonome de Bordeaux, qui accueillera d’ici au printemps prochain l’entreprise Steima pour importer et stocker 300 000 à 400 000 tonnes de granite en provenance de Norvège. Là bas, sur la côte occidentale, la société possède six carrières entre Bergen et Stavanger, les plus importantes d’Europe avec presque 8 millions de tonnes de matériaux à l’année.
Comme à Anvers pour le projet Astone développé par Eurovia et son partenaire Van Wellen, les matériaux proviennent du nord de l’Europe. Ce qui distingue le projet bordelais de celui d’Anvers, c’est que Steima est à la fois exploitant de carrières et transporteur, une double casquette qui a l’avantage de ne pas grever le coût de transport : les coûts indirects maritimes sont les plus bas par rapport à ceux des transports routiers et fluviaux, selon une étude publiée en 2005 par le cabinet parisien ACT. Steima possède d’ailleurs sa propre flotte de navires autodéchargeurs et de barges pour approvisionner 40 terminaux européen.
En Gironde, l’arrivée de Steima n’est pas vue d’un mauvais œil, même si le projet concurrence faiblement la production locale. Evaluée à 7 millions de tonnes, cette dernière ne parvient pas à assumer la consommation qui, elle, s’élève à 9 millions, l’écart étant comblé par l’importation de matériaux de Charente-Maritime et de Dordogne, par camion (95 %). Voilà le hic : les camions. Le trafic routier élevé est mis en exergue par les politiques à qui il est reproché un manque d’action pour y remédier. Autre souci : les sites de réception de trains entiers sont peu nombreux, et ne facilitent pas le transbordement fer-route. Une solution envisagée serait d’imposer des critères “d’écoconditionnalité” dans le cahier des charges des appels d’offres, comme cela a été lancé pour demander aux entreprises le “coût rendu chantier” et non plus le “prix rendu”. Une évolution qui devrait se faire sous la pression des collectivités. Mais il semble irréel d’imposer des modes de transport : est-ce raisonnable de croire à une évolution dans ce sens ?
Que ce souhait se réalise en ce début d’année que nous vous souhaitons fructueuse, constructive et porteuse d’espérance.
Mines & Carrières, n°142, novembre 2007
La marche à pied
À force de marcher le long des trottoirs parisiens, bondés comme un 14 Juillet, lors des grèves du mois de novembre, on avait de quoi devenir pensif. La capitale était bloquée aux heures de pointe par de longues files de voitures, toutes stoppées les unes derrière les autres, moteur en marche et vitres fermées, dans une atmosphère saturée de gaz d’échappement. On comptait aussi tout ce qui pouvait rouler : scooters, motos, vélos –dont les fameux Vélib– qui essayaient de se frayer un chemin entre les voitures en ne respectant pas vraiment la signalisation, empruntant les sens interdits, brûlant les stops et les feux rouges ou roulant sur les trottoirs comme sur une troisième voie qui leur aurait été réservée parmi les piétons, les rollers, les poussettes, les personnes âgées, les râleurs et les indifférents. Durant ces quelques jours, Paris avait des allures de mégalopole d’Extrême-Orient. Il ne manquait plus que le pousse-pousse et le triporteur pour compléter le tableau... Ce n’était pas de la précipitation de l’on ressentait, mais de l’énervement. Alors que la semaine précédente venait de s’achever sur le Grenelle de l’environnement, un marathon de deux jours pour opérer une “révolution écologique” dans l’économie française, on était bien loin d’adopter une attitude vertueuse dans cette cacophonie. Il est vrai que, dans la confusion créée par cette grève des transports publics, chacun essayait de gagner son lieu de travail ou son logis du mieux qu’il pouvait, sans ce soucier de consommer plus de gasoil que de raison. Une fois le calme revenu, on peut se demander comment imaginer une société aussi respectueuse des besoins fondamentaux de l’homme qu’efficace vis-à-vis des défis écologiques. Gandhi avait prédit “qu’il y a suffisamment de ressources pour satisfaire les besoins de chacun, mais il n’y en aura jamais assez pour satisfaire les désirs de possession de chacun”. Un rapport de l’Onu avait évalué en 2003 qu’il suffisait d’ajouter 40 milliards d’euros aux financements internationaux de l’aide publique au développement pour satisfaire les besoins fondamentaux de l’humanité. Et, dans ce même rapport, on pouvait aussi lire que les dépenses mondiales de publicité s’élevaient à 400 millions de dollars. Elles sont dorénavant de 700 milliards.
Le rapprochement de ces chiffres peut paraître perfide, mais il montre que nos désirs fondamentaux sont du côté de l’être et que la publicité est du côté de l’avoir, associant le bonheur à la beauté et au paraître, et qu’en réalité, la non-satisfaction de ces besoins entraîne une sorte de mal-être. Quel rapport avec les grèves et la marche à pied ? Aucun (on espère la fin de l’année avec un peu de repos), sinon que nous devons savoir ce que nous souhaitons faire de nos désirs, pour échapper aux logiques destructrices que les nouvelles formes d’opposition imposent à notre communauté humaine. “Ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c’est d’être heureux”, disait le philosophe Alain. Et de transmettre ce goût, tout simple, à nos enfants. Avec un art du mieux-vivre en commun, et la capacité de surmonter nos propres peurs. Sans se priver de la marche à pied...
Mines & Carrières, n°141, octobre 2007
A défaut d’entretien...
L’actualité réserve des surprises bien étonnantes. Ceux qui, au congrès, ont visité la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, ont appris que, dans son principe de fonctionnement, une centrale a besoin d’une source d’eau pour alimenter ses circuits de refroidissement, une source proche, comme une rivière ou un fleuve. Il s’avère qu’une autre centrale voisine, celle de Chinon (Indre-et-Loire), est équipée d’une station de pompage qui participe directement au refroidissement de ses réacteurs, en alimentant les circuits de sauvegarde avec l’eau froide de la Loire. Au cours d’une inspection, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a relevé qu’un “événement a pris un relief tout particulier”1, selon son rapport du premier trimestre 2007 sur les incidents significatifs survenus fin 2006. Il s’agit de l’ensablement de la prise d’eau en Loire qui a été déclaré comme “événement significatif de sûreté”, et “classé 1 au niveau de l’échelle internationale Ines”2. À travers ce jargon de spécialiste, on comprend qu’il y a eu un problème au niveau des stations de pompage. L’ASN admet toutefois que ces dernières “sont globalement bien exploitées et entretenues, même si des écarts mineurs ont été relevés par les inspecteurs”. Bien content de le savoir. Mais il est quand même étonnant que des grains de sables aient pu affoler les gestionnaires d’une telle installation. Car on le sait bien, le prélèvement de sable en rivière est interdit depuis 1995 dans le lit mineur de la Loire, sauf pour des opérations ponctuelles d’entretien ou de prises d’eau. Quand elles sont faites... Il n’est donc pas étonnant de voir le sable s’accumuler.
De tout temps, on a prélevé du sable dans le lit de la Loire, avec des extractions massives comme celles qui ont été conduites par des professionnels de la construction, plus soucieux de se servir au plus près des agglomérations (afin d’éviter de grever leurs coûts de transport), que de veiller à la préservation du milieu naturel. Ce qui explique l’interdiction qui a fait l’objet d’un protocole d’accord signé en 1981 entre des représentants de la profession et les ministères de l’Environnement et de l’Industrie, prévoyant une extinction progressive des prélèvements de matériaux échelonnés jusqu’aux années 1990-1995, pour laisser le temps aux exploitants de se trouver un autre site. Ou une autre occupation.
Etait-il nécessaire de prendre une mesure aussi radicale ? Défaut d’entretien ou pas de la station de pompage de la centrale nucléaire de Chinon, le sable se dépose à nouveau dans certaines courbes, ce qui favorise la végétation, comme on a pu le voir sur la Loire, près d’Orléans. Que se passera-t-il donc lors d’une crue centennale ? Quel bouc émissaire accusera-t-on alors ? Le sable ne se dépose pas forcément au pied de levées fragilisées par l’abaissement du niveau du fleuve, et encore moins au pied des piles de pont. Pourquoi ne pas autoriser l’extraction à certaines périodes de l’année, en des endroits bien définis, afin de nettoyer le lit du fleuve ? Histoire de ne pas être à l’origine de crues, voire pire encore.
(1) Info disponible sur asn.fr
(2) L’échelle Ines est une échelle internationale qui permet de classer les événements de sûreté. Elle est graduée de 1 à 7. Le niveau 1 correspond à une anomalie.
Mines & Carrières, n°140, septembre 2007
Sans un bruit
Cette année, le congrès 2007 aura une saveur toute particulière pour Charbonnages de France, puisqu’il s’agit du dernier salon de la Sim auquel l’établissement public participera. Des représentants de la direction générale témoigneront des liens étroits et privilégiés qui ont été tissés entre la Société de l’industrie minérale et cette grande entreprise publique créée en 1946, dans l’euphorie de l’après-guerre. La Sim lui doit beaucoup, car un nombre important d’ingénieurs de Charbonnages de France – pour ne pas dire une écrasante majorité – ont été membres de l’association. Ceux, justement, qui ont écrit pour la Revue de l’industrie minérale, ont aidé à construire la réputation de l’association et lui ont apporté du crédit.
Charbonnages de France attend donc un décret de dissolution d’ici à la fin de l’année, qui fermera définitivement les portes de l’établissement, laissant la place à un liquidateur chargé de clore des dossiers qui ne l’auront pas été avant le 31 décembre prochain. Liquidateur : le mot est froid, long à prononcer. Il fait peur, même si l’on devine la situation de l’entreprise publique : les dettes laissées à la nation, un régime social à part et des prestations attachées au statut du mineur à assumer, mais aussi une mission qui a changé depuis 1994, année où le Pacte charbonnier a conduit le repli de son activité comme un véritable projet industriel. Ce pacte était fondé sur la mobilisation du personnel autour d’objectifs de fermetures programmées, de sécurité, de maîtrise des coûts et de réhabilitation économique et environnementale des régions minières.
L’entretien que le président de Charbonnages de France a réservé à Mines & Carrières, dans ce numéro, montre bien cette volonté de tourner la page, à la manière dont on ferme un livre une fois la lecture achevée. Proprement et sans faire de vagues. L’entreprise est déjà entrée dans l’Histoire, avec deux dates : 1946 - 2007. Cette évocation laisse un sentiment étrange en pensant à ce qu’a été l’épopée industrielle du charbon, en France, et la simplicité avec laquelle s’éteint l’entreprise. Sans un bruit, et sans appel, ou presque.
Mines & Carrières, n°139, juillet/août 2007
Soleil mouillé
Ce numéro double de juillet et août n’a pas mûri au soleil. C’est plutôt étrange, car cet hiver, les périodes d’intempérie n’ont pas été nombreuses, alors que les précipitations de ces dernières semaines ont récemment obligé des exploitants de matériaux alluvionnaires à cesser leur activité pendant plusieurs jours. On aimerait jouer les apprentis sorciers avec la météo pour corriger cette inversion de saison. Même les organisateurs de Hillhead se sont habitués au soleil après deux manifestations, particulièrement réussies. La dernière, qui a eu lieu à la fin juin, a enregistré un taux de fréquentation élevé avec 18 500 visiteurs. Mais la météo n’était pas de la partie, bien au contraire ! Au fin fond des Midlands, au sud-est de Manchester, l’exposition s’est déroulée juste après une série d’inondations qui ont perturbé la région. Autant dire qu’il y avait plus de monde dans les grands halls couverts qu’à l’extérieur, où les machines évoluaient dans des zones de démonstration complètement détrempées.
A croire qu’il fallait sortir plus tôt, comme l’a proposé le district Sud-Ouest de la Sim au mois de juin, en organisant une journée technique sur les granulats marins, en Charente-Maritime. Baignée par le soleil, cette sortie très intéressante a permis de découvrir les enjeux que la filière peut offrir pour anticiper l’éloignement des gisements par rapport aux bassins de consommation, et pallier le risque local d’une pénurie de matériaux. Si l’exploitation à terre devient difficile, celle qui a lieu en mer n’est pas facilitée pour autant : l’armateur fait l’objet d’un suivi constant. En particulier, il doit pouvoir justifier de la possession de son navire afin de prouver qu’il n’a pas extrait de matériaux en dehors de la zone couverte par la concession. Ce point est capital, car la profession a contre elle les pêcheurs et les lobbies écologistes, très sourcilleux quant aux conséquences de cette activité sur la flore, la faune et l’érosion des côtes. L’intervention d’un spécialiste a permis d’apprendre qu’un décret paru il y a un an autorise les armateurs à fondre leurs trois demandes d’autorisation en une seule. De quoi aider au réveil de la profession en France, bien en retard par rapport aux Anglais, Japonais et Hollandais. Et pourtant, le potentiel français en granulats marins n’est pratiquement pas exploité. On parle même d’exploitation anecdotique. Comme le soleil en juillet.
Bonnes vacances et à la rentrée, au congrès.
Mines & Carrières, n°138, juin 2007
Dans ce numéro de juin, Mines & Carrières revoit ses fondamentaux, avec une visite chez trois exploitants de l’Ouest de la France qui ont mis récemment en service un concasseur à mâchoires C160, de Metso Minerals. Si certains pensaient avoir tout vu, tout compris, un peu blasés par la technique, qu’ils aillent faire un tour à Chalonnes-sur-Loire chez Courant SA (49), ou bien à la Clarté chez Charier (44), ou encore à Luché-Thouarsais (79), chez Eurovia. Ils ne seront pas déçus du voyage. Comme devant toute grosse machine, on reste étonné par les tonnages de tout-venant que ce "montre d’acier" engloutit. Il est vrai que les mécanismes imaginés en vue d’imprimer à la mâchoire mobile des mouvements plus ou moins compliqués ont été petit à petit abandonnés au profit de systèmes élémentaires qui restent en présence d’une commande directe par excentrique. Ce concasseur simple effet C160 fait partie de ces machines conçues par la méthode des éléments finis ; le résultat donne un outil impressionnant plus facile à régler que les appareils que l’on a connus jusqu’à aujourd’hui : l’opérateur est aidé par un mécanisme évolué destiné à lui faciliter les réglages des mâchoires, le changement de pièces d’usure, etc.
Toujours parmi les fondamentaux, le dossier présente quelques pelles de production, avec des témoignages d’exploitants sur l’usage qu’ils font de cet outil de production en carrière de roche massive : extraction par rippage, travail à la boule… Le dossier présente aussi des pelles que l’on verra peut-être un jour dans des exploitations françaises, si du moins le réseau qui les distribue s’étoffe un peu et que le service après-vente ne soit pus un argument commercial, mais une réalité. On en apprend tous les jours...
Mines & Carrières, n°137, mai 2007
A tombereau ouvert
Ce mois-ci, Mines & Carrières s’intéresse aux tombereaux rigides. Avec une bonne cinquantaine de machines importées – et donc commercialisées – en France l’année dernière, le secteur ne semble pas réagir au redémarrage des chantiers de grands travaux, comme a pu le faire celui des tombereaux articulés, dont les ventes ont grimpé de plus de 28 % entre 2005 et 2006. Il est vrai que les grands chantiers ont davantage besoin de tombereaux articulés.
Il y a donc une bonne part de renouvellement dans les achats de tombereaux rigides, comme le montre le dossier, car l’exploitant habitué au matériel d’un constructeur ne change pas pour autant fournisseur. Il voue une grande confiance au concessionnaire lorsqu’il lui laisse son matériel et attend en retour un camion fiable et un service après-vente réactif. Ceux qui ont l’habitude de soulever le capot de leur machine avouent qu’avec les dernières générations de machines, ils se hasardent moins à rentrer le tombereau dans l’atelier pour le décortiquer. Dans l'esprit de beaucoup, le tombereau est l’assemblage assez simple d’un moteur, d’une boîte et d’un pont. Mais l’électronique a modernisé les engins, et l’informatique les a compliqués sauf les plus légers qui restent, quoique bien conçus, assez sommaires. Il faut espérer que l’électronique protègera mieux la mécanique qu’elle n’a pu le faire jusqu’à présent, comme le rappelle un responsable matériel, et avertira d’une future panne. On peut rêver. Reste le problème des pneumatiques. Car il y a de quoi s’étonner du constat que font les exploitants (manque de pneus) et du discours des manufacturiers (il va y en avoir plus). Soyons patients.
En dehors du marché français, les constructeurs ont de quoi se frotter les mains. Ils surfent sur la vague de demandes des pays émergents, et sur la reprise en Europe, malgré le coup de frein ressenti aux Etats-Unis, où le marché montre de plus en plus de signes de faiblesse. Des constructeurs l’ont affirmé à la Bauma, comme Caterpillar pour qui le marché “se développe moins bien que prévu”. Idem pour CNH et JCB. C’est plutôt vers le marché minier que se tournent les constructeurs qui ont des engins à proposer dans cette activité. Et là, les groupes miniers qui ne cessent de croître multiplient les dépenses, y compris en matériels.
Mines & Carrières, n°136, avril 2007
Durablement ouvert
Les carriers se mettent au vert, et le font savoir. En période électorale, l’information vaudrait le coup d’être reprise par les candidats à l’élection présidentielle. Mais il semble que d’autres sujets attirent davantage leur attention. Qu’importe, puisque c’est surtout par ses paires que l’on aime être apprécié. C’est du moins le sens que l’on peut attribuer au Concours du développement durable qui a réunis dernièrement la profession en choisissant sept dossiers parmi les vingt-huit reçus à l’UNPG. Les lauréats ont été récompensés pour leurs efforts en matière environnementale, économique et sociale. Parmi ceux qui ont été primés, trois participeront au concours européen organisé sur le même thème, par l’UEPG. On peut se poser la question de l’intérêt d’un second titre à gagner, si déjà un premier a honoré une attitude vertueuse. Il faut voir dans cette démarche, purement informative, une volonté de partager les enseignements. Un tel projet ne peut que s’inscrire dans la durée et dépasser les frontières. Car les exploitants ont rarement l’occasion de montrer leur exploitation à des confrères de l’autre bout de la France, alors pourquoi ne pas saisir cette occasion d’aller au-delà de l’Hexagone ? Ce qui, d’un autre côté, est très enrichissant pour ceux qui concourront à Bruxelles, car ils auront un aperçu de ce qui se fait ailleurs. Surtout chez des indépendants. A force de transformer notre environnement, il est légitime de savoir comment d’autres ont assumé leur responsabilité sociale “d’aménageur”. Et peut-être avec des moyens différents.
Un détail mérite toutefois d’être éclairci : il ne s’agit pas d’un concours réservé aux grands groupes, ou aux exploitants pesant plus d’un million de tonnes de matériaux à l’année. Tout le monde peut avoir une attitude exemplaire, sans avoir à rougir de ce qu’il a réalisé. Et c’est toute la simplicité de cette démarche qu’il faut saluer : accepter chaque exploitant avec un projet qui s’inscrit dans le sens du développement durable. Pour simplifier les formalités, l’UNPG a donc conçu pour ceux qui ne possèdent pas un service environnement, un canevas, une sorte de trame de travail, pour que les critères de sélection puissent se baser sur les mêmes éléments d’information. La démarche ne se veut pas donneuse de leçon. Elle montre comment après avoir exploité, il est possible d’enrichir (la biodiversité, notamment). Un projet que l’on souhaite durable.
Mines & Carrières, n°135, mars 2007
Made in Germany
Sans surprise, le prochain salon de la Bauma sera encore plus grand que le précédent, qui a eu lieu en 2004, avec plus d’exposants, plus de surface d’exposition et plus de matériels. Les organisateurs s’attendent aussi à accueillir plus de visiteurs qu’ils en ont eu jusqu’à présent. Cette vitrine du savoir-faire allemand est un bon signe pour l’économie du pays. Ses matériels se vendent bien et le pays peut se venter d’être le premier exportateur mondial avec un excédent du commerce extérieur qui a dépassé les 180 milliards d’euros l’année dernière. Selon la VDMA, la fédération de la construction mécanique allemande, le secteur a enregistré un niveau de production record de 158,4 milliards d’euros en 2006, correspondant à une hausse de 7,4 % par rapport à 2005. Et pour 2007, les économistes prévoient une hausse de 4 %. Depuis les années 1960, la profession aura bénéficié d’une croissance incroyable de 23 % en 4 ans. Du jamais vu ! L’Inde et la Chine demandent ces matériels made in Germany, et le pays a enregistré, pour la même année, 123 milliards d’exportations. Côté intérieur, la demande devient de plus en plus forte aussi, avec un marché de la construction qui s’est refait une santé : les commandes sont d’ailleurs en hausse de 19 %, selon la fédération. Et du coup, les entreprises se mettent à investir (+ 16 %) et à embaucher. Ce sont surtout les grosses PME qui ont recruté (20 000 emplois en 2006). Elles constituent ce tissu d’entreprises qui soutient la première économie de la zone euro.
On a de quoi être sceptique quand on entend, en France, que l’on pourrait faire mieux à l’export avec un euro plus fort et un dollars plus faible. Oui, pourquoi pas ? Mais cette différence entre les deux économies tient surtout au fait que la vigueur allemande s’inscrit dans la durée. Les modes n’ont pas changé les priorités, parmi lesquelles figure en bonne place l’industrie. On a l’impression que nos voisins ont su privilégier ce qu’il savaient bien faire et s’appuyer sur leurs points forts. Les industries classiques ont suffisamment investi en recherche et développement pour être en mesure de faire croître des secteurs que l’on croyait moribonds chez nous. La différence tient aussi à la qualité, un facteur clé de réussite outre-Rhin. Dans ce domaine, les problématiques sont déclinées dans des instituts où l’on traque le défaut, et cette politique a un prix que l’on est prêt à payer pour avoir de la qualité. Mais là où les deux pays se rejoignent, c’est sur l’emploi. Peu de jeunes se dirigent vers l’industrie, et les gouvernants n’ont pas l’air d’avoir pris la mesure de l’effort à donner en matière d’éducation pour faire avancer nos deux pays dans l’ère post-industrielle. Or, c’est maintenant qu’il faut inventer l’industrie de demain. Au risque d’aller admirer plus tard, sur des salons lointains, ce que d’autres auront sur faire mieux que nous.
Mines & Carrières, n°134, février 2007
La bonne aventure
2006 a été une bonne année pour les ventes de matériels de BTP importés sur le territoire national, et 2007 devrait connaître la même prospérité. C’est la tendance qu’a notée le syndicat français des importateurs de matériels, le Seimat, lors de son bilan annuel. En effet, ce marché a progressé de 11,5 % en ventes unitaires sur l’année écoulée. La palme revient aux pelles, toutes catégories confondues, avec plus de 15 000 unités vendues. Un pronostic de croissance de 5 % a été lancé par le syndicat pour 2007 concernant l’ensemble du marché, mais on peut imaginer qu’il sera plus élevé. Seul bémol à cette perspective réjouissante : les capacités de production et de livraison des entreprises n’ont pas augmenté pour autant. C’est là que le bât blesse. Et les importateurs n’oublient pas non plus les retards causés par la pénurie de pneumatiques. Ils expliquent ce phénomène par le fait qu’il n’y a pas d’investissement, hormis bien sûr dans les secteurs en développement comme l’Inde ou la Chine.
Nos entreprises disposeront-elles à temps des matériels nécessaires pour honorer leurs commandes ? Probablement pas toutes, car les stocks ne sont pas suffisants. Les importateurs expliquent qu’ils allouent des matériels par marché, privilégiant ceux dont la croissance est la plus forte. Certes, l’époque est exceptionnelle, à telle enseigne que les Etats-Unis consomment leur propre production et qu’il n’est pas question de compter sur leurs capacités industrielles. La réaction des entreprises est donc d’anticiper en lançant des commandes pour disposer d’un parc de machines suffisant. C’est ce qui a été observé en France. Mais alors, vers qui se tourner pour être livré sans retard ? Vers la Chine ? L’Inde ? Toujours les mêmes. C’est peut-être ce qu’il se passera si la demande en matériels suit la hausse d’activité des marchés de la construction. Et sur ce point, la production de scénarios définissant des situations possibles est porteuse jusqu’à 2009, comme l’a étudié l’Observatoire du BTP1. Au-delà, il faut affiner par marché, mais on ne parle par de chute brutale, plutôt d’un ralentissement jusqu’en 2015.
Si l’on regarde vers la Chine, il est vrai que les constructeurs ont concentré une grande partie de leurs efforts vers ce pays. Selon des responsables économiques chinois, leur pays est en train d’entamer le deuxième tiers de ses “Trente Glorieuses”. Et les prédictions qui ont accompagné l’entrée dans l’année du “cochon doré” nous font sourire, mais pas eux. Superstitieux, ils font confiance à leur horoscope prédisant une année à venir de prospérité, de chance et de renaissance. Pour eux seulement. Prenant l’affaire au sérieux, des analystes ont prévu à leur tour une hausse rapide des différentes Bourses chinoises. Et du coup, les boursicoteurs ont parié sur une envolée des cours, portée par la seule aura du cochon doré. Si seulement notre coq national pouvait nous donner son courage et son agressivité. Pour les Chinois, il est le symbole de ceux qui se démènent mais n’obtiennent pour toute peine qu’une vie de simple satisfaction des besoins les plus élémentaires. Alors commençons par le début : faisons confiance à leur symbolique... et nous aurons nos machines !
(1) Une étude prospective de l’activité bâtiment à l’horizon 2015 a été réalisée par un groupe de travail de l’Observatoire du BTP auquel ont participé la DAEI, la FFB, la CAPEB, le SFIC, la DGUHC et l’ANAH.
Mines & Carrières, n°133, janvier 2007
C’est du chinois !
Le matériel mobile constitue le thème du dossier de ce mois. Incontournable en recyclage, cette famille d’appareils a réussi à prendre une place non négligeable en carrière depuis déjà une bonne quinzaine d’années. Il faut toutefois relativiser le phénomène, car tout dépend des matériaux à traiter, du débit de l’appareil envisagé et de ce que l’exploitant souhaite obtenir en sortie. La raison majeure qui incite à utiliser un train de concassage mobile est de pouvoir suivre l’avancée du front de taille. Rien ne pourra donc supplanter un bon plan d’exploitation. Il est vrai que ce dossier ne traite du sujet que sous l’angle “exploitation” sans se préoccuper de savoir à qui appartient le matériel, s’il est loué ou pas. A chacun son métier. Mais l’apparition de nouveaux matériels met le phénomène en évidence. Car nombre d’entre eux sont des engins légers, faciles à transporter et à déplacer. Et par conséquent moins onéreux que les matériels lourds, conçus parfois sur-mesure. Leurs utilisateurs constituent cette catégorie pléthorique de producteurs de graves. Il n’y a rien de péjoratif dans cette appellation sinon qu’elle n’est pas révélatrice d’un savoir-faire d’exploitant. D’ailleurs les constructeurs l’ont bien compris en dotant leurs appareils d’automates évolués informant l’opérateur du moindre incident : on connaît son travail, la manière dont il doit l’exécuter, alors on essaye de lui simplifier la tâche pour qu’il assure sa production quotidienne. L’entretien étant sa bête noire, l’automate lui rappelle à son bon souvenir les points de graissage à ne pas oublier... Bref, il y a bien un “savoir exploiter” qui ne s’apprend pas en achetant un appareil mobile. Du moins cela se saurait. L’exploitant est un technicien qui valorise au mieux son gisement. Les évolutions récentes des matériels les plus lourds ont intégré cette donne. “On fait avec ce qu’on a sous les pieds”, entend-t-on souvent. D’où la nécessité d’adapter toute une gamme d’outils aux contraintes de gisements les plus pollués soient-ils. Cette raison explique le choix de certains exploitants qui ont sauté le pas en faisant l’acquisition d’un matériel lourd, voire sur-mesure. Mais dans ce domaine les constructeurs se comptent sur les doigts d’une main. Récemment l’un d’entre eux a annoncé qu’il produira bientôt des appareils mobiles en Chine, à l’aide d’un partenaire local, pour le secteur chinois du recyclage. Il paraît que là-bas on est demandeur d’un véritable savoir-faire technique. Qu’en sera-t-il d’ici quelques années ? Ou peut-être d’ici quelques mois car les Chinois apprennent très vite... pour reproduire à l’identique. Reste le métier d’exploitant qui, paraît-il, n’est pas vraiment maîtrisé en Chine. Une chance.
Mines & Carrières, n°132, décembre 2006
Ce mois-ci Mines & Carrières présente un reportage très intéressant sur la plateforme AST d’Anvers. Créée il y a plus d’an an par Eurovia et son partenaire belge Van Wellen, elle est assimilable à une quasi-carrière implantée sur 10 hectares de la rive gauche du port d’Anvers. AST ou Antwerp Stone Terminal peut réceptionner jusqu’à 500 000 tonnes de matériaux. Ils sont acheminés par bateau en provenance de Bremanger en Norvège et de Glensanda en Ecosse. Le concept industriel est innovant et pour l’instant encore unique en Europe. Car les matériaux arrivent pré-concassés et ne subissent sur place qu’un traitement ternaire et quaternaire avant d’être acheminés par la route mais aussi par barge et par bateau vers des « lieux de consommation » situés en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. AST est positionnée au cœur d’une zone européenne où la construction est la plus dynamique et le marché des matériaux de construction de qualité le plus déficitaire. Le reportage présente l’arrivée de nuit du Yeoman Bridge, en provenance de Bremanger, fin novembre, avec 72 000 tonnes de matériaux. Le déchargement a duré 27 heures sans discontinuer, dans le froid et sous la pluie.
Ce numéro présente aussi la société belge Bodarwé qui exploite la carrière de la Warchenne dans les Ardennes, à Malmédy, à 60 km au sud de Liège. Une exploitation qui n’est pas inconnue des lecteurs puisque Mines & Carrières avait présenté dans son édition de mars 2006 le crible autrichien à haute énergie Bivitec. Créée en 1953, l’entreprise regroupe aujourd’hui 7 filiales allant de l’exploitation de carrière aux TP en passant par le BPE et la fabrication de moellons de construction. Autre visite en carrière : celle de Morillon Corvol à Cassaber aux confins du Béarn et de la Chalosse.
Côté matériel, un article présente la nouvelle pelle de production acquise par les Carrières de la Loire à Bellegarde-en-Forez (Loire) : une Hitachi EX1200. La visite a permis de faire le point sur le mode d’extraction de la carrière, passé (en butte) et présent (en rétro).
Le dossier reprend quant à lui les grandes lignes de la séance inaugurale du congrès de Toulouse dont le thème était « aéronautique, espace et industrie minérale ».
Mines & Carrières, n°131, novembre 2006
Le congrès de Toulouse est au cœur de ce numéro avec une vingtaine de pages qui lui sont consacrées. Difficile de ne pas s’attarder sur un tel événement qui est devenu au fil des années un "incontournable" de la profession. Ceux qui le fréquentent apprécient le caractère convivial de l’exposition où tout le monde se connaît plus ou moins. Et si tel n’est pas le cas, l’ambiance s’y prête assez bien. Cette année, la petite communauté a accueilli pas loin de 1 000 jeunes, du collégien à l’étudiant, venus assister à une présentation du secteur et de ses métiers. Un petit tour sur le stand du tailleur de pierre juste après, puis quelques pas dans les allées et ils sont vite repartis visiter les exploitations de la région, avant de regagner leurs salles de classe. Si le parcours a plu au plus grand nombre, il reste désormais à faire en sorte qu’ils viennent d’eux même vers la profession. Le choix des métiers est vaste, et pour les sensibiliser, il leur faudra l’aide de leurs professeurs. Espérons que ces derniers soient réactifs !
Dans les articles de ce numéro, Mines & Carrières a choisi de présenter un réaménagement de carrière peu commun : en truffière. Le projet est assez singulier et méritait une visite à la cimenterie Holcim d’Héming, en Moselle. Ce voyage a aussi permis de revoir la fameuse pelle de 250 tonnes (R9250) que Liebherr a mise en service l’an dernier sur le front de taille de la carrière. Un engin tout blanc et peu commun qui vaut le détour.
Toujours en carrière, ce numéro présente l’installation Nivet de Saint-Denis-d’Orques (72) qui exploite un gisement de gabbro. Un petit coup d’œil sur un groupe qui ne fait pas beaucoup parler de lui mais qui agit avec efficacité.
Courant septembre, des exploitations ont fait parler d’elles : 14 sites du Rhône Alpes ont ouvert leurs portes au voisinage. L’opération a été lancée par l’antenne régionale de l’Unicem et a permis du sortir du cadre "familial" qu’ont parfois ce type de manifestation. Il semble que l’initiative ait été appréciée tant par les exploitants que par les visiteurs.
Et pour ceux qui seraient intéressés par du matériel d’occasion, Mines & Carrières est allé faire un tour aux enchères Ritchie Bros., en Normandie. Un regard instructif sur l’organisation mise en place pour que le matériel ait droit à une seconde vie, voire plus.
Mines & Carrières, n°130, octobre 2006
Bâtisseurs d’avenir
Parmi les propositions des candidats à l’élection présidentielle de 2007, on n’entend pas beaucoup parler du dynamisme du marché français en matière de construction. Le sujet paraît peut-être un peu trivial, voire éloigné de leurs préoccupations, mais il n’empêche que c’est un secteur qui marche et qui entraîne avec lui d’autres activités dont celle de l’extraction de matériaux. Et à la lecture des prévisions parues ces derniers temps, on peut encore s’attendre à de beaux mois en perspectives. En effet, selon la Direction des affaires économiques et internationales (DAEI) du ministère de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer, 2006 semble être l’année de la reprise très significative de la construction neuve des bâtiments non résidentiels. Et outre quelques records atteints dans la construction de logements, la hausse de l’activité devrait se traduire par la création de plusieurs dizaines de milliers d’emplois.
Certes, le secteur de la construction ne souffre pas tant que les autres de la concurrence internationale, car la consommation de matériaux est essentiellement locale, voire régionale. Il bénéficie en plus de facteurs physiques favorables (démographie, migrations résidentielles...), et aussi de facteurs financiers avantageux (allongements de la durée des prêts, fiscalité avantageuse...). En fait, il n’y a que les zones frontalières à subir la concurrence d’un pays à l’autre, ce qui semble normal. Ce mois-ci, Mines & Carrières relate l’heureuse aventure d’un exploitant normand qui a réussi à vendre du sable aux Anglais, et cela par le plus grand des hasards : en recevant un coup de téléphone. Il s’est vu proposer un marché de plusieurs centaines de milliers d’euros pour produire 36 000 tonnes d’un sable lavé devant servir à conforter une falaise. Etonnant, non ! Les Anglais recherchaient un sable entrant dans un fuseau bien particulier, et adapté au milieu marin. Le traitement n’a pas changé pour autant et le site a dû augmenter sa production annuelle de 10 %.
Le sable est justement au cœur du dossier de ce mois avec un point non exhaustif sur les appareils de classification et de recomposition. Une chose est sûre : un sable doit être propre et dans le bon fuseau, et cela quelle que soit son origine. Ce qui paraît de plus en plus difficile à obtenir. Les matériels de traitement doivent donc être très performants pour pallier le manque d’homogénéité du tout-venant. Et cela afin de produire des sables de qualité permettant de construire les logements dont on a besoin. D’où l’intérêt pour les candidats à s’intéresser au sujet. Car pour construire un programme durable, il leur faut du solide. Histoire de ne pas bâtir l’avenir sur du sable.
Mines & Carrières, n°129, septembre 2006
Après la parenthèse de l’été, Mines & Carrières revient plein d’entrain avec une nouvelle formule. La maquette (faite maison par le service PAO de la Sim) est plus aérée : elle joue sur les couleurs pour distinguer les rubriques. Une place importante est laissée aux photos et aux illustrations, parce que bien souvent un dessin vaut encore mieux qu’un grand discours. Surtout lorsqu’il faut décrire le flux des matériaux d’une exploitation. Et puis la signature Mines & Carrières a aussi changé. L’intitulé se lit comme un logo. On le voit sur la couverture de la revue (plus "percutante"), sur les schémas ainsi qu’au pied de chaque page. Quant au fond, si la forme a pris des couleurs, lui n’a pas connu de vraie révolution. Les articles sont toujours techniques, et ils le resteront. La différence tient seulement au fait qu’ils seront plus courts et aborderont des thèmes plus larges que ceux traités habituellement. Ce numéro de septembre met ainsi l’accent sur la formation en présentant l’avancée des travaux au CFA de Bessières, le recrutement d’apprentis par Manoir Industries et les bonnes performances en termes de classement des étudiants de l’ENSG. Il faudra désormais s’habituer à lire des portraits d’entreprise dans Mines & Carrières. Pour mieux connaître un exploitant et sa manière de travailler. Cette fois-ci, il s’agit du groupe Garandeau, une entreprise familiale implantée en Charente et dont le rayonnement géographique couvre à la fois la région Poitou-Charentes et la Gironde.
Côté technique, les sujets restent classiques avec une présentation des phases de test du nouveau broyeur à cône HP4 de Metso Minerals dans deux exploitations. On peut aussi découvrir le nouveau module correcteur de courbe lancé par MS à Intermat. Et bien d’autres sujets encore dans cette revue "poids lourd" du congrès. Comme à l’accoutumée, une présentation de quelques exploitations de la région hôte compose le dossier. On y apprend que le district Sud-Ouest couvre approximativement le Bassin aquitain et ses bordures, dont les morphologies variées traduisent une organisation géologique complexe. Cette courte monographie met en avant la richesse du sous-sol lorsque l’océan Atlantique en formation envahissait le Bassin aquitain. Les résumés des ateliers du congrès figurent aussi au sommaire.
Mines & Carrières, n°128, juillet/août 2006
Au risque de décevoir ceux qui ne veulent plus entendre parler des mines (en France), ce numéro d’été fait la part belle… à l’après-mine. La création récente du Département de prévention et sécurité minière (DPSM) au sein du BRGM, donne justement l’occasion de faire le point sur l’activité de surveillance des anciens sites. Cette structure anticipe avant tout la dissolution de Charbonnages de France (CdF). Elle s’appuie sur les compétences de mineurs issus de CdF, des Mines de Potasse d’Alsace et du BRGM, aussi. Remettre en état et surveiller les installations soumises au Code de l’environnement, assurer la conduite des travaux de mise en sécurité des sites miniers, tenir les archives scientifiques, techniques et juridiques, etc., sont les missions qui lui ont été assignées par le ministre de l’Industrie. Pour résumer, cet organisme est chargé d’intervenir sur le plan opérationnel en prenant toutes les mesures de prévention nécessaires afin de garantir la sécurité des sites. Voilà. On ne reparlera plus des mines que dans ce sens, du moins en France.
Car si l’extraction fait désormais partie du passé, le charbon quant à lui n’est pas près d’être oublié. Bien au contraire. Parce que la substance plaît. Et son retour en grâce comme source d’énergie intervient au moment où le pétrole se fait plus rare et plus cher. La preuve : selon les prévisions de l’AIE (l’organisation intergouvernementale de coordination des politiques énergétiques), la consommation mondiale d’énergie devrait progresser de 70 % entre 2000 et 2030. Et les énergies fossiles telles que le pétrole, le gaz et le charbon devraient continuer à jouer un rôle incontournable et représenter jusqu’à 90 % de la consommation totale.
Au Havre, le port autonome vient de décider d’implanter une nouvelle centrale thermique au charbon sur sa zone industrielle. Elle devrait occuper une vingtaine d’hectares et offrir une capacité de 700 à 800 mégawatts à l’horizon 2011-2012. Ces centrales de nouvelle génération sont capables de récupérer et de recycler le dioxyde de carbone. On dit même qu’elles pourraient utiliser ce CO2 pour la fabrication de carburants verts à base d’algues. Pourquoi pas.
Il n’empêche qu’il faudra répondre aux défis technologiques imposés par nos modes de consommation : renouveler les ressources et concilier la consommation de cette quantité accrue d’énergies fossiles avec la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et c’est là que l’on reparlera des mines. Si, si ! Mais pas en France. Des projets bien avancés font état d’un stockage possible du CO2 dans des veines de charbon inexploitées. Et encore mieux : en y injectant ce CO2, on récupère le méthane piégé dans la structure interne du charbon pour le recycler et le commercialiser. Or, ce n’est pas en France que l’on parle de ce projet, mais aux Etats-Unis, dans des formations non exploitées. Car les galeries de mines constituent autant de chemins de migration rapide du CO2 vers la surface. Alors, pas question de créer des soucis supplémentaires au DPSM en lui proposant de travailler sur le sujet. Il aura bien assez à faire avec l’existant.
D’ici le prochain numéro, la rédaction vous souhaite de bonnes vacances, pour ceux qui en prennent, et vous attend en septembre avec… une surprise !
Mines & Carrières, n°127, juin 2006
Ce mois-ci, le dossier fait le point sur les transports fluvial et ferré. Il montre que si le premier gagne les faveurs d’un public de plus en plus nombreux, le second tarde à s’adapter aux enjeux des exploitants. On reproche au fret ferroviaire son manque de souplesse et son inertie à s’adapter aux aléas économiques. Peut-être parce que cette activité n’a pas connu de révolution technologique qui lui aurait permis de trouver un second souffle ? Il n’empêche que cette question des transports devient urgente et qu’il convient de changer de comportement, sinon à se préparer au pire pour l’environnement de demain.
Des exploitants ont pris conscience du problème et optimisent en conséquence leur solution de transport. C’est le cas au Boulonnais, mais aussi de Maroncelli, à Piolenc, où un port fluvial complètera prochainement les installations remises à neuf par Metso Minerals.
Côté exploitation, ce numéro présente comment a été ressenti la modernisation de l’automatisme chez Lafarge, à Sandrancourt, par AES. Plutôt bien, avec des arrêts de production beaucoup moins fréquents, une supervision plus claire, une interface informatique plus conviviale, des conditions de travail améliorées, sans oublier l’efficience qui a été améliorée.
Et puis, il ne faut pas manquer la visite du poste primaire de SCD, une filiale d’Eurovia à Dompierre-sur-Helpe, en plein cœur du parc régional de l’Avesnois. Là où le lavage a été interdit, l’exploitant a combiné un traitement très soigné par un double scalpeur à disques suivi d’un passage sur un crible à disques à doigts pour enlever la fraction argileuse.
Mines & Carrières, n°126, mai 2006
L’exploitation des carrières garde l’image d’une activité à risque. Et pourtant, de nombreux exploitants s’investissent dans l’amélioration de la sécurité et des conditions de travail.
Plus d’un an après la publication d’un dossier sur la maintenance des toiles de cribles, Mines & Carrières s’intéresse à nouveau à la sécurité des opérateurs, avec cette fois un dossier plus large, axé sur la conception des machines, la circulation des engins et le traitement des poussières. Il s’appuie sur des communications et des témoignages entendus lors du congrès de Saint-Etienne lors de l’atelier "Sécurité et prévention en carrière". Tous laissent espérer, pour un avenir proche, une réduction significative des accidents, à un niveau comparable à celui des autres activités industrielles. Ainsi, et peut-être pour la première fois, on entrevoit le jour où la silicose ne sera plus une fatalité pour la profession. Seulement un mauvais souvenir.
Ce numéro présente dans ses pages d’actualité l’installation Toujas et Coll, à Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées. Le calcaire dur qu’on y extrait alimente à la fois les centrales de BPE régionales, les usines de préfabriqués ainsi que les chantiers de TP.
Toujours en visite de carrières, Mines & Carrières emmène ce mois-ci les lecteurs à la découverte d’une technique de concassage plus connue en mine qu’en exploitation de carrière, avec le concasseur à double rotor denté RollSizer de ThyssenKrupp. Utilisé non loin du front de taille, l’appareil de traitement absorbe le brut d’abattage sans scalpage préalable. Une technique par cisaillement qui a trouvé sur le site aubois de Virey-sous-Bar des conditions idéales d’exploitation.
Et puis, pour ne pas échapper aux marronniers (les sujets qui reviennent sans cesse), ce numéro propose un catalogue de solutions pour lutter contre l’usure, un fléau pour les exploitants obligés de surveiller de près leur installation, mais une aubaine pour les fournisseurs toujours à même de proposer des solutions performantes (on le souhaite) et innovantes (parfois).
Mines & Carrières, n°125, avril 2006
A Intermat, la Sim donne rendez-vous à la profession au Carrefour des mines et carrières. Pour cette occasion, l’association a élaboré un programme de conférences comptant pas moins de 24 interventions sur des sujets aussi pointus que la prospection selon les technologies les plus récentes jusqu’à la réhabilitation des sites. Pour y parvenir, elle a fait appel aux spécialistes de ces questions qui connaissent bien la Sim à travers ses publications et ses journées techniques. Pour eux, l’enjeu sera de montrer comment assurer la pérennité d’une exploitation pour en optimiser l’extraction. Le dossier de ce numéro est essentiellement consacré aux nouveautés et aux mises à jour proposées par les constructeurs sur cette grande exposition internationale de matériels.
Ce numéro contient aussi des articles d’actualité sur les granulats marins avec la création d’une association de promotion du sable du gisement du pilier (Ouest Océan), la description du traitement des matériaux à la carrière de Gouviard, à Plénée Jugon (groupe Lessard), et la présentation de l’astucieux outil mis au point par le constructeur norvégien Gjerstad pour pousser les blocs de pierre dimensionnelle avec le Block Pusher. Un exemplaire est en service en Belgique aux Carrières du Hainaut, là où est extraite la fameuse pierre bleue. Toujours en Belgique, Mines & Carrières s’est intéressé au lavage des matériaux sales par deux débourbeurs à palettes à deux arbres Kisa. Cette combinaison des deux équipements en service à l’usine Lhoist d’On-Jemelle est la plus importante dans cette configuration en Europe. Enfin, en matière de maîtrise des tirs, ce numéro relate l’expérience faite chez CBS à Limont-Fontaine de suivi global de production se rapprochant du concept anglo-saxon Mine to Mill. Ce dernier consiste à maîtriser au mieux le maillon forage minage et à suivre ses répercussions sur la chaîne aval. La maîtrise du tir est assurée par un contrôle systématique de la géométrie et par l’utilisation du minage à énergie spécifique constante.
Mines & Carrières, n°124, mars 2006
Gérer la ressource évoque la nécessité de préserver le milieu naturel dans lequel évoluent les professionnels de l’industrie minérale pour assurer la pérennité de leur exploitation. Il serait bon d’y ajouter aussi les hommes qui apportent leur force de travail. Car ils constituent eux aussi une ressource qui se raréfie. Une analyse du Centre d’étude et de recherches sur les qualifications (Cereq) met en évidence que cette branche d’activité est la plus âgée de toutes celles qui composent l’économie française et que sa proportion de salariés de 50 ans (et plus) est aussi une des plus importante. Un renouvellement de main-d’œuvre est donc à prévoir d’ici peu avec pour corollaire une hémorragie d’expérience professionnelle.
Comment en est-on arrivé à cette situation ? Malgré les progrès technologiques auxquels on assiste, et qui n’aident pas à attirer plus de jeunes vers les métiers de l’industrie minérale. Manque de compétences ? Inexpérience ? Absence de candidats ? Désaffection pour nos métiers ? Défaut d’information ? Déficit de formation ? C’est un peu tout à la fois, comme le montre une partie des interventions du dossier issues de l’atelier que la Sim avait organisé sur ce sujet lors du congrès de Saint-Etienne.
En matière de formation, l’actualité de ce Mines & Carrières permet de faire le point sur le futur centre de formation interrégional de Bessières (31) qui, une fois sorti de terre, formera des jeunes du grand Sud-Ouest aux métiers de la carrière et des matériaux.
On trouve aussi une description de l’exploitation Dragages du Pont de Lescar qui extrait des graves alluvionnaires dans la plaine du gave de Pau.
Côté matériel, la carrière belge la Warchenne, appartenant au groupe Bodarwé, a été équipée d’un crible haute énergie Bivitec pour traiter les matériaux fins issus du scalpeur, et qui étaient jusqu’à présents mis en remblai. Ce matériel évite aussi le colmatage et le goujonnage sur les toiles. Et puis, à Helsinki, en Finlande, Metso Minerals vient d’installer un système de convoyeur vertical depuis les silos souterrains vers la surface pour alimenter en charbon l’usine de production d’énergie de Salmisaari. Le convoyeur mesure 98,50 mètres a été mis au point par Trellex Pocketlift.
Mines & Carrières, n°123, février 2006
Les ateliers du congrès de la Sim sont une source d’inspiration presque inépuisable. Ce mois-ci le dossier reprend les communications de l’atelier consacré aux ressources minérales de la région Rhône Alpes. Variété et qualité du milieu naturel caractérisent cette région que l’on découvre à travers un panorama assez riche, avec des réalisations particulièrement remarquables. Sans oublier non plus la problématique du bon usage de la ressource, un sujet qui intéresse désormais le plus grand nombre, du producteur d’eau minérale au fabricant de tuiles et briques.
Côté actualité, un détour par le Maroc permet de faire le point sur une industrie minière qui vient de fêter ses 65 ans. Elle affiche quelques poins forts parmi lesquels compétence technique et prix de revient compétitifs confirment la vigueur d’une industrie où l’environnement géologique reste favorable à l’existence de plusieurs types de gisements.
En matériels, le Seimat fait le point chaque année sur le marché français des matériels de bâtiment et de travaux publics. Avec une croissance à deux chiffres (+14 %), les professionnels restent optimistes pour 2006.
Ce numéro présente aussi une solution en matière de pressage des boues avec un matériel Diemme mis en place à la carrière de Virey, dans l’Aube. Après six mois d’utilisation, il a permis de limiter la zone de lagunage et de recycler 93 % de l’eau utilisée pour le lavage des matériaux. En topographie, Mines & Carrières s’est intéressé au balayage laser 3D. Un cabinet de géomètres-experts propose cette technologie avec le GS 200 de Trimble. L’outil facilite les relevés de fronts de taille et les calculs de cubature avec précision impressionnante en millions de points, sans comparaison avec un relevé topo classique, et d’un rendu graphique exceptionnel.
Et puis, pour ceux qui ont quelques remords laisser sortir des camions sales sur la chaussée, une présentation de produits devrait les sensibiliser. Elle est doublée d’une autre consacrée aux racleurs de bande, des produits où l’innovation reste présente pour éviter de perdre du temps dans les opérations de nettoyage.
Mines & Carrières, n°122, janvier 2006
Les sorties sont encore possibles dans les mois d’hiver comme le montre ce Mines & Carrières de janvier qui consacre un reportage aux Sablières du Grésivaudan (Vicat), implantées à Pontcharra (38). Elles viennent de recevoir une nouvelle unité de traitement conçue par Cetroa et une installation de traitement de l’eau mise au point par MS pour une production entièrement destinée au marché des bétons. En Charente-Maritime, à La Rochelle, DTM, producteur de granulats marins, vient d’acquérir le sablier André L qui, grâce à ses caractéristiques techniques, est devenu le sablier le plus souple et le plus productif de sa catégorie sur le littoral Atlantique.
En matière d’imagerie, le LCPC a présenté récemment un vidéogranulomètre à l’occasion des journées portes ouvertes de la carrière Roussillon Agrégats (Colas). Ce dispositif de contrôle granulométrique en ligne semi-automatisé est compatible avec les exigences du marquage CE des granulats et permet d’alléger la charge de travail des laborantins. Il constitue un pas supplémentaire dans la maîtrise de la qualité des produits.
Le congrès Sim de Saint-Etienne continue d’alimenter le sommaire de Mines & Carrières avec ce mois-ci la séance solennelle qui apporte des éclaircissements sur l’impact de la politique de décentralisation sur le processus décisionnel dans l’industrie extractive. L’article très long qui lui est consacré reprend les points de vue des parties prenantes (industriels, administration, société civile et association de protection de l’environnement). Il est accompagné de débats avec des interventions pertinentes entre les intervenants et la salle.
Enfin, le dossier de ce mois est consacré aux automatismes en carrière et met en avant des solutions innovantes proposées par quelques fournisseurs.
Mines & Carrières, n°121, décembre 2005
L’actualité de ce Mines & Carrières de décembre est dense et très variée. Le sommaire présente un dossier consacré à la séance inaugurale du congrès Sim et qui reprend les interventions des représentants de grandes entreprises de l’industrie extractive (Cogema, Eramet, Imerys, groupe Luzenac), de l’enseignement supérieur (école des Mines de Saint-Etienne) et des constructeurs de matériels (Seimat, Cisma).
Dans les carrières, l’actualité est marquée par une première en France avec l’abattage de trois gradins en minage électronique par les équipes de Foremine et de Nobel Explosifs France à Bournac (43). En exploitation, Metso Minerals (France) présente une réalisation montée en un temps record (4 mois) sur le site de l’entreprise Betag, à proximité de l’aéroport de Bastia, en Haute-Corse. 350 000 tonnes/an de matériaux alluvionnaires y sont traités pour moitié en produits pour travaux routiers et pour moitié en roulés pour le marché des bétons.
Côté matériel, Liebherr annonce la sortie prochaine d’une pelle minière de 250 tonnes. En phase de test à la carrière Holcim de Héming (57), ce modèle s’inspire des précédentes séries qui ont fait le succès de la marque dans les exploitations du monde entier. Et pour les travaux d’enrochement, le distributeur Tractorhin propose un produit autrichien conçu par Wimmer – le Lobster - pour remplacer les outils classiques multigriffes. Il est actuellement utilisé à la carrière Somat (06), près de Monaco.
Quelques bougies ont été soufflées avec les 150 ans de l’industrie du sel en lorraine et les 40 ans de l’Unicem Midi-Pyrénées à Toulouse.
Mines & Carrières, n°120, novembre 2005
Une fois n’est pas coutume, Mines & Carrières s’est penché sur les centres de recherche des cimentiers, un thème peu abordé dans la revue car la recherche et le développement représentent une faible part du budget de ces groupes. Mais ils occupent une place importante dans leur stratégie de croissance. Pas de révélations surprenantes, secret industriel oblige, mais des explications sur les préoccupations actuelles de ces centres. En parallèle, un après-congrès 2005 qui met les exposants à l’honneur, qu’il s’agisse de nouveaux venus ou de fidèles.
Mines & Carrières, n°119, octobre 2005
Ce numéro de Mines & Carrières fait la part belle au matériel, puisqu’il en est question à la fois dans le dossier et au sein des articles. Le plus surprenant vient toutefois de l’exploitation de Talc de Luzenac qui a réceptionné un troisième tombereau Komatsu de la gamme des 100 tonnes, un HD 985, affecté comme les engins précédents à l’évacuation des stériles. Il est prévu que l’exploitation en reçoive trois autres d’ici 2008, ce qui pour l’instant constitue déjà une première en Europe avec ces modèles en fonctionnement.
De son côté, le dossier présente quelques nouveautés et mises à jour vues cette année sur de grandes expositions internationales, qu’il s’agisse de Conexpo, Hillhead, Matexpo…
Mines & Carrières, n°118, septembre 2005
Avant de partir en vacances, Mines & Carrières s'est intéressé dans son dossier de juillet-août au chargement client, une occasion pour les constructeurs de donner quelques arguments techniques intéressants sur leurs machines. A la fois à la reprise des matériaux bruts, et à ceux des matériaux traités, la chargeuse est aussi au chargement client, ce qui fait qu'on la voit un peu partout, "au four et au moulin", et il arrive même qu'on l'attende au détour d'un stock de matériaux. Quelques témoignages d'opérateurs et d'exploitants jalonnent ce dossier constitué bien évidemment d'une partie nouveautés.
En actualité, Mines & Carrières annonce les 100 ans de Talc de Luzenac, puis fait un détour par le Tarn où le district Sud-Ouest de la Sim a organisé une journée technique à l'exploitation de spath fluor de la Sogerem. A ne pas manquer aussi, quelques nouvelles de constructeurs - Volvo et Terex - qui présenteront bientôt des nouvautés lors d'Intermat, au printemps prochain.
Mines & Carrières, n°117, juillet/août 2005
Dossier : Quoi de neuf en chargement client ?
Le dossier débute par un exemple d’utilisation de chargeuses de reprise dans la carrière Cemex à Pécy (77). Puis il traite de la gestion du parc chez Lafarge Granulats. Ce dossier expose ensuite les arguments de plusieurs constructeurs sur les atouts de leurs gammes et de leurs services, puis présente les politiques d’achat de plusieurs responsables de carrière. Enfin, il s’achève sur une présentation de quelques innovations en matière des chargeuses de reprise et met en avant la stratégie de l’entreprise belge Bia.
Mines & Carrières, n°116, juin 2005
Le dossier présente un rapide panorama de ce minerai industriel, puis s’attarde sur deux producteurs, l’un (DAM) bien implanté en France avec 4 gisements dont trois en Bretagne, et l’autre, le groupe français Imerys, peut-être plus connu à l’étranger car il ne possède pas de site d’extraction en France, seulement de transformation. En dernière partie, une présentation de matériels affectés au traitement fin des matériaux.