Mines & Carrières, n°167, février 2010
La biodiversité par la grande porte
Le hasard fait bien les choses : la création d’une chaire d’enseignement associant les mathématiques et la biodiversité à l’École polytechnique ouvrira de nouvelles perspectives dans la compréhension de phénomènes naturels complexes. Du coup, on peut parier que les écologistes auront un nouvel allié avec les mathématiques, encore faut-il que ces derniers étendent le domaine de leurs compétences, au risque d’être déconsidérés et pris pour de vils ignorants. L’objectif d’une telle démarche, pour l’école, est d’élaborer de nouveaux modèles sur l’évolution probable des écosystèmes et de fournir une aide concrète aux chercheurs, aménageurs et tout autre décideur impliqué dans la gestion des espaces naturels. C’est le lien que l’on peut établir avec les carrières, en espérant que la biodiversité ne se réduise pas à des équations ; les modèles mathématiques devraient, selon toute vraisemblance, ouvrir une approche dépassionnée et objective sur les écosystèmes.
Autre lien proche avec ce que vivent les exploitants, plongés malgré eux dans l’écologie moderne : les conséquences du grignotage des territoires de “la vie sauvage” sur l’extinction des espèces ou encore l’efficacité des corridors écologiques reliant des espaces fragmentés. C’est un peu tiré par les cheveux (ceux du carrier, évidemment), car la problématique est complexe et, dans ce domaine, les conférences de l’Unicem ont l’avantage d’aborder la biodiversité avec plus de simplicité pour une meilleure compréhension, même si elles se basent sur des études très sérieuses, comme celles qui ont été menées au Muséum d’histoire naturelle par le professeur Jean-Claude Lefeuvre.
La démarche de cette grande école est intéressante, et il sera curieux de lire les résultats des premières études. Selon les scientifiques responsables de cette unique chaire d’enseignement, la biodiversité pose un défi passionnant aux mathématiques. “Les échelles considérées introduisent quantité d’inconnues, comme la taille de l’échantillon, sa géographie, son interaction avec les milieux environnants”, et bien d’autres réjouissantes données à modéliser, laisse-t-on entendre.
Verrons-nous un jour des polytechniciens s’inquiéter de la biodiversité et de l’intérêt écologique des carrières ? Qui sait ? Dans un ailleurs un peu lointain, peuplé d’animaux sauvages, la biodiversité peut être vue sous un autre angle, moins sérieux, comme cette petite histoire : un tigre (nouvel an chinois oblige) court derrière un polytechnicien autour d’un arbre. Le polytechnicien, bien qu’habillé en Grand Uniforme, semble résister à la vitesse du fauve. Sur une branche de l’arbre, un autre polytechnicien, lui aussi en Grand Uniforme avec bicorne et épée, regarde son collègue et l’encourage. “Dépêche-toi, il va te rattraper”, lui dit-il. “Mais non, ne t’inquiète pas”, arrive à répondre le coureur, “j’ai plusieurs tours d’avance”. C’est certain, il aurait eu encore plus de tours d’avance s’il n’avait pas été en Grand Uniforme, mais cela n’aurait rien changé, bien sûr. Mais que penser du tigre ? Certes, un peu myope, mais content de voir ce compagnon de jeu avec une queue et des cornes –qu’il n’a pas– se risquerait-il à accepter cet étranger, dans son environnement, et sous l’influence croisée de l’un sur l’autre ? Bref, la biodiversité doit-elle s’appliquer à protéger certaines espèces ou à éviter la prolifération de certaines autres ?
Mines & Carrières, n°166, janvier 2010
Passez la palissade
NNous subissons les caprices du temps. Les pluies du mois de décembre ont rendu les terrains difficilement praticables, et le froid qui a suivi n’a pas arrangé les convoyeurs, notamment ceux dont les exploitants n’avaient pas pris la peine de vider l’eau accumulée sur les bandes transporteuses, avant de partir en congés pour les fêtes de fin d’année. Résultat : lorsqu’il a fallu reprendre le travail, la glace avait pris sur les tapis, rendant les convoyeurs inutilisables, et fragilisant les structures métalliques. C’est donc à la masse et à la main qu’il a fallu rendre leur place aux matériaux. Déblayer des blocs de glace à mi-hauteur et sur des kilomètres n’est pas un travail des plus sympas pour commencer une journée. C’est éreintant, et il n’y a pas d’outil pour mécaniser la tâche. Imaginer que l’on va suer sans même avoir commencé le travail pour lequel on s’est levé, c’est déprimant ! Et pourtant, c’est véridique. Pour n’incriminer personne, aucun nom ne sera cité, aucune installation montrée du doigt, aucun groupe... Mais c’est étrange que personne n’ait pensé à anticiper ce qui est devenu un problème, et que l’on rencontre certainement ailleurs. Pour ceux qui ne l’auraient pas deviné, le dossier de ce numéro est consacré au convoyeur, stacker et bande transporteuse. Pour résumer, on pourrait dire que le convoyeur à bande est le meilleur ami du carrier. À condition d’être bien posé, il ne fait pas de bruit, ne réclame que peu d’entretien, ne crache pas de CO dans l’atmosphère, ne râle pas, et ronronne quand tout va bien. Et pourtant, il marque le paysage, laisse des sillons là où il est passé. On n’a rien sans rien. Ces quelques pages ont permis à la rédaction de prendre l’air frais début janvier, et aussi de voir que l’imagination a encore sa place dans les projets de carrière. Les innovations sont peu nombreuses, mais de taille. Elles font surtout appel au bon sens qui caractérise la profession.
Avant de se quitter jusqu’au mois prochain, la Sim et la rédaction de Mines & Carrières vous souhaitent une bonne année 2010. Une année de paix et de tranquillité, voilà le bonheur.
Et comme dit un proverbe chinois (il y en a énormément) : “Le riche songe à l’année future, le pauvre au jour présent.” Alors soyons riches de rêves, de promesses, de bons sentiments. Patience ! Avec le temps, “l’herbe devient du lait” (c’est encore un proverbe chinois). Et les granulats... du béton ?
Mines & Carrières, n°165, décembre 2009
Révolution culturelle
Y a-t-il un pilote dans l’installation ? Certains responsables ne se posent pas la question. Pour eux c’est évident, il y a une installation mécanique qui traite les matériaux, avec des hommes pour l’entretenir, mais de là à imaginer un automatisme qui pilote seul et par séquencement logique une unité de production, ça non ! Cela peut paraître étrange aujourd’hui, mais des responsables matériels, de grands groupes d’ailleurs, sont à ce stade de réflexion. Et la réflexion, ou plutôt leur ignorance sans limite, les amène à s’interroger sur le pourquoi d’un tel système, car l’installation fonctionne, des matériaux chutent des stackers, de la poussière s’envole, et on entend le bruit des machines. Alors de là à investir dans de tels projets, ce n’est même pas la peine d’y penser. On croit rêver !
Le dossier de ce mois s’intéresse à l’automatisme en carrière, et il y a beaucoup à dire. D’abord pour comprendre quels sont les types de produits proposés (PC ou automates programmables), ce qu’il faut utiliser (progiciel spécifique du métier ou logiciel de supervision du marché). Il ne répond pas à ces questions, mais pose les problèmes à l’exploitant, et là on retombe sur ces questions qui – c’est un paradoxe – n’ont aucune explication rationnelle. C’est un peu du genre, “on aime ou on n’aime pas”.
Bref, en lisant ce dossier, ceux qui espèrent y trouver des réponses refermeront Mines & Carrières avec peut-être plus de questions qu’ils s’en posaient.
Il y a aussi un point important qu’il faut soulever et qui n’a rien de technique, mais qui est culturel. Un automaticien n’est pas un électricien. Or, dans les appels d’offres, les lots sont parfois associés. Certes, un automaticien peut monter un circuit, du moins s’il en a les connaissances, mais un électricien n’est en aucun cas un automaticien, tellement le domaine est complexe. C’est en rencontrant les professionnels de ce secteur que l’on se rend compte de la richesse des connaissances à maîtriser. Et pour être plus juste, on ne devrait plus les appeler ainsi – automaticien – mais trouver une autre appellation pour désigner un métier qui intègre les outils et l’informatique. Car que font-ils avec leurs outils si évolués ? Ils gouvernent (par asservissement) des grandeurs physiques issues de processus technologiques ; ces grandeurs sont électriques (tension, courant, puissance), mécaniques (force, vitesse, position, couple), thermiques (température, gradient), hydrauliques (pression, débit, niveau), optiques (éclairement, exposition), voire chimiques (concentration).
Il est évident que les détracteurs de l’automatisme n’ont pas cette ouverture d’esprit qui demande à remettre les choses à plat. Mais que font-ils quand ils entrent dans leur voiture, mettent le moteur en marche, cherchant leur route sur un GPS, etc. ? Ils ne se doutent pas qu’ils sont assis sur une somme de trouvailles technologiques, dont les automaticiens qui interviennent en carrière s’inspirent. En fait, ils doivent allumer l’autoradio, et c’est tout.
Allez, à l’année prochaine, passez de bonnes fêtes, et bonne année.
Mines & Carrières, n°164, novembre 2009
Des sujets à creuser
Cette année, au congrès de la Sim, on a remarqué la présence d’entreprises spécialisées dans la construction de dragues flottantes. Comme on peut le deviner, elles étaient allemandes et hollandaises. La proximité de la plaine rhénane explique en partie leur présence mais ce n’est pas la seule explication, car certaines ont mis du matériel en service dans des exploitations françaises en dehors de l’Alsace. Ce mode d’extraction est peu abordé dans Mines & Carrières. Et pourtant, l’année dernière, un dossier a été consacré aux draglines ; il aurait été intéressant de pousser l’investigation un peu plus loin en faisant un état des lieux des autres méthodes employées pour l’extraction sous eau. Mais il faudra être patient... Car un dossier, à paraître l’été prochain, reprendra les interventions des conférenciers qui ont participé à l’atelier du congrès consacré justement à l’exploitation sous eau, en trois parties : la connaissance du gisement, l’extraction avec des moyens terrestres et celle par des moyens flottants. Le sujet est effectivement plus large que celui qui a été traité dans la revue, même s’il est question d’un marché de niche, comme l’a rappelé un intervenant à cette session technique.
Cependant, ce qui est frappant, c’est de se dire qu’il est possible d’extraire des matériaux sous eau, sans rien voir, contrairement à ce qu’il se passe dans une carrière à sec. Est-ce que l’extraction est faite correctement, sans laisser trop de matériaux en place ? D’où l’intérêt d’effectuer des études d’investigation destructives et d’autres non destructives ; la géophysique apporte des informations faciles à collecter et peu onéreuses par rapport à une campagne de sondages mécaniques. Mais il faut rester prudent sur les résultats et prendre le soin de les étalonner par des sondages, pour connaître l’épaisseur du gisement exploitable ainsi que la qualité des alluvions à récupérer. C’est avec ces données qu’est déterminé le moyen d’extraction. Ainsi que les possibilités d’optimisation du gisement par l’approfondissement des exploitations.
Toujours en faisant référence au congrès, la séance inaugurale a été l’occasion d’évoquer ce que deviennent ces exploitations, celles de la plaine rhénane, une fois le substratum atteint. Le Dreal de la région – ex-Drire du Limousin – a évoqué “un passif considérable avec 5 000 plans d’eau pour 2 000 hectares de zones d’exploitation”. C’est élevé mais, selon des exploitants de la région, le chiffre est exagéré et donc faux. On suppose que l’administration doit être bien informée sur le sujet, surtout lorsqu’il est question de creuser des trous à proximité du Rhin. C’est un sujet sensible, comme celui de la réorganisation des sols après l’exploitation. Il est vrai que l’Alsace a ses particularités : des exportations à hauteur de plus de 30 % de la production, qui répondent à une demande spécifique (production de béton haute performance en Belgique) et qui sont facilitées par le transport fluvial, et une consommation supérieure à la moyenne nationale, mais qui est variable selon les territoires. Ces sujets seront évoqués dans les numéros de l’année 2010 de la revue. Une raison de plus pour préserver ce rendez-vous mensuel avec Mines & Carrières et ne pas en suspendre l’abonnement malgré les difficultés du moment. Alors bonne lecture !
Mines & Carrières, n°163, octobre 2009
Peut mieux faire
Le congrès de la Sim vient de s’achever, et le bilan qu’on en tire n’est pas aussi médiocre qu’on aurait pu le craindre il y a quelques mois : pas loin de 1 400 visiteurs ont fait le déplacement jusqu’à Mulhouse et ont arpenté les 6 000 m2 du hall d’exposition où siégeaient 215 exposants trois jours durant. Toutes catégories confondues –exposants, congressistes (ceux qui assistent aux ateliers) et visiteurs– ce sont pas loin de 3 000 personnes qui ont fait le déplacement. Qui étaient les visiteurs cette année, et d’où venaient-ils ? Pour une bonne part, il s’agissait d’exploitants originaires d’un peu partout en France, indépendants et salariés de groupes, mais aussi de la région Alsace, venus en force avec leurs collaborateurs. Le choix de la ville a permis d’attirer des carriers et des industriels voisins, suisses et allemands, ce qui est une bonne chose pour la Sim qui cherche à faire connaître ses activités en dehors du territoire. D’ailleurs, des conférenciers de ces pays, ainsi que de Belgique sont intervenus dans les ateliers ; des ateliers, pour lesquels on a noté une bonne participation à toutes les séances. Les prochains dossiers de la revue reprendront d’ailleurs quelques-uns des sujets abordés au congrès, comme l’exploitation sous eau, les ressources régionales ou encore la valorisation du patrimoine minier.
Dans un climat morose, le congrès de la Sim s’en sort plutôt bien. Pour les trois premiers trimestres, l’activité matériaux affiche une baisse de 16 % (selon les chiffres de l’Unicem à fin août), après quatre années très favorables pour le secteur. D’après le syndicat, cette baisse pourrait atteindre -20 % d’ici à la fin de l’année. Et les perspectives pour 2010 ne sont guère encourageantes : le premier trimestre commencerait avec une baisse de 5 %.
Et pourtant, dans les stands et les allées du salon, on entendait parler de projets, pas forcément nouveaux, mais de quoi assurer un minimum d’activité. Revamping d’installation, modernisation d’une criblerie, changement de broyeurs, etc. À ce propos, il était étonnant d’apprendre que des matériels de traitement assemblés en Chine sont en service dans des exploitations françaises. Les prix sont attractifs, certes, mais la réalisation, elle, l’est un peu moins quand on démonte un engrenage, par exemple. Et quelle est la durée de vie de ces matériels ? Quant aux pièces de rechange, à qui faudra-t-il s’adresser quand on sait quels efforts il faut fournir pour assurer un service à la hauteur sur des matériels fabriqués en France ou en Europe ?
Cette Chine, qui a tiré les marchés vers le haut, ne semble plus capable aujourd’hui de les relancer. Toute une littérature propose l’analyse d’économistes mettant en avant l’appétit des Chinois pour le low cost ; les entreprises de ce pays ont une longueur d’avance en la matière, c’est bien connu. On retient de ces lectures que l’exportation est la clé du système économique chinois, associé à une monnaie sous-évaluée, le yuan. Certains économistes emploient même l’expression de “guerre monétaire”, qui affecte le commerce mondial. Concernant les matières premières, le pays a commencé à relancer sa production, incitant le Brésil, le Canada et l’Australie à fouiller leur sous-sol pour répondre à la demande chinoise. Une demande qui apparemment ne parviendra pas à faire augmenter la consommation mondiale. La variable clé de l’économie européenne est la demande interne, avertissent les spécialistes. D’où l’intérêt d’être inventif, même si les dettes publiques explosent un peu partout. L’année prochaine, au congrès 2010 qui se déroulera à Nantes (du 5 au 8 octobre), on aura l’occasion de voir si de nouveaux matériels chinois ont été mis en service. Si c’est le cas, les constructeurs européens auront du souci à se faire.
Ps. Pour les abonnés à mines & carrières et aux hors-série, ce numéro est routé avec le hors-série "Roches Ornementales"
Mines & Carrières, n°162, septembre 2009
Un congrès sur-mesure
En choisissant Mulhouse comme ville-étape de son 58e congrès, la Sim s’intéresse à une région riche en curiosités géologiques. Le dossier de ce numéro est consacré en majorité aux exploitations de gravières, car les dispositions naturelles de la plaine d’Alsace sont propices à cette production. Selon les chiffres de l’Unicem, plus de 90 % de la production d’Alsace sont d’origine alluvionnaire ; cette dernière couvre les besoins régionaux et s’exporte à l’étranger par la voie fluviale. Le sujet sera d’ailleurs débattu en séance inaugurale, le mercredi 21 octobre, au matin.
Ce gisement est profond, et il n’est pas rare de voir des dragues descendre leur grappin sous l’eau, à plus de 80 mètres. Là encore, la région fait exception dans la mesure où elle a lancé en 1984 des projets de création de zones d’exploitation et de réaménagement coordonnés des carrières (appelées ZERC) sur les 2 580 km2 occupés par le couloir rhénan. L’objectif de ces zones est d’assurer la valorisation optimale du gisement, garantir le respect de l’environnement pendant l’exploitation et organiser le réaménagement des sites en fin d’exploitation. Car depuis 1962, l’exploitation de ce vaste espace a connu un accroissement rapide en raison des exportations à destination de l’Allemagne et des Pays-Bas. L’Alsace compte ainsi 7 ZERC (4 dans le Bas-Rhin et 3 dans le Haut-Rhin) en dehors desquelles toute ouverture de carrière de matériau alluvionnaire rhénan est interdite. Certaines de ces zones ont même imposé la mise en conformité des documents d’urbanisme au regard des zonages arrêtés. Pour en savoir plus, il faudra assister à cet atelier. Et pourquoi pas à celui du jeudi, complémentaire à ce dernier, car il est consacré à l’exploitation sous eau, avec une approche des méthodes et des matériels d’extraction.
Autre particularité régionale : le passé minier. La région regorge de sites à visiter : Sainte-Marie-aux-Mines, la faille de Sainte-Marie, la mine d’argent de Saint-Louis-Eisenthür et celles de Saint-Barthélemy, les mines de potasse... Sans oublier les musées de minéralogie, les circuits miniers, des curiosités géologiques qui, là encore, sont très nombreuses. Pour ceux qui sont intéressés par ce passé minier, l’atelier n°1 consacré à l’héritage du patrimoine minier sera l’occasion de découvrir les opérations de sauvegarde et valorisation en cours.
Du côté des roches massives, il ne faut pas manquer l’atelier 4, au cours duquel sera présenté une méthode innovante de découpe du grès des Vosges utilisée à la carrière Loegel Rothbach. Après la découpe au jet d’eau haute pression, qui entaille la roche par des saignées verticales et horizontales, l’exploitant vient de compléter son savoir-faire grâce à une méthode développée conjointement avec Antéa : elle vise à creuser des galeries à l’intérieur desquelles des piliers au sol permettent de défruiter 75 % du grès de qualité.
La qualité des sujets retenus et la richesse de leur contenu laissent à penser qu’il s’agit d’un congrès taillé sur-mesure pour la ville de Mulhouse. Espérons que les visiteurs feront le déplacement.
Mines & Carrières, n°161, juillet/août 2009
Drôle d’époque
Nous vivons une époque bien étrange où il est impossible de rester insensible à l’annonce de la fermeture d’une usine. Chaque de plan de licenciement provoque un serrement de cœur, l’impression d’un gâchis. Est-ce la culpabilité de ne pas être concerné par ces funestes mesures ? Ce sentiment de tristesse, et même d’inquiétude, nous envahit comme il a dû envahir aussi les mineurs et leur famille lorsque les puits ont été fermés les uns après les autres il y a quelques années. La mort d’une usine apparaît comme une grave perte de substance de l’économie, voire d’une partie de l’identité nationale. La transition que nous sommes en train de vivre est douloureuse, et les régions minières en savent quelque chose. Le handicap de notre pays est d’essayer trop longtemps de maintenir ce qui existait plutôt que de miser davantage sur des enjeux d’avenir. Les technologies vertes en font partie, et parmi les efforts à fournir pour trouver une issue, la formation a son rôle à jouer. Le dossier du mois lui est consacré, et il apparaît évident que celle-ci – la formation continue – est une chance pour les entreprises, car elle permet d’améliorer le niveau de qualification des salariés dans toutes les branches au profit de la collectivité et de son économie. Un exemple : le secteur industriel des mines et carrières doit remplacer d’ici à 6 ans 30 % de ses effectifs, à savoir 62 000 salariés qui partiront à la retraite. Ces départs se feront, pour certains, en ayant légué leur savoir-faire et pour d’autres sans aucun dispositif de transfert des connaissances, une perte sèche pour l’entreprise. Mais les choses vont changer car une loi est à l’étude : elle devrait autoriser, à titre expérimental, les entreprises à utiliser l’argent de la formation professionnelle pour financer le tutorat des jeunes par les seniors. Encore trop rare, le tutorat sera doté d’un cadre légal pour favoriser son développement. Un article additionnel au projet de loi sur la formation a été adopté début juillet en ce sens par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée. Le gouvernement devrait soutenir un amendement “visant à ce que la participation des employeurs à la formation professionnelle continue finance les dépenses correspondant à une part de la rémunération des salariés assurant le tutorat des jeunes de moins de 26 ans, des jeunes embauchés depuis moins de six mois ou des stagiaires, et les éventuels compléments de salaire versés aux salariés en contrepartie de leur activité de tutorat”. Ce dispositif entrera en vigueur à titre expérimental jusqu’à fin 2011. Mais si son impact est positif, il pourra être pérennisé. Le coût du dispositif reste à évaluer, mais il s’agit des moyens de la formation professionnelle, et non pas des finances publiques.
Le secrétaire d’État à l’Emploi, Laurent Wauquiez voudrait “faire en sorte qu’un senior puisse garder son emploi en transmettant son savoir-faire à des jeunes”. De leur côté, les syndicats (FO en tête) proposent d’aller plus loin en demandant une “allocation de solidarité intergénérationnelle”, qui serait versée par l’Etat aux employeurs en compensation du maintien du salaire des plus de 58 ans qui accepteraient d’exercer une mission de tuteur dans l’entreprise. Un salarié senior pourrait consacrer trois jours par semaine à son activité professionnelle habituelle, une journée à sa fonction de tuteur. Il réduirait son temps de travail de 20 % en contrepartie de cette mission. Les contours financiers de cette incitation ont besoin de plus de précisions. Il n’empêche qu’il faut que le tuteur ait le temps d’exercer sa mission dans de bonnes conditions, et qu’il bénéficie d’une incitation. Face à cette situation, on ne peut pas rester sans rien faire. L’indifférence serait la pire des solutions.
Mines & Carrières, n°160, juin 2009
Les carriers de la table ronde
La période n’est pas glorieuse, et pourtant certains exploitants s’en tirent mieux que d’autres. Pour essayer de comprendre quelle situation ils vivent et sur quels leviers ils agissent pour limiter leurs coûts de production, Mines & Carrières a convié quelques-uns d’entre eux à une table ronde, au printemps dernier. Le dossier de ce mois-ci publie cette discussion, qui n’a rien de technique, et au cours de laquelle des sous-traitants ainsi que des constructeurs ont été invités à participer. Très vite, on devine qu’il n’y a pas de recette miracle, bien entendu, mais des similitudes dans la gestion d’une exploitation, que ce soit chez les indépendants ou dans les groupes. Cela semble évident, et pourtant, on se rend compte que le métier de carrier est particulier et que les groupes routiers, qui se sont emparés d’exploitations il y a quelques années, ne se considèrent pas comme carriers pour autant. Bien au contraire, chez eux, la carrière est au service de la route, d’où une gestion qui semble moins pointue que chez certains indépendants. Et d’ailleurs, s’il y a des acquisitions à faire, ces grandes entreprises ont les moyens de les réaliser. Mais c’est un autre sujet.
Par contre, s’il est une chose à retenir de cette discussion à bâtons rompus, c’est de ne pas se séparer de collaborateurs qui ont été recrutés avec difficulté ces dernières années. Ils ont été formés à des technologies de pointe, parfois onéreuses. On pense notamment aux foreurs, aux boutefeux et aux techniciens de maintenance. La revue a souvent évoqué le sujet, et comme l’a rappelé un participant à cette table ronde : “Il faut s’attacher ces salariés pour assurer la pérennité de notre activité au travers de leur professionnalisme”. Comment ? “En les rendant plus polyvalents, et en les perfectionnant.” La formation est toujours d’actualité, et les budgets qui lui sont consacrés n’ont pas été rognés. Le sujet sera repris dans le prochain numéro de la revue, car c’est un enjeu majeur. En effet, s’il était difficile il y a quelques mois d’envoyer des opérateurs suivre un stage en période de surchauffe de production, il est urgent de leur en donner la possibilité aujourd’hui quand ils ont enfin le temps. D’abord pour les sortir de leurs inquiétudes, et ensuite pour qu’ils soient plus réactifs. Car un salarié qui comprend mieux l’environnement dans lequel il évolue s’y intègre mieux.
Autre sujet effleuré dans la discussion : la prévention des pannes à travers l’analyse vibratoire. Là aussi, dans le cadre de l’amélioration des coûts de production, la maintenance prédictive joue un rôle important : elle vise à définir la probabilité qu’une défaillance apparaisse sur un composant. Mais les difficultés résident dans les techniques d’investigation, dans les lacunes de ces outils, et aussi dans les techniques de traitement des signaux affectés à la surveillance. C’est un domaine de la maintenance qui est adapté aux enjeux économiques actuels, et qui est utilisé dans de nombreux secteurs de l’industrie. Pour les carrières, c’est nouveau : elles commencent tout juste à s’y intéresser. On en parlera plus longuement dans les prochains numéros.
Mines & Carrières, n°159, mai 2009
Gros grain gras
C’est un dossier très classique que la revue propose ce mois-ci, avec un thème sur le criblage. On peut se demander quel est l’intérêt de se pencher sur un tel sujet aujourd’hui car, en regardant d’anciens numéros de Mines & Carrières, on a l’impression avoir déjà beaucoup écrit en la matière. Mais il y a encore beaucoup à dire ! Heureusement pour les constructeurs, pour les exploitants et pour la revue. Pourquoi ? Parce qu’un crible n’est pas qu’une machine « toute bête » comme on pourrait le penser, avec un mécanisme assez simple qui ne mérite pas les égards d’un concasseur ou d’un broyeur. Dans le détail, on s’aperçoit que le criblage n’est pas une activité évidente ; d’ailleurs des exploitants tentent de cribler des matériaux et n’y arrivent pas toujours ; c’est le cas notamment du sable de mer : les matériaux avancent d’un seul bloc et il n’y a pas de stratification au sein de cette couche épaisse ; elle retombe comme elle est arrivée, compacte et en tas. Et pourtant, si d’autres y arrivent, c’est qu’il y a bien une raison. Alors dans ce dossier, nous n’avons pas privilégié une technique au dépend d’une autre, car chaque cas est unique. Les visites en carrières nous ont amenés à présenter une configuration de travail particulière, avec un matériau qu’on ne retrouve pas forcément ailleurs, et surtout avec un choix de matériel voulu par l’exploitant.
Et puis nous nous sommes aperçus d’une chose en travaillant sur ce dossier : il n’existe pas vraiment de théorie sur le criblage, comme l’a écrit un auteur. La théorie a été construite sur l’expérience, et c’est en apprenant sur le tas que les constructeurs sont arrivés à proposer des matériels capables de traiter une gamme de produits assez large. Donc, il est tout à fait possible de faire évoluer la technique.
Le dimensionnement des cribles est une autre question à laquelle nous n’avons pas eu une réponse claire et précise. Les études en la matière ne sont pas nombreuses, et il est vrai que la littérature reste très théorique, pour le coup. Il est question de facteur de capacité, facteur de fines, de refus, de pont, de lavage, d’efficacité, etc. Bien souvent, c’est le constructeur qui modélise ces facteurs dans un logiciel pour déterminer la surface nécessaire au criblage. Et là, pas question de dévoiler des formules mathématiques, confidentialité oblige. D’où le manque d’informations pertinentes en la matière.
Autre remarque, qui tient du détail, mais qui mérite d’être soulevée : il y a des différences de langage propre au criblage. Ainsi, on ne parle pas de criblage lorsqu’il est question de tamisage mais ces deux opérations désignent une classification. Or le tamisage concerne plutôt les séparations fines tandis que le criblage s’intéresse aux séparations plus grosses. Autre remarque : on ne dit pas scalper à 10 mm comme on ne dit pas, non plus, tamiser à 100 mm. Alors quant à classer, calibrer, couper, épierrer, séparer, classer, tout ça tient du détail !
Mais c’est justement sur les détails qu’on nous juge. Alors, c’est promis, un autre dossier consacré au criblage devrait paraître d’ici au moins un an, pour tirer tout cela au clair.
Mines & Carrières, n°158, avril 2009
Moteur du progrès
Comment seront les moteurs de demain ? Moins polluants, c’est certain, ils seront aussi plus coûteux, car les constructeurs se grattent la tête pour imaginer des solutions pour réduire les oxydes d’azote appelés aussi NOx, comme l’exige la législation. Et ces solutions demandent des investissements colossaux. En effet, les normes d’émission Tier 4 Interim, pour les États-Unis, et Etape IIIB, pour l’Europe, seront applicables sur les engins de production à partir du 1er janvier 2011. Un an plus tard, les normes EPA Tier 4 Final et Etape IV brûleront les étapes avec des émissions d’oxyde d’azote et de particules qui devront être proches de zéro. Ce mois-ci, notre dossier s’est donc penché sur la question et, à vrai dire, il n’y a pas de solution unique, et encore moins de solution simple. En reprenant les interventions de l’atelier consacré aux moteurs thermiques industriels, lors du dernier congrès de la Sim, on s’est aperçu que les pétroliers attendent à leur tour de savoir ce que les motoristes veulent construire pour imaginer, de leur côté, les lubrifiants et les carburant dont ils se serviront pour améliorer la combustion. Les choix qui devront être faits dans les mois à venir engageront les constructeurs pour des années.
On se rend compte qu’un long chemin a été parcouru depuis le premier moteur diesel développé par M. Diesel, en 1897, qui pesait 4 tonnes et développait 20 chevaux. Aujourd’hui, les moteurs diesel de 6 cylindres développent 650 chevaux et pèsent seulement 2 tonnes.
À problème complexe, réponses complexes. Ce sont donc des spécialistes qui s’expriment sur des sujets aussi variés que les méthodes de réduction des émissions polluantes à la source, l’amélioration du rendement, la combustion à faible température et l’oxycombustion, sans oublier la désulfuration des combustibles.
Et pour un avenir un peu plus lointain, on a inclus un développement sur les véhicules hybrides, destiné à réduire les émissions de CO2. Bref, rien n’arrête le progrès, mais trop y croire ne signifie pas qu’il y ait eu réellement progrès : c’est l’ensemble de la société qui doit évoluer.
Mines & Carrières, n°157, mars 2009
Un peu d’espérance
Difficile de ne pas parler du salon Intermat ce mois-ci. Le dossier lui est d’ailleurs entièrement consacré avec une sélection de matériels et de services que l’on verra dans l’exposition, et plus tard en carrière. Il est inévitable en tout cas d’évoquer ces entreprises qui ont choisi de ne pas venir à ce grand rendez-vous. Par crainte de ne pas voir leurs clients se déplacer sur leur stand, pour mieux se consacrer à leur activité en étant plus proches de leurs clients, a-t-on entendu. D’autres arguments ont été avancés, et on peut citer la volonté de ne plus engager de frais. Là, au moins, on ne tergiverse pas : on ne vend plus, donc on ne dépense plus. C’est cet argument qui fait craindre le pire aux organisateurs du salon : ils imaginent en effet que les visiteurs professionnels, habitués d’Intermat, se sont vus réduire leur budget de déplacement, et donc ne feront pas le voyage. Pour un salon consacré aux professionnels de la construction et de l’industrie des matériaux, c’est bien étrange. Car c’est ce secteur et celui de l’immobilier qui ont directement ou indirectement contribué pour moitié à la croissance de ces dix dernières années, comme l’a rappelé récemment l’Insee. “De nombreux secteurs ont bénéficié du boom de l’immobilier”, reconnaît de son côté l’économiste Michel Mouillard(1), citant pêle-mêle l’équipement des ménages, l’entretien des appartements, mais aussi les services qui lui sont liés comme le jardinage. “Si l’immobilier continue sa descente aux enfers, il accentuera fortement la dépression économique”, prévient-il. Le secteur peut redémarrer dès l’été prochain si la crise financière est résolue et “si la Banque centrale européenne retrouve la raison en appliquant une politique monétaire expansionniste, avec une baisse des taux de refinancement et une mise à disposition rapide de nouvelles ressources sur le marché”, lance l’économiste. Pourquoi ? Selon lui, la situation actuelle est un “scandale”, car les autres pays (non européens) facilitent le refinancement bancaire, ce que l’Europe ne fait pas, apparemment. Ce spécialiste souhaite avant tout la création d’un gouvernement économique de la zone euro ; dans le cas contraire, il craint que la situation ne se détériore sans qu’on puisse espérer un redémarrage avant 2011 ou 2012. Le sujet est vaste et Intermat sera un moyen de prendre le pouls de la profession, du moins, on peut le souhaiter.
Autre sujet de préoccupation : le développement durable. On en parle à travers les lignes du dossier, car les constructeurs ont fait beaucoup d’efforts ces derniers temps, notamment sur les moteurs pour en limiter les émissions polluantes. D’ailleurs, on peut se demander si la période actuelle n’est pas une chance pour repenser le développement durable. Notre modèle de croissance a montré qu’il n’était pas durable, lui, “tant il est générateur de dégâts environnementaux et de souffrances sociales”, explique Denis Clerc, économiste. Selon lui, cette crise peut avoir des retombées triplement positives : “Elle marque la fin du marché autorégulateur, elle contraint à s’interroger sur une plus juste répartition des revenus et une limitation des gains les plus extrêmes, elle oblige aussi à bâtir notre développement sur des bases plus durables.” Dans ce dernier cas, il faut que l’Etat ait un rôle à jouer dans ces évolutions ; on pense au Grenelle de l’environnement avec son cortège de mesures destinées à aider les ménages à financer des investissements générateurs d’économies d’énergie. La fiscalité en est un point important. Par ailleurs, on verrait bien l’Etat et les collectivités territoriales dans un autre rôle que celui de pourvoyeur de fonds. L’exemple du financement des maisons à
15 euros par jour est une bonne idée, mais si elles sont éloignées de tout, on risque d’avoir à nouveau recours à la voiture.
Ce qui est certain, c’est que la période actuelle amène à se poser des questions, qui nous feront bien progresser. Espérons-le.
(1) Professeur d’économie à l’université Paris X Nanterre, et directeur scientifique de l’observatoire Clameur (Connaître les loyers et analyser les marchés sur les espaces urbains et ruraux).
Mines & Carrières, n°156, février 2009
Un peu de lumière
Ce mois-ci, le dossier s’intéresse aux ressources minérales, au sens large, en reprenant les interventions de l’atelier consacré à ce thème lors du dernier congrès de la Sim, à Limoges. Beaucoup de sujets y sont évoqués, de l’énergie à la question de l’eau, en passant par l’adéquation à trouver entre réserves et besoins en matières premières métalliques ; il est aussi question du devenir des minéraux industriels et des multiples exigences réglementaires pour obtenir l’accès à la ressource. Les préoccupations de la profession sont nombreuses ; elles montrent que la France a vécu durant deux siècles en développant la recherche des ressources, tant sur son territoire qu’à l’étranger. L’exploitation de ces matières premières lui a assuré une certaine autonomie et une réelle indépendance. Mais le manque d’intérêt que nous subissons depuis quelques décennies pour ces domaines touche aussi bien l’industrie que la recherche et, bien évidemment, la formation. Face à l’euphorie économique des pays émergents, il a semblé opportun de s’interroger le temps d’un atelier sur les raisons de ce bouleversement de stratégie qui conduit notre pays à la dépendance.
Cet inventaire des ressources peut faire penser naïvement que, en parallèle, un inventaire des besoins a été mené. On peut estimer que oui... Mais si on regarde le problème du côté des pays émergents, on ne doit pas s’étonner de ce qu’ils pensent de notre préoccupation en matière de ressources : celle de voir des compagnies internationales, en Afrique notamment, qui “jouent leur jeu”, comme le reconnaît Philippe Chalmin, professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine. Selon lui, pas un seul pays de ce continent ne s’est développé grâce aux matières premières. Elles sont malheureusement l’objet de convoitises à l’origine de nombreux conflits. Et de citer la RDC, théâtre d’affrontements sanglants, depuis quelques mois, financés par ces ressources naturelles. Peut-on parler de développement de ces pays ? Ce spécialiste des matières premières, qui dirige le rapport Cyclope sur leur évolution, parle de malédiction des matières premières. “Elles font obstacle à la construction d’une gouvernance saine”, annonce-t-il. Une classe politique déconnectée des réalités, bloquée sur les richesses et le confort que leur confère le pouvoir, une armée et une administration qui règnent sur des Etats moribonds appuyés sur des béquilles telles que l’aide au développement fournie par la France. “Il faut craindre la présence de ces matières premières plutôt que l’espérer”, juge le spécialiste.
Et la Chine dans tout cela, quel rôle joue-t-elle en Afrique ? De récents articles dans les quotidiens nationaux ont fait état du “jeu” maîtrisé par ce nouvel explorateur, proposant des visas pour son pays, sans aucun problème, contrairement à la France ; ses produits sont présents sur de nombreux marchés africains et à des prix très abordables, d’ailleurs.
Au XVIIIe siècle, Montesquieu faisait appel aux savants pour réaliser un projet d’histoire physique de la Terre, à savoir d’une histoire naturelle, géographique et géologique, qui étudierait les variations de l’équilibre naturel produites par l’activité humaine. Il voulait interroger le rapport entre l’aspect physique et l’aspect moral ; il souhaitait mettre l’accent sur les changements intervenus “de la main de l’homme qui ont donné une nouvelle face à la Terre”. Que dirait-il de ce siècle et de nos préoccupations bien peu éclairées ?
Mines & Carrières, n°155, janvier 2009
Bon et rebond
E n traitant de l’usure, le dossier de ce mois se penche sur une des activités quotidiennes de l’exploitant, celle qui permet de distinguer un bon exploitant d’un autre. Il est comment, l’autre ? Il fait mal son travail ? Il est moins consciencieux ? Non, pas vraiment s’il sait changer les pièces d’usure aux périodes prescrites par les constructeurs, il lui manque seulement ce qui ne s’apprend pas à l’école, mais au quotidien, en questionnant les plus anciens qui ont leurs petits trucs sur les réglages des machines, des astuces glanées lors des rencontres avec d’autres techniciens, une manière de voir les choses qui ne s’acquiert qu’en se frottant à la réalité. Comme le rappelle le témoin de ce dossier, Denis Petrini-Poli, qui a consacré une quarantaine d’années de sa vie professionnelle au traitement des matériaux, “le capital expérience ne sera pas renouvelé”. De quoi s’agit-il au juste ? De cette expérience qui ne se transmet que par oral, un peu comme on le pratique lors des changements de poste en avertissant le nouvel arrivant des disfonctionnements qu’il y a eu durant le poste qui vient de s’achever. Pour reprendre les arguments de ce grand professionnel, il faut savoir que nous vivons dans un secteur où l’expérience s’accumule, et où les salariés les plus âgés sont ceux qui connaissent le mieux leur métier. Le contraire de l’informatique. Autrement dit, quand un ancien part à la retraite, l’exploitant a des soucis à se faire, car ce départ est synonyme de fuite des connaissances sur le fonctionnement de son installation. Bien sûr, on peut penser que tout est perfectible et qu’avec les connaissances techniques des nouveaux recrutés, on pourra se sortir de n’importe quelle situation. Les machines sont modernes, avec beaucoup d’asservissements, et si rien ne fonctionne, on pourra toujours appeler le constructeur. Et si la situation empire, on aura recours à la garantie, si du moins elle est encore valable... A moins, bien sûr, que ce vénérable ancien n’ait pris le soin de noter dans un journal de bord les faits et gestes qui constituaient sa vie au quotidien, dans la carrière. On peut toujours rêver ! Car qui prend le temps de consigner tout ce qui lui arrive ?
Et pourtant, les installations tournent. C’est vrai, mais elles pourraient mieux fonctionner. Comment ? Par la formation et la collecte d’informations. Pour plus de détails, lire l’interview.
En cette période d’incertitude, l’exploitant doit donc se rassurer, et rassurer son personnel. D’abord pour éviter de s’engager dans ce qui ne sera pas rentable demain (il définit sa stratégie), et puis pour veiller à ce que rien ne soit entendu ni interprété comme de fausses promesses. Il lui faut donc discuter, échanger, recadrer le cas échéant, et rassembler les efforts de chacun sur l’essentiel (il encadre son équipe au plus près). Il lui faut donc être pédagogue. Pour mieux rebondir.
Mines & Carrières, n°154, décembre 2008
Lendemain de fête
Parmi le cortège des mauvaises nouvelles publiées dans les journaux en cette fin d’année, on pouvait lire récemment qu’une entreprise française se porte bien, et qu’elle envisage même une croissance à deux chiffres de son prochain résultat trimestriel. Quelle est sa recette ? A vrai dire... elle n’évolue pas dans le vaste secteur de l’industrie minérale, ce qui la sauve peut-être. Cette société de vins et spiritueux laisse deviner son nom sur le nez des habitués de comptoirs aussi facilement qu’on imagine leur addiction à son produit phare à la forme de leur estomac... Son nom évoque à lui seul le soleil et le farniente, un circuit de course automobile, et on pourrait même lui donner une odeur, si cela était possible. Quels clichés ! Oui, mais le nom donné à cette boisson alcoolisée signifie aussi ennui, situation désagréable ou confuse (quel pastis !). Un peu ce que l’on vit aujourd’hui, comme un lendemain de fête. Tout le monde est parti, et il y a un grand ménage à faire. On se doute bien que la soirée a été bruyante, et qu’elle a passé très vite. Un peu comme l’année 2008, d’ailleurs. Le parallèle est facile à faire, comme une brève de comptoir qui se raconte aussi vite qu’elle s’oublie. En tout cas, qui aurait pu se douter, il y a un an, qu’on arriverait à Noël avec des perspectives aussi sombres ? Les cours des métaux de base, par exemple, ont connu une progression quasi ininterrompue durant ces cinq dernières années, et puis leur marché a été frappé de plein fouet cet été par la récession économique touchant l’Europe et les Etats-Unis. Même remarque pour les métaux échangés au London Metal Exchange : le cuivre, l’étain et l’aluminium ont perdu le tiers, voire la moitié de leur valeur. Dans le prochain dossier de Mines & Carrières, consacré à l’usure, un industriel explique qu’il s’approvisionne auprès de grands opérateurs du recyclage. Mais puisque le secteur automobile, qui l’alimente, fonctionne à petite vitesse, ces professionnels de la récupération ne peuvent pas s’approvisionner en chutes de métal, et donc n’ont presque rien à vendre sinon de la ferraille dont les prix n’obéissent plus aux lois du marché, avec des tarifs fixés à l’année, mais au plus offrant. C’est à prendre ou à laisser. Et pour travailler, notre fondeur doit en acheter. C’est un vrai paradoxe quand on sait que le prix actuel du minerai de fer est au plus bas. En carrière, c’est un peu la même chose : la surchauffe de ces dernières années laisse croire que les exploitants auront du temps désormais pour refaire leurs stocks, et entretenir leur installation. Mais justement, s’il y a un indice de la bonne santé du secteur, c’est bien celui de la vente de pièces d’usure. On en parlera le mois prochain.
D’ici là, ce qu’on apprend fait grincer des dents. Plusieurs constructeurs ne viendront pas à Intermat. Ils ne reprochent absolument rien à cette belle manifestation, seulement certains pensent que leurs clients étrangers ne viendront pas les voir, et d’autres préfèrent se recentrer sur les services qu’ils apportent à leurs clients. Il y a des organisateurs de salon qui feront la gueule... de bois !
Mines & Carrières, n°153, novembre 2008
Incertitude radicale
Et maintenant, que va-t-on faire ? Après s’être retroussé les manches ces dernières années pour produire sans interruption ou si peu, sans avoir relevé la tête pour voir ce qui allait survenir, on est un peu étonné de ce qu’on lit dans les journaux : est-ce bien réel ? Car ce sont d’abord les groupes miniers qui ont été touchés dans ce vaste secteur de l’extraction. Les coupes budgétaires sont à la mesure des projets : démesurées. Est-ce que les carrières subiront, elles aussi, cette récession au quatrième trimestre, dont on n’arrête pas de parler, et plus tard en 2009 ?
Certes, le marché est moins tendu, les commandes plus espacées en cette fin d’année. On a l’impression d’être sur un navire de fort tonnage dont on a arrêté les machines, mais qui est toujours en mouvement, glissant sur son erre. Seul le vent fait sentir que l’on avance mais... dans le brouillard. La conduite à tenir, c’est peut-être de souffler, prendre du temps pour réfléchir, et puis remettre l’installation en ordre, inspecter ce qui grince, ce qui coince, et ce qui doit être changé. C’est aussi veiller aux dépenses. D’ailleurs le mot d’ordre est “faire des économies”, même si on sait qu’il faudra dépenser pour entretenir le matériel. Alors on optimise, on repousse les investissements qui peuvent l’être, et on oublie les rêves d’expansion, car on ne sait pas de quoi demain sera fait dans les exploitations. Ceux qui sont chargés d’établir des prévisions pour l’année à venir ne le savent pas non plus. Les experts de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) parlent même “d’incertitude radicale”. A ce point, les chiffrent avancés ne veulent pas dire grand-chose. On peut toujours citer les chiffres que ces spécialistes envisagent comme perspective de croissance pour 2009 : entre -3 % et 0 %. C’est loin de faire rêver. Et dans ce qu’ils ont prévu, les produits chers achetés à crédit encaisseront une chute brutale de leurs ventes. L’automobile arrive en premier, suivie du bâtiment, tous deux suivis de leurs fournisseurs. Sur ces secteurs, les pronostics de chute d’activité se situent aux alentours de 10 %. Etant donné que les filières construction, automobile et banque représentent à elles trois près d’un cinquième de l’activité productive française, ça risque de faire mal !
“Les prévisions sont difficiles, surtout quand il s’agit de l’avenir”, disait Pierre Dac. Mais certains ont parié sur le bon cheval. Dans l’activité minière, par exemple, le rachat interrompu de Rio Tinto par BHP est plutôt salutaire à ce dernier, qui a évité d’éponger les 39 milliards de dollars de dettes liés à l’acquisition d’Alcan par Rio Tinto. Résultat : pour satisfaire ses actionnaires, ce groupe anglo-australien pense à se libérer d’activités non stratégiques. En France, Rio Tinto possède Talc de Luzenac. La rumeur d’une séparation court déjà, ce qui pourrait faire les affaires d’Imerys. Ailleurs, dans le nickel, rien ne va plus : les cours chutent et Eramet1 doit stabiliser sa production et réduire aussi celle du manganèse. Ses actionnaires ont beaucoup perdu car l’action était montée très haut cet été. Là encore, les actionnaires (dont Areva et la famille Duval) ne se sont pas décidés sur leur participation assez tôt.
On ne voit pas bien où le vent nous mène. On sent, parfois, que la barre ne répond plus. Et on a vraiment l’impression d’être mené en bateau.
(1) Cf. article “Prophéties pour le nickel”, dans ce numéro.
Mines & Carrières, n°152, octobre 2008
Vivement l’année prochaine
À Limoges, le congrès de la Sim a été une brève parenthèse dans un monde enclin à céder à la panique. Même si, à certains moments, on pouvait en
douter : en se promenant dans les allées, on entendait évoquer les bonnes années (pas si éloignées que cela) et on sentait poindre un brin de nostalgie, un désir d’on ne sait quoi face à cet avenir qu’on nous dépeint de manière un peu sombre. Ce fut tout de même un beau congrès, avec beaucoup de matériels exposés (on n’en a jamais vu autant), de nombreux visiteurs (plus de 3 000), un nombre d’exposants jamais atteint (230 stands) et ...un parc des Expositions au confort rudimentaire qu’il a fallu aménager pour le rendre présentable. Ce salon est le plus grand que la Sim ait organisé avec sa régie publicitaire (RPI), et on peut se poser des questions sur le prochain qui aura lieu à Mulhouse : y aura t-il autant d’exposants ? Combien de visiteurs feront le déplacement ? Et dans quel contexte économique se déroulera-t-il ? Une chose est sûre, le site (le palais des Congrès de la ville) se prête mieux à l’accueil et au confort des congressistes et des exposants.
Autre sujet de conversation : les banquiers (il est assez étonnant qu’une profession cristallise à ce point les amertumes du moment). D’ailleurs, au congrès, il ne faisait pas bon se dire banquier auprès de certains entrepreneurs. Eh oui ! En dehors du fait que le dialogue n’est pas toujours facile entre patrons de PME et professionnels du prêt, la crise n’arrange rien : on a appris (toujours à Limoges) que des clients auraient gelé le paiement de leurs factures, entraînant des difficultés de trésorerie pour les entreprises ; on a aussi parlé de commandes reportées et de pressions supplémentaires des banques sur les sociétés. Certes, des banques européennes se sont peut-être tenues à distance prudente des dévoiements de leurs consœurs américaines, il n’empêche qu’elles ont gagné la triste réputation de cupides effrénées et de partenaires frileuses. Comme au football, elles clament le retour aux fondamentaux, annonçant que leur métier n’est pas de financer des pertes.
D’où viendra le salut ? Une bouffée d’air frais pourrait venir de la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement dans les domaines du bâtiment et des transports. Les programmes concernant le bâtiment devraient absorber 205 Md€. Ces chantiers devraient permettre de maintenir 235 000 emplois. Concernant les transports, les projets sont de taille : doublement du réseau TGV, lancement du canal Seine – Nord Europe et soutien au fret, hors routier.
Le temps passe vite, mais pas assez. On aimerait être plus vieux d’une année, histoire de voir ce qu’aura donné le congrès de Mulhouse.
Mines & Carrières, n°151, septembre 2008
Vu du ciel
Cette année, le congrès de la Sim vous offre l’occasion de découvrir un site unique et de renommée internationale : Rochechouart et ses environs. Il y a 219 millions d’années, à la fin du Trias, la chute d’une météorite a créé un cratère d’impact de 20 km de diamètre, dégageant une énergie évaluée à plusieurs millions de fois celle de la bombe atomique d’Hiroshima. Cette météorite géante avait une masse estimée à 6 milliards de tonnes et une vitesse de 20 km/s. Sur place, il est possible d’observer tous les stades du métamorphisme de choc, allant d’une simple fracturation à l’échelle du minéral, jusqu’à une fusion et même une sublimation de roche au cœur du cratère, où la température a atteint près de 10 000 °C, et une pression de 1 à 10 millions de bars ! Les preuves de la chute sont les impactites, des roches terrestres éclatées en brèches et partiellement vitrifiées sous la violence de l’impact. Il est possible d’en trouver des traces dans le bâti de la ville, sur la façade de l’église de Rochechouart notamment. Vu du ciel, ce cratère est fondu dans le paysage à cause de l’érosion.
La Terre vue du ciel. Deux projets s’intéressant à la Terre ont fait l’actualité ces dernières semaines : le premier, OneGeology, vise à réaliser une carte géologique numérique du globe terrestre par la mise à disposition sur un serveur Internet des données cartographiques d’environ 80 pays. Le second doit cerner avec précision les formes de la Terre pour étudier les éléments qui la composent ; il s’appuie sur le lancement du satellite Goce, équipé d’accéléromètres qui mesureront les composantes de gravité, comme la surface de référence de notre planète et ses anomalies gravitationnelles. Grâce à ce satellite, les géologues pourront améliorer leur compréhension de la formation des bassins sédimentaires ou des réservoirs pétroliers.
Prendre de la hauteur. C’est ce que proposent les ateliers du congrès avec – cette année – un sujet commun aux deux sections de la Sim, Exploitation et Valorisation, dressant l’inventaire des ressources minérales en France, le jeudi 16 octobre, à 8 h 30. Un moment fort qui permettra de prendre du recul par rapport à ce que l’on peut lire dans la presse sur la cotation des minerais, les rachats de groupes miniers et la surchauffe des Bourses mondiales. Les analyses qui seront exposées enrichiront celles menées par la Commission européenne, sans laquelle nos industries ne peuvent pas espérer ce sursaut tant attendu, celui qui conduit malheureusement notre pays à une réelle dépendance énergetique.
En espérant que le ciel ne nous tombe pas sur la tête d’ici là, on se retrouve au congrès.
PS. La Sim vient de publier une nouvelle édition du Guide de l'exploitant, parue en hors-série de Mines & Carrières : Empoussiérage et dépoussiérage, et qui est distribuée avec le numéro d'octobre. L'ouvrage Le Recyclage de la Sim est sur le point d'être publié. Voir les pages 167 et 173 pour plus d’informations et n'hésitez pas à venir sur le stand de la Sim pour découvrir ces ouvrages.
Mines & Carrières, n°150, juillet/août 2008
Les plombs ont fondu
O n ne respecte plus rien. À la lecture des journaux d’été, un peu maigres en cette saison, on pouvait récemment découvrir un entrefilet bien étonnant sur l’émoi causé par la multiplication des vols de métaux en Hongrie ; on pourrait d’ailleurs l’être tout autant avec ce qu’il se passe France mais, chez les Magyars, la réalité dépasse une certaine fiction qu’on a du mal à imaginer. La preuve : le butin de ces quatre dernières semaines, pour la seule ville de Budapest, s’élève à trois statues de bronze, des mètres de câble électrique pour les trains et les tramways, mais aussi des équipements divers provenant d’une école de chiens guides d’aveugles, dont la lourde clôture métallique ! Selon le chef de la police, la valeur des objets n’est pas nécessairement importante, mais les conséquences de ces vols peuvent conduire à des désastres humains et financiers. On peut le comprendre. Rien n’arrête la cupidité des gredins. Des objets d’art sont volés pour être fondus, des cloches d’églises sont même décrochées des clochers pour subir le même sort. Comme l’a dit un auteur passé à la postérité : “L’humanité serait depuis longtemps heureuse si les hommes mettaient tout leur génie non à réparer leurs bêtises, mais à ne pas les commettre”.
On aimerait que ces voleurs soient expédiés sans manière sur une île déserte pour vivre selon leurs propres moyens, un peu à la façon dont Jules Verne a imaginé la vie des héros de l’Île mystérieuse, jetés sur une grève, parmi les flots d’une mer en furie, et qui ne doivent leur salut qu’à leur instinct de survie. Sur cet îlot perdu en plein océan Pacifique, ils ne tardent pas à s’organiser, à vivre presque normalement en tirant de la terre de quoi améliorer leurs conditions de vie : du minerai de fer, du charbon, de la houille, de l’argile et d’autres ressources pour créer des outils, des ustensiles de cuisine, des armes et en concevant une briqueterie, un four à poteries, une forge...
Un article dans ce numéro double de juillet-août présente les thèmes abordés récemment lors d’un symposium mondial sur le minerai de fer. Il apparaît que la Chine tire la consommation vers le haut, comme chacun le sait, qu’aucun autre pays ne peut prendre le pas derrière elle, que les projets sortent comme les escargots après la pluie et qu’on ne voit pas pourquoi et comment s’arrêtera cette demande en fer. Les freins à ces projets sont d’ordre matériel : du matériel, justement, qui ne vient pas, et des livraisons qui tardent. Pourquoi ces vols en tout genre devraient-ils cesser puisqu’ils créent quelque part une économie parallèle ? Une économie dont profitent sans le vouloir les grands métallurgistes ? C’est peut-être aller un peu loin, mais il y a de quoi fondre les plombs !
Trêve d’imagination. Bonne vacances et bon été à ceux qui partent, et à la rentrée !
Mines & Carrières, n°149, juin 2008
Il est beau mon camion
A quoi sert un camion en carrière ? C’est la question que l’on s’est posée en entamant ce dossier. Bien souvent, son utilisation est le fait d’un tiers : un transporteur, voire un routier (d’une entreprise de construction routière) qui vient chercher des matériaux, passe se peser sur la bascule et repart d’où il est venu. Le dossier s’est donc intéressé à un véhicule dont on ne parle pas souvent, car il est commun (c’est vrai, on en voit partout). Comparé à un tombereau de l’échelon de production qui charrie des tonnes de matériaux à longueur de journée, un camion n’a rien d’extraordinaire. Sauf peut-être la peinture de la carrosserie qui n’est pas toujours jaune comme celle d’un tombereau, mais c’est un détail.
Et pourtant, à le regarder de près, on s’aperçoit qu’il y a de la technique dans un camion, et qu’il a camion et camion... D’ailleurs certains peuvent entrer dans la carrière, mais seulement dans l’enceinte réservée à la livraison des matériaux, car ils sont d’abord destinés à la route. Les constructeurs ont imaginé une deuxième catégorie, plus rustique, plus solide aussi, dotée cette fois d’une transmission tout terrain adaptée au roulage sur les pistes. Ces camions sont agiles, assez légers pour transporter une charge lourde (moins lourde toutefois que celle d’un tombereau articulé) et surtout, ils consomment beaucoup moins qu’un tombereau. Quelques exploitants les utilisent lorsque les pistes sont praticables, souvent parce qu’ils sont aussi moins chers à l’achat. Le dossier présente deux exploitants qui se servent de ces camions en lieu et place d’un tombereau articulé, sans pour autant avoir renoncé à se séparer du tombereau. Ce n’est pas l’objectif visé par les constructeurs, car ces derniers savent que leurs camions ont un usage unique, et ne sont pas conçus pour le hors-piste. La preuve : pour se servir d’un tel véhicule en carrière, il faut lui adapter une protection ROPS et une protection FOPS pour pallier les mauvais coups. Il s’agit donc de camions assez solides, mais qui ne sont pas voués à remplacer les tombereaux. Cela se saurait sinon. En réalité, ces deux types de véhicule ne sont pas destinés aux mêmes utilisateurs, voire au même public. Le métier d’un exploitant de carrière n’est pas de transporter des matériaux, et même si certains le font, cela doit rester une exception. Une exception qui confirme la règle : un camion n’est pas un engin de carrière. Cette fois, on est d’accord avec la Drire.
Mines & Carrières, n°148, mai 2008
L’imagination prend le pouvoir
Tout sauf l’explosif. Ce mois-ci, le dossier s’intéresse aux modes d’extraction alternatifs. Il y en a, mais peu nombreux et assez classiques. Des exploitants ont cependant fait le choix de supprimer le minage pour le remplacer par l’un d’entre eux. Un article présente d’ailleurs un exploitant du Sud de la France qui, après avoir fait ses calculs, a supprimé les tirs de mine pour extraire son calcaire à la raboteuse. D’un point de vue financier, il s’y retrouve. Le débit ? Il suit. Les poussières ? Abattues. Ce qui montre qu’il faut être ouvert et voir ce qu’il se passe ailleurs. On peut d’ailleurs se poser la question de savoir si l’expérience peut être répétée sur un autre site, ce qui ferait plaisir au sous-traitant qui a récupéré le marché, et qui a une expérience à faire valoir. L’exploitant, lui, peut se concentrer sur d’autres préoccupations, le foncier notamment. Ce qui amène à rebondir sur un autre sujet d’actualité, développé dans les pages de brèves de la revue : l’Unicem a convié la presse pour faire part de son inquiétude sur les ambitions exprimées par les pouvoirs publics en matière de construction de logements et d’infrastructures : comment faire face au programme de construction des 500 000 logements par an au cours des années à venir ? Le syndicat demande à “l’ensemble des acteurs politiques nationaux et locaux de vérifier soigneusement, dans chaque département, si l’accès autorisé à la ressource en matériaux de construction suffira aux besoins des dix à vingt prochaines années”. Et face à cela, l’Etat ne dispose d’aucun outil fiable de recensement, à moyen ou long terme, des réserves autorisées de granulats ni des constructions à démolir, dont il sera possible de recycler les matériaux. Bref, là encore, rien ne change et les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Remonté comme une pendule, l’Unicem formule donc ses propositions aux pouvoirs publics, parmi lesquelles on note l’établissement d’un état des réserves autorisées mis à jour régulièrement pour chaque département, la révision des schémas départementaux des carrières au regard de la satisfaction des besoins liés aux projets de développement régional, l’autorisation pour 30 années d’exploitation établie en tant que règle et l’unification des critères de recevabilité.
Il y a 40 ans, une certaine agitation mobilisait gens d’armes et gens de lettres, étudiants, syndicats et patronat, dans les usines et dans les villes, pour plus de liberté, pour interdire d’interdire. La situation a paru explosive. On a même parlé de chienlit. Peut-être en reparlerons-nous d’ici peu, en ce qui nous concerne...
Mines & Carrières, n°147, avril 2008
Rendre coûts pour coups
Chaque année, les Cram recensent les accidents graves, voire mortels, occasionnés par des convoyeurs. Le dossier de ce numéro se penche sur la question, car on peut se demander comment il est encore possible que de telles calamités se produisent, malgré l’arsenal de règles et de consignes mis au point par la profession, avec l’aval des préventeurs et de l’administration. Certes, il est facile de pointer la négligence de la victime, mais c’est parfois un peu hâtif. La réflexion mérite d’être approfondie, car il semble que des accidents récents aient montré que l’inaccessible peut devenir accessible... Il semble que l’infraction au règlement soit une des causes, sinon la cause de l’accident, avec des protections inexistantes, ou pire, des protections neutralisées. Sur ce point, il est difficile de lutter contre ce qui relève de l’inconscience. Pour le reste, il est intéressant de s’attarder sur des expériences positives, comme celle de cet exploitant d’une carrière du nord de la France, qui a su manier inventivité et créativité pour tendre vers le zéro accident. La Cram a même participé au financement de ses protections rapprochées, tant elle les a jugées adaptées à l’exploitation. Pour que la fatalité n’existe plus, et que l’exploitant ne prenne pas trop tard les bonnes résolutions, il lui appartient de s’attaquer à la cause des problèmes (décentrage de bande, salissures, convoyeur qui patine...) au lieu d’en gommer les effets par des opérations improvisées et dangereuses. Les installations les plus récentes (notamment celles des groupes) évitent tout simplement le problème : le convoyeur est réglé une fois pour toute lors de sa mise en route et toute approche est interdite lors de son fonctionnement. C’est radical, mais à la réflexion, le coût d’une indemnisation et bien supérieur à celui de la modernisation d’une installation.
PS : Jetez vite un coup d'œil aux pages 30 et 31 de ce numéro pour découvrir les thèmes abordés aux ateliers du congrès Sim de Limoges. Et retenez d'ores et déjà la date du 14 octobre pour vos visites techniques !
Mines & Carrières, n°147, avril 2008
Rendre coûts pour coups
Chaque année, les Cram recensent les accidents graves, voire mortels, occasionnés par des convoyeurs. Le dossier de ce numéro se penche sur la question, car on peut se demander comment il est encore possible que de telles calamités se produisent, malgré l’arsenal de règles et de consignes mis au point par la profession, avec l’aval des préventeurs et de l’administration. Certes, il est facile de pointer la négligence de la victime, mais c’est parfois un peu hâtif. La réflexion mérite d’être approfondie, car il semble que des accidents récents aient montré que l’inaccessible peut devenir accessible... Il semble que l’infraction au règlement soit une des causes, sinon la cause de l’accident, avec des protections inexistantes, ou pire, des protections neutralisées. Sur ce point, il est difficile de lutter contre ce qui relève de l’inconscience. Pour le reste, il est intéressant de s’attarder sur des expériences positives, comme celle de cet exploitant d’une carrière du nord de la France, qui a su manier inventivité et créativité pour tendre vers le zéro accident. La Cram a même participé au financement de ses protections rapprochées, tant elle les a jugées adaptées à l’exploitation. Pour que la fatalité n’existe plus, et que l’exploitant ne prenne pas trop tard les bonnes résolutions, il lui appartient de s’attaquer à la cause des problèmes (décentrage de bande, salissures, convoyeur qui patine...) au lieu d’en gommer les effets par des opérations improvisées et dangereuses. Les installations les plus récentes (notamment celles des groupes) évitent tout simplement le problème : le convoyeur est réglé une fois pour toute lors de sa mise en route et toute approche est interdite lors de son fonctionnement. C’est radical, mais à la réflexion, le coût d’une indemnisation et bien supérieur à celui de la modernisation d’une installation.
PS : Jetez vite un coup d'œil aux pages 30 et 31 de ce numéro pour découvrir les thèmes abordés aux ateliers du congrès Sim de Limoges. Et retenez d'ores et déjà la date du 14 octobre pour vos visites techniques !
Mines & Carrières, n°146, mars 2008
Prix de la (re)connaissance
La Sim renouvelle cette année son opération de promotion du Prix jeunes. Pour ceux qui ne le savent pas encore, il s’agit de récompenser un travail organisé dans le cadre d’un stage ou d’un projet d’entreprise, dont le résultat est de mieux faire connaître l’industrie minérale. La récompense consiste en une invitation au congrès de Limoges, un chèque de 2 000 € à partager entre les deux lauréats et un abonnement de deux ans aux publications de la Sim. Comparées aux sommes qu’Eurovia met en jeu pour primer le meilleur projet de fin d’études, celles de la Sim font pâle figure. Il n’y a bien sûr pas de comparaison à établir entre les deux organisateurs, dont l’un, entreprise internationale de plus de 38 000 salariés, réalise un chiffre d’affaires dépassant les 7 milliards d’euros, et l’autre est une association technique aux résultats financiers plutôt symboliques. Il n’empêche que c’est le partage des connaissances qui lie les deux prix et les deux structures. Certes, chez Eurovia, les lauréats seront mieux rétribués, mais qu’importe la somme : au-delà de cette considération matérielle, la reconnaissance du travail est une belle chose, surtout aujourd’hui, où ces jeunes – nos jeunes – évoluent dans une société qui révèle une estime de soi bien fragile, souvent le fait de personnalités narcissiques, ignorantes d’une véritable altérité, accordant peu d’intérêt au lien social et à la recherche d’un bien commun. Or, qui n’aspire pas à être reconnu ? Selon les sociologues, il s’agit d’un véritable phénomène social. Nous avons besoin du regard des autres pour avoir une image positive de nous mêmes. En groupe ou individuellement, nous sommes en quête d’une reconnaissance de notre singularité. C’est d’autant plus vrai dans le monde professionnel où nous avons besoin d’être reconnus comme utiles à la collectivité, voire plus, de laisser une trace. Et lorsque c’est pour une bonne cause, celle de la connaissance, autant le faire savoir.
Pour être court, celles et ceux qui veulent concourir au Prix jeunes de la Sim doivent faire parvenir une note de 2 pages résumant leur travail, d’ici au 13 juin 2008, en prenant le soin de préciser leurs coordonnées, et celles de leur tuteur. Alors, à vos stylos !
Mines & Carrières, n°145, février 2008
Tout est dans la mesure
Le Seimat1 a annoncé pour l’année 2007 un chiffre d’affaires de 4 Mds d’euros, un résultat qui englobe à la fois la vente de matériels, celle des pièces de rechange ainsi que la facturation des services par ses membres. Par rapport à 2006, la hausse a été de
19 %, ce qui correspond à la quatrième année consécutive de croissance à deux chiffres. Le syndicat parle d’une très bonne année, dépassant de loin les volumes historiques des années 2000 et 2001. Pour 2007, le volume des ventes a été le même que celui des prix, ce qui laisse à penser que les prix n’ont pas trop augmenté et que les constructeurs n’ont pas fait grossir leurs marges en répercutant les hausses du coût des matières premières.
Ce signe de bonne santé se remarque aussi sur les ventes de gros matériels et, sur ce point, ce sont les tombereaux articulés qui ont marqué la tendance. Avec 44 % de plus qu’en 2006, les importateurs ont remarqué que l’activité a été soutenue sur les chantiers de grands travaux. Autre point à signaler : les ventes de tombereaux rigides ont peu augmenté (5 %). Certes, les tâches de ces deux matériels ne sont pas les mêmes dans une exploitation et il semble que les ventes de tombereaux rigides obéissent plus à un renouvellement qu’à un premier achat.
Le mois dernier, Mines & Carrières consacrait son dossier aux nouveautés en concassage primaire. L’aspect économique n’a pas été pris en considération, mais il est intéressant de noter les tendances perçues par les constructeurs. Les ventes de matériels de traitement se portent bien (les chiffres sont difficiles à connaître par constructeur, qui préfèrent parler de volumes). Mais les plans de charge de leurs usines ont du mal à cadrer avec la demande du marché et il faut attendre plusieurs mois pour recevoir son concasseur ou son broyeur. En matière de renouvellement, des exploitants préfèrent changer leurs concasseurs après 5 années de service (la tendance ne concerne pas les cribles), une période à l’issue de laquelle interviennent les premières révisions (travaux sur les bagues en bronze, notamment). Le matériel rentabilisé, l’exploitant n’a qu’une idée en tête : ne pas arrêter la production en attendant que sa machine soit remise en service. Alors pourquoi ne pas faire l’acquisition d’un nouveau concasseur ? Cette tendance était vraie il y a une quinzaine d’années, et il semble que le secteur revive cette même confiance dans le marché, après être passé par une phase de réparation : on vend des matériaux, alors on ne s’arrête pas. Il faut donc s’équiper en conséquence. D’ailleurs cela se voit au niveau des stocks dans les exploitations : il n’y en a pas beaucoup. Alors, finie l’époque où l’on prenait le temps de démonter une machine pour la réparer ? Le problème est plus complexe que cela, et il ne faut pas prendre une machine isolément. Ce mois-ci, le dossier s’intéresse à la mesure en carrière. L’empirisme a vécu et il a cédé la place à la mesure, à tous les stades de la production. “Mesurer les choses, c’est savoir les comprendre”. Alors, on améliore la performance d’une exploitation en planifiant l’extraction, en optimisant l’installation de traitement, en contrôlant les émissions de bruit, etc. Le recours à la mesure est devenu indispensable et c’est l’installation complète qui est prise en compte. Là aussi, on pourrait parler de gain, car il y en a, mais sur ce sujet, le silence est (toujours) d’or.
(1) Syndicat des entreprises internationales de matériels de TP, mines et carrières, bâtiment et levage
Mines & Carrières, n°144, janvier 2008
Les pieds dans le plat
Information, communication ou pire encore, silence radio ? Sachant que toute vérité n’est pas bonne à dire, les professionnels de l’industrie minérale sont touchés, comme les autres, par ce dilemme. L’illustration en est donnée ce mois-ci par le dossier qui a pour thème : Quoi de neuf en concassage primaire ? Il est vrai que les matériels utilisés aujourd’hui ont été mis au point il y a des décennies, et que l’on assiste à une modernisation des procédés plutôt qu’à un bouleversement des techniques. Il y a plus d’asservissements hydrauliques, et moins de pénibilité pour les opérateurs qui interviennent durant les opérations de maintenance ; les machines ont davantage de capacité ; elles sont capables d’un plus gros débit, etc. Pour illustrer un tel sujet, il faut être “parlant”, avoir du vécu, et pour cela rien de mieux qu’aller en carrière pour recueillir l’avis des exploitants sur leur nouveau concasseur. “Pourquoi avoir changé ?”, “Qu’est-ce qu’il apporte de plus par rapport à l’ancien appareil ?” “D’ailleurs, où est-il parti, celui-là ?” De l’autre côté de la Méditerranée, ou à la ferraille ? Le hic, c’est que l’on se sent obligé de parler de ce qui va bien, comme si tout devait être rectiligne, histoire de ne pas déplaire et de faire plaisir à l’exploitant et au constructeur. Or, personne n’est dupe : quand on installe de tels matériels, il y a forcément des choses qui n’ont pas fonctionné, des projets qui ont avorté et qui donnent au final un compromis qui n’arrange personne. Alors, évidemment, on est bien embarrassé pour décrire ce qu’on a vu, parce que le résultat n’est pas toujours très probant. D’accord, ça fonctionne, mais on a entendu dire qu’avec un autre choix, le résultat aurait été meilleur.
Et pour les constructeurs, itou : on ne parle que de ce qui fonctionne. C’est dommage, car d’un échec ressortent souvent de bons enseignements, profitables aux autres, et qui éviteraient de faire un choix mal adapté. Vouloir être transparent, c’est bien, et peu le sont. Il y a aussi ceux qui cachent leur savoir-faire et se complaisent dans un mutisme parfait. Vivons heureux, vivons cachés, car mettre en avant ses produits (mêmes s’ils sont connus) donne des armes à la concurrence. C’est dommage, car le but d’un tel dossier n’est pas de soulever les erreurs de chacun, mais de progresser par le partage des connaissances : informer les autres, c’est s’informer soi-même, et c’est aussi mieux piloter son propre projet avec une visibilité accrue. Voilà, c’est dit, et ça va mieux.
Mines & Carrières, n°143, décembre 2007
Des modes de transport à imposer ?
Les initiatives pour pallier le manque de matériaux sont les bienvenues. L’actualité récente s’est focalisée sur le port autonome de Bordeaux, qui accueillera d’ici au printemps prochain l’entreprise Steima pour importer et stocker 300 000 à 400 000 tonnes de granite en provenance de Norvège. Là bas, sur la côte occidentale, la société possède six carrières entre Bergen et Stavanger, les plus importantes d’Europe avec presque 8 millions de tonnes de matériaux à l’année.
Comme à Anvers pour le projet Astone développé par Eurovia et son partenaire Van Wellen, les matériaux proviennent du nord de l’Europe. Ce qui distingue le projet bordelais de celui d’Anvers, c’est que Steima est à la fois exploitant de carrières et transporteur, une double casquette qui a l’avantage de ne pas grever le coût de transport : les coûts indirects maritimes sont les plus bas par rapport à ceux des transports routiers et fluviaux, selon une étude publiée en 2005 par le cabinet parisien ACT. Steima possède d’ailleurs sa propre flotte de navires autodéchargeurs et de barges pour approvisionner 40 terminaux européen.
En Gironde, l’arrivée de Steima n’est pas vue d’un mauvais œil, même si le projet concurrence faiblement la production locale. Evaluée à 7 millions de tonnes, cette dernière ne parvient pas à assumer la consommation qui, elle, s’élève à 9 millions, l’écart étant comblé par l’importation de matériaux de Charente-Maritime et de Dordogne, par camion (95 %). Voilà le hic : les camions. Le trafic routier élevé est mis en exergue par les politiques à qui il est reproché un manque d’action pour y remédier. Autre souci : les sites de réception de trains entiers sont peu nombreux, et ne facilitent pas le transbordement fer-route. Une solution envisagée serait d’imposer des critères “d’écoconditionnalité” dans le cahier des charges des appels d’offres, comme cela a été lancé pour demander aux entreprises le “coût rendu chantier” et non plus le “prix rendu”. Une évolution qui devrait se faire sous la pression des collectivités. Mais il semble irréel d’imposer des modes de transport : est-ce raisonnable de croire à une évolution dans ce sens ?
Que ce souhait se réalise en ce début d’année que nous vous souhaitons fructueuse, constructive et porteuse d’espérance.
Mines & Carrières, n°142, novembre 2007
La marche à pied
À force de marcher le long des trottoirs parisiens, bondés comme un 14 Juillet, lors des grèves du mois de novembre, on avait de quoi devenir pensif. La capitale était bloquée aux heures de pointe par de longues files de voitures, toutes stoppées les unes derrière les autres, moteur en marche et vitres fermées, dans une atmosphère saturée de gaz d’échappement. On comptait aussi tout ce qui pouvait rouler : scooters, motos, vélos –dont les fameux Vélib– qui essayaient de se frayer un chemin entre les voitures en ne respectant pas vraiment la signalisation, empruntant les sens interdits, brûlant les stops et les feux rouges ou roulant sur les trottoirs comme sur une troisième voie qui leur aurait été réservée parmi les piétons, les rollers, les poussettes, les personnes âgées, les râleurs et les indifférents. Durant ces quelques jours, Paris avait des allures de mégalopole d’Extrême-Orient. Il ne manquait plus que le pousse-pousse et le triporteur pour compléter le tableau... Ce n’était pas de la précipitation de l’on ressentait, mais de l’énervement. Alors que la semaine précédente venait de s’achever sur le Grenelle de l’environnement, un marathon de deux jours pour opérer une “révolution écologique” dans l’économie française, on était bien loin d’adopter une attitude vertueuse dans cette cacophonie. Il est vrai que, dans la confusion créée par cette grève des transports publics, chacun essayait de gagner son lieu de travail ou son logis du mieux qu’il pouvait, sans ce soucier de consommer plus de gasoil que de raison. Une fois le calme revenu, on peut se demander comment imaginer une société aussi respectueuse des besoins fondamentaux de l’homme qu’efficace vis-à-vis des défis écologiques. Gandhi avait prédit “qu’il y a suffisamment de ressources pour satisfaire les besoins de chacun, mais il n’y en aura jamais assez pour satisfaire les désirs de possession de chacun”. Un rapport de l’Onu avait évalué en 2003 qu’il suffisait d’ajouter 40 milliards d’euros aux financements internationaux de l’aide publique au développement pour satisfaire les besoins fondamentaux de l’humanité. Et, dans ce même rapport, on pouvait aussi lire que les dépenses mondiales de publicité s’élevaient à 400 millions de dollars. Elles sont dorénavant de 700 milliards.
Le rapprochement de ces chiffres peut paraître perfide, mais il montre que nos désirs fondamentaux sont du côté de l’être et que la publicité est du côté de l’avoir, associant le bonheur à la beauté et au paraître, et qu’en réalité, la non-satisfaction de ces besoins entraîne une sorte de mal-être. Quel rapport avec les grèves et la marche à pied ? Aucun (on espère la fin de l’année avec un peu de repos), sinon que nous devons savoir ce que nous souhaitons faire de nos désirs, pour échapper aux logiques destructrices que les nouvelles formes d’opposition imposent à notre communauté humaine. “Ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c’est d’être heureux”, disait le philosophe Alain. Et de transmettre ce goût, tout simple, à nos enfants. Avec un art du mieux-vivre en commun, et la capacité de surmonter nos propres peurs. Sans se priver de la marche à pied...
Mines & Carrières, n°141, octobre 2007
A défaut d’entretien...
L’actualité réserve des surprises bien étonnantes. Ceux qui, au congrès, ont visité la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, ont appris que, dans son principe de fonctionnement, une centrale a besoin d’une source d’eau pour alimenter ses circuits de refroidissement, une source proche, comme une rivière ou un fleuve. Il s’avère qu’une autre centrale voisine, celle de Chinon (Indre-et-Loire), est équipée d’une station de pompage qui participe directement au refroidissement de ses réacteurs, en alimentant les circuits de sauvegarde avec l’eau froide de la Loire. Au cours d’une inspection, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a relevé qu’un “événement a pris un relief tout particulier”1, selon son rapport du premier trimestre 2007 sur les incidents significatifs survenus fin 2006. Il s’agit de l’ensablement de la prise d’eau en Loire qui a été déclaré comme “événement significatif de sûreté”, et “classé 1 au niveau de l’échelle internationale Ines”2. À travers ce jargon de spécialiste, on comprend qu’il y a eu un problème au niveau des stations de pompage. L’ASN admet toutefois que ces dernières “sont globalement bien exploitées et entretenues, même si des écarts mineurs ont été relevés par les inspecteurs”. Bien content de le savoir. Mais il est quand même étonnant que des grains de sables aient pu affoler les gestionnaires d’une telle installation. Car on le sait bien, le prélèvement de sable en rivière est interdit depuis 1995 dans le lit mineur de la Loire, sauf pour des opérations ponctuelles d’entretien ou de prises d’eau. Quand elles sont faites... Il n’est donc pas étonnant de voir le sable s’accumuler.
De tout temps, on a prélevé du sable dans le lit de la Loire, avec des extractions massives comme celles qui ont été conduites par des professionnels de la construction, plus soucieux de se servir au plus près des agglomérations (afin d’éviter de grever leurs coûts de transport), que de veiller à la préservation du milieu naturel. Ce qui explique l’interdiction qui a fait l’objet d’un protocole d’accord signé en 1981 entre des représentants de la profession et les ministères de l’Environnement et de l’Industrie, prévoyant une extinction progressive des prélèvements de matériaux échelonnés jusqu’aux années 1990-1995, pour laisser le temps aux exploitants de se trouver un autre site. Ou une autre occupation.
Etait-il nécessaire de prendre une mesure aussi radicale ? Défaut d’entretien ou pas de la station de pompage de la centrale nucléaire de Chinon, le sable se dépose à nouveau dans certaines courbes, ce qui favorise la végétation, comme on a pu le voir sur la Loire, près d’Orléans. Que se passera-t-il donc lors d’une crue centennale ? Quel bouc émissaire accusera-t-on alors ? Le sable ne se dépose pas forcément au pied de levées fragilisées par l’abaissement du niveau du fleuve, et encore moins au pied des piles de pont. Pourquoi ne pas autoriser l’extraction à certaines périodes de l’année, en des endroits bien définis, afin de nettoyer le lit du fleuve ? Histoire de ne pas être à l’origine de crues, voire pire encore.
(1) Info disponible sur asn.fr
(2) L’échelle Ines est une échelle internationale qui permet de classer les événements de sûreté. Elle est graduée de 1 à 7. Le niveau 1 correspond à une anomalie.
Mines & Carrières, n°140, septembre 2007
Sans un bruit
Cette année, le congrès 2007 aura une saveur toute particulière pour Charbonnages de France, puisqu’il s’agit du dernier salon de la Sim auquel l’établissement public participera. Des représentants de la direction générale témoigneront des liens étroits et privilégiés qui ont été tissés entre la Société de l’industrie minérale et cette grande entreprise publique créée en 1946, dans l’euphorie de l’après-guerre. La Sim lui doit beaucoup, car un nombre important d’ingénieurs de Charbonnages de France – pour ne pas dire une écrasante majorité – ont été membres de l’association. Ceux, justement, qui ont écrit pour la Revue de l’industrie minérale, ont aidé à construire la réputation de l’association et lui ont apporté du crédit.
Charbonnages de France attend donc un décret de dissolution d’ici à la fin de l’année, qui fermera définitivement les portes de l’établissement, laissant la place à un liquidateur chargé de clore des dossiers qui ne l’auront pas été avant le 31 décembre prochain. Liquidateur : le mot est froid, long à prononcer. Il fait peur, même si l’on devine la situation de l’entreprise publique : les dettes laissées à la nation, un régime social à part et des prestations attachées au statut du mineur à assumer, mais aussi une mission qui a changé depuis 1994, année où le Pacte charbonnier a conduit le repli de son activité comme un véritable projet industriel. Ce pacte était fondé sur la mobilisation du personnel autour d’objectifs de fermetures programmées, de sécurité, de maîtrise des coûts et de réhabilitation économique et environnementale des régions minières.
L’entretien que le président de Charbonnages de France a réservé à Mines & Carrières, dans ce numéro, montre bien cette volonté de tourner la page, à la manière dont on ferme un livre une fois la lecture achevée. Proprement et sans faire de vagues. L’entreprise est déjà entrée dans l’Histoire, avec deux dates : 1946 - 2007. Cette évocation laisse un sentiment étrange en pensant à ce qu’a été l’épopée industrielle du charbon, en France, et la simplicité avec laquelle s’éteint l’entreprise. Sans un bruit, et sans appel, ou presque.
Mines & Carrières, n°139, juillet/août 2007
Soleil mouillé
Ce numéro double de juillet et août n’a pas mûri au soleil. C’est plutôt étrange, car cet hiver, les périodes d’intempérie n’ont pas été nombreuses, alors que les précipitations de ces dernières semaines ont récemment obligé des exploitants de matériaux alluvionnaires à cesser leur activité pendant plusieurs jours. On aimerait jouer les apprentis sorciers avec la météo pour corriger cette inversion de saison. Même les organisateurs de Hillhead se sont habitués au soleil après deux manifestations, particulièrement réussies. La dernière, qui a eu lieu à la fin juin, a enregistré un taux de fréquentation élevé avec 18 500 visiteurs. Mais la météo n’était pas de la partie, bien au contraire ! Au fin fond des Midlands, au sud-est de Manchester, l’exposition s’est déroulée juste après une série d’inondations qui ont perturbé la région. Autant dire qu’il y avait plus de monde dans les grands halls couverts qu’à l’extérieur, où les machines évoluaient dans des zones de démonstration complètement détrempées.
A croire qu’il fallait sortir plus tôt, comme l’a proposé le district Sud-Ouest de la Sim au mois de juin, en organisant une journée technique sur les granulats marins, en Charente-Maritime. Baignée par le soleil, cette sortie très intéressante a permis de découvrir les enjeux que la filière peut offrir pour anticiper l’éloignement des gisements par rapport aux bassins de consommation, et pallier le risque local d’une pénurie de matériaux. Si l’exploitation à terre devient difficile, celle qui a lieu en mer n’est pas facilitée pour autant : l’armateur fait l’objet d’un suivi constant. En particulier, il doit pouvoir justifier de la possession de son navire afin de prouver qu’il n’a pas extrait de matériaux en dehors de la zone couverte par la concession. Ce point est capital, car la profession a contre elle les pêcheurs et les lobbies écologistes, très sourcilleux quant aux conséquences de cette activité sur la flore, la faune et l’érosion des côtes. L’intervention d’un spécialiste a permis d’apprendre qu’un décret paru il y a un an autorise les armateurs à fondre leurs trois demandes d’autorisation en une seule. De quoi aider au réveil de la profession en France, bien en retard par rapport aux Anglais, Japonais et Hollandais. Et pourtant, le potentiel français en granulats marins n’est pratiquement pas exploité. On parle même d’exploitation anecdotique. Comme le soleil en juillet.
Bonnes vacances et à la rentrée, au congrès.
Mines & Carrières, n°138, juin 2007
Dans ce numéro de juin, Mines & Carrières revoit ses fondamentaux, avec une visite chez trois exploitants de l’Ouest de la France qui ont mis récemment en service un concasseur à mâchoires C160, de Metso Minerals. Si certains pensaient avoir tout vu, tout compris, un peu blasés par la technique, qu’ils aillent faire un tour à Chalonnes-sur-Loire chez Courant SA (49), ou bien à la Clarté chez Charier (44), ou encore à Luché-Thouarsais (79), chez Eurovia. Ils ne seront pas déçus du voyage. Comme devant toute grosse machine, on reste étonné par les tonnages de tout-venant que ce "montre d’acier" engloutit. Il est vrai que les mécanismes imaginés en vue d’imprimer à la mâchoire mobile des mouvements plus ou moins compliqués ont été petit à petit abandonnés au profit de systèmes élémentaires qui restent en présence d’une commande directe par excentrique. Ce concasseur simple effet C160 fait partie de ces machines conçues par la méthode des éléments finis ; le résultat donne un outil impressionnant plus facile à régler que les appareils que l’on a connus jusqu’à aujourd’hui : l’opérateur est aidé par un mécanisme évolué destiné à lui faciliter les réglages des mâchoires, le changement de pièces d’usure, etc.
Toujours parmi les fondamentaux, le dossier présente quelques pelles de production, avec des témoignages d’exploitants sur l’usage qu’ils font de cet outil de production en carrière de roche massive : extraction par rippage, travail à la boule… Le dossier présente aussi des pelles que l’on verra peut-être un jour dans des exploitations françaises, si du moins le réseau qui les distribue s’étoffe un peu et que le service après-vente ne soit pus un argument commercial, mais une réalité. On en apprend tous les jours...
Mines & Carrières, n°137, mai 2007
A tombereau ouvert
Ce mois-ci, Mines & Carrières s’intéresse aux tombereaux rigides. Avec une bonne cinquantaine de machines importées – et donc commercialisées – en France l’année dernière, le secteur ne semble pas réagir au redémarrage des chantiers de grands travaux, comme a pu le faire celui des tombereaux articulés, dont les ventes ont grimpé de plus de 28 % entre 2005 et 2006. Il est vrai que les grands chantiers ont davantage besoin de tombereaux articulés.
Il y a donc une bonne part de renouvellement dans les achats de tombereaux rigides, comme le montre le dossier, car l’exploitant habitué au matériel d’un constructeur ne change pas pour autant fournisseur. Il voue une grande confiance au concessionnaire lorsqu’il lui laisse son matériel et attend en retour un camion fiable et un service après-vente réactif. Ceux qui ont l’habitude de soulever le capot de leur machine avouent qu’avec les dernières générations de machines, ils se hasardent moins à rentrer le tombereau dans l’atelier pour le décortiquer. Dans l'esprit de beaucoup, le tombereau est l’assemblage assez simple d’un moteur, d’une boîte et d’un pont. Mais l’électronique a modernisé les engins, et l’informatique les a compliqués sauf les plus légers qui restent, quoique bien conçus, assez sommaires. Il faut espérer que l’électronique protègera mieux la mécanique qu’elle n’a pu le faire jusqu’à présent, comme le rappelle un responsable matériel, et avertira d’une future panne. On peut rêver. Reste le problème des pneumatiques. Car il y a de quoi s’étonner du constat que font les exploitants (manque de pneus) et du discours des manufacturiers (il va y en avoir plus). Soyons patients.
En dehors du marché français, les constructeurs ont de quoi se frotter les mains. Ils surfent sur la vague de demandes des pays émergents, et sur la reprise en Europe, malgré le coup de frein ressenti aux Etats-Unis, où le marché montre de plus en plus de signes de faiblesse. Des constructeurs l’ont affirmé à la Bauma, comme Caterpillar pour qui le marché “se développe moins bien que prévu”. Idem pour CNH et JCB. C’est plutôt vers le marché minier que se tournent les constructeurs qui ont des engins à proposer dans cette activité. Et là, les groupes miniers qui ne cessent de croître multiplient les dépenses, y compris en matériels.
Mines & Carrières, n°136, avril 2007
Durablement ouvert
Les carriers se mettent au vert, et le font savoir. En période électorale, l’information vaudrait le coup d’être reprise par les candidats à l’élection présidentielle. Mais il semble que d’autres sujets attirent davantage leur attention. Qu’importe, puisque c’est surtout par ses paires que l’on aime être apprécié. C’est du moins le sens que l’on peut attribuer au Concours du développement durable qui a réunis dernièrement la profession en choisissant sept dossiers parmi les vingt-huit reçus à l’UNPG. Les lauréats ont été récompensés pour leurs efforts en matière environnementale, économique et sociale. Parmi ceux qui ont été primés, trois participeront au concours européen organisé sur le même thème, par l’UEPG. On peut se poser la question de l’intérêt d’un second titre à gagner, si déjà un premier a honoré une attitude vertueuse. Il faut voir dans cette démarche, purement informative, une volonté de partager les enseignements. Un tel projet ne peut que s’inscrire dans la durée et dépasser les frontières. Car les exploitants ont rarement l’occasion de montrer leur exploitation à des confrères de l’autre bout de la France, alors pourquoi ne pas saisir cette occasion d’aller au-delà de l’Hexagone ? Ce qui, d’un autre côté, est très enrichissant pour ceux qui concourront à Bruxelles, car ils auront un aperçu de ce qui se fait ailleurs. Surtout chez des indépendants. A force de transformer notre environnement, il est légitime de savoir comment d’autres ont assumé leur responsabilité sociale “d’aménageur”. Et peut-être avec des moyens différents.
Un détail mérite toutefois d’être éclairci : il ne s’agit pas d’un concours réservé aux grands groupes, ou aux exploitants pesant plus d’un million de tonnes de matériaux à l’année. Tout le monde peut avoir une attitude exemplaire, sans avoir à rougir de ce qu’il a réalisé. Et c’est toute la simplicité de cette démarche qu’il faut saluer : accepter chaque exploitant avec un projet qui s’inscrit dans le sens du développement durable. Pour simplifier les formalités, l’UNPG a donc conçu pour ceux qui ne possèdent pas un service environnement, un canevas, une sorte de trame de travail, pour que les critères de sélection puissent se baser sur les mêmes éléments d’information. La démarche ne se veut pas donneuse de leçon. Elle montre comment après avoir exploité, il est possible d’enrichir (la biodiversité, notamment). Un projet que l’on souhaite durable.
Mines & Carrières, n°135, mars 2007
Made in Germany
Sans surprise, le prochain salon de la Bauma sera encore plus grand que le précédent, qui a eu lieu en 2004, avec plus d’exposants, plus de surface d’exposition et plus de matériels. Les organisateurs s’attendent aussi à accueillir plus de visiteurs qu’ils en ont eu jusqu’à présent. Cette vitrine du savoir-faire allemand est un bon signe pour l’économie du pays. Ses matériels se vendent bien et le pays peut se venter d’être le premier exportateur mondial avec un excédent du commerce extérieur qui a dépassé les 180 milliards d’euros l’année dernière. Selon la VDMA, la fédération de la construction mécanique allemande, le secteur a enregistré un niveau de production record de 158,4 milliards d’euros en 2006, correspondant à une hausse de 7,4 % par rapport à 2005. Et pour 2007, les économistes prévoient une hausse de 4 %. Depuis les années 1960, la profession aura bénéficié d’une croissance incroyable de 23 % en 4 ans. Du jamais vu ! L’Inde et la Chine demandent ces matériels made in Germany, et le pays a enregistré, pour la même année, 123 milliards d’exportations. Côté intérieur, la demande devient de plus en plus forte aussi, avec un marché de la construction qui s’est refait une santé : les commandes sont d’ailleurs en hausse de 19 %, selon la fédération. Et du coup, les entreprises se mettent à investir (+ 16 %) et à embaucher. Ce sont surtout les grosses PME qui ont recruté (20 000 emplois en 2006). Elles constituent ce tissu d’entreprises qui soutient la première économie de la zone euro.
On a de quoi être sceptique quand on entend, en France, que l’on pourrait faire mieux à l’export avec un euro plus fort et un dollars plus faible. Oui, pourquoi pas ? Mais cette différence entre les deux économies tient surtout au fait que la vigueur allemande s’inscrit dans la durée. Les modes n’ont pas changé les priorités, parmi lesquelles figure en bonne place l’industrie. On a l’impression que nos voisins ont su privilégier ce qu’il savaient bien faire et s’appuyer sur leurs points forts. Les industries classiques ont suffisamment investi en recherche et développement pour être en mesure de faire croître des secteurs que l’on croyait moribonds chez nous. La différence tient aussi à la qualité, un facteur clé de réussite outre-Rhin. Dans ce domaine, les problématiques sont déclinées dans des instituts où l’on traque le défaut, et cette politique a un prix que l’on est prêt à payer pour avoir de la qualité. Mais là où les deux pays se rejoignent, c’est sur l’emploi. Peu de jeunes se dirigent vers l’industrie, et les gouvernants n’ont pas l’air d’avoir pris la mesure de l’effort à donner en matière d’éducation pour faire avancer nos deux pays dans l’ère post-industrielle. Or, c’est maintenant qu’il faut inventer l’industrie de demain. Au risque d’aller admirer plus tard, sur des salons lointains, ce que d’autres auront sur faire mieux que nous.
Mines & Carrières, n°134, février 2007
La bonne aventure
2006 a été une bonne année pour les ventes de matériels de BTP importés sur le territoire national, et 2007 devrait connaître la même prospérité. C’est la tendance qu’a notée le syndicat français des importateurs de matériels, le Seimat, lors de son bilan annuel. En effet, ce marché a progressé de 11,5 % en ventes unitaires sur l’année écoulée. La palme revient aux pelles, toutes catégories confondues, avec plus de 15 000 unités vendues. Un pronostic de croissance de 5 % a été lancé par le syndicat pour 2007 concernant l’ensemble du marché, mais on peut imaginer qu’il sera plus élevé. Seul bémol à cette perspective réjouissante : les capacités de production et de livraison des entreprises n’ont pas augmenté pour autant. C’est là que le bât blesse. Et les importateurs n’oublient pas non plus les retards causés par la pénurie de pneumatiques. Ils expliquent ce phénomène par le fait qu’il n’y a pas d’investissement, hormis bien sûr dans les secteurs en développement comme l’Inde ou la Chine.
Nos entreprises disposeront-elles à temps des matériels nécessaires pour honorer leurs commandes ? Probablement pas toutes, car les stocks ne sont pas suffisants. Les importateurs expliquent qu’ils allouent des matériels par marché, privilégiant ceux dont la croissance est la plus forte. Certes, l’époque est exceptionnelle, à telle enseigne que les Etats-Unis consomment leur propre production et qu’il n’est pas question de compter sur leurs capacités industrielles. La réaction des entreprises est donc d’anticiper en lançant des commandes pour disposer d’un parc de machines suffisant. C’est ce qui a été observé en France. Mais alors, vers qui se tourner pour être livré sans retard ? Vers la Chine ? L’Inde ? Toujours les mêmes. C’est peut-être ce qu’il se passera si la demande en matériels suit la hausse d’activité des marchés de la construction. Et sur ce point, la production de scénarios définissant des situations possibles est porteuse jusqu’à 2009, comme l’a étudié l’Observatoire du BTP1. Au-delà, il faut affiner par marché, mais on ne parle par de chute brutale, plutôt d’un ralentissement jusqu’en 2015.
Si l’on regarde vers la Chine, il est vrai que les constructeurs ont concentré une grande partie de leurs efforts vers ce pays. Selon des responsables économiques chinois, leur pays est en train d’entamer le deuxième tiers de ses “Trente Glorieuses”. Et les prédictions qui ont accompagné l’entrée dans l’année du “cochon doré” nous font sourire, mais pas eux. Superstitieux, ils font confiance à leur horoscope prédisant une année à venir de prospérité, de chance et de renaissance. Pour eux seulement. Prenant l’affaire au sérieux, des analystes ont prévu à leur tour une hausse rapide des différentes Bourses chinoises. Et du coup, les boursicoteurs ont parié sur une envolée des cours, portée par la seule aura du cochon doré. Si seulement notre coq national pouvait nous donner son courage et son agressivité. Pour les Chinois, il est le symbole de ceux qui se démènent mais n’obtiennent pour toute peine qu’une vie de simple satisfaction des besoins les plus élémentaires. Alors commençons par le début : faisons confiance à leur symbolique... et nous aurons nos machines !
(1) Une étude prospective de l’activité bâtiment à l’horizon 2015 a été réalisée par un groupe de travail de l’Observatoire du BTP auquel ont participé la DAEI, la FFB, la CAPEB, le SFIC, la DGUHC et l’ANAH.
Mines & Carrières, n°133, janvier 2007
C’est du chinois !
Le matériel mobile constitue le thème du dossier de ce mois. Incontournable en recyclage, cette famille d’appareils a réussi à prendre une place non négligeable en carrière depuis déjà une bonne quinzaine d’années. Il faut toutefois relativiser le phénomène, car tout dépend des matériaux à traiter, du débit de l’appareil envisagé et de ce que l’exploitant souhaite obtenir en sortie. La raison majeure qui incite à utiliser un train de concassage mobile est de pouvoir suivre l’avancée du front de taille. Rien ne pourra donc supplanter un bon plan d’exploitation. Il est vrai que ce dossier ne traite du sujet que sous l’angle “exploitation” sans se préoccuper de savoir à qui appartient le matériel, s’il est loué ou pas. A chacun son métier. Mais l’apparition de nouveaux matériels met le phénomène en évidence. Car nombre d’entre eux sont des engins légers, faciles à transporter et à déplacer. Et par conséquent moins onéreux que les matériels lourds, conçus parfois sur-mesure. Leurs utilisateurs constituent cette catégorie pléthorique de producteurs de graves. Il n’y a rien de péjoratif dans cette appellation sinon qu’elle n’est pas révélatrice d’un savoir-faire d’exploitant. D’ailleurs les constructeurs l’ont bien compris en dotant leurs appareils d’automates évolués informant l’opérateur du moindre incident : on connaît son travail, la manière dont il doit l’exécuter, alors on essaye de lui simplifier la tâche pour qu’il assure sa production quotidienne. L’entretien étant sa bête noire, l’automate lui rappelle à son bon souvenir les points de graissage à ne pas oublier... Bref, il y a bien un “savoir exploiter” qui ne s’apprend pas en achetant un appareil mobile. Du moins cela se saurait. L’exploitant est un technicien qui valorise au mieux son gisement. Les évolutions récentes des matériels les plus lourds ont intégré cette donne. “On fait avec ce qu’on a sous les pieds”, entend-t-on souvent. D’où la nécessité d’adapter toute une gamme d’outils aux contraintes de gisements les plus pollués soient-ils. Cette raison explique le choix de certains exploitants qui ont sauté le pas en faisant l’acquisition d’un matériel lourd, voire sur-mesure. Mais dans ce domaine les constructeurs se comptent sur les doigts d’une main. Récemment l’un d’entre eux a annoncé qu’il produira bientôt des appareils mobiles en Chine, à l’aide d’un partenaire local, pour le secteur chinois du recyclage. Il paraît que là-bas on est demandeur d’un véritable savoir-faire technique. Qu’en sera-t-il d’ici quelques années ? Ou peut-être d’ici quelques mois car les Chinois apprennent très vite... pour reproduire à l’identique. Reste le métier d’exploitant qui, paraît-il, n’est pas vraiment maîtrisé en Chine. Une chance.
Mines & Carrières, n°132, décembre 2006
Ce mois-ci Mines & Carrières présente un reportage très intéressant sur la plateforme AST d’Anvers. Créée il y a plus d’an an par Eurovia et son partenaire belge Van Wellen, elle est assimilable à une quasi-carrière implantée sur 10 hectares de la rive gauche du port d’Anvers. AST ou Antwerp Stone Terminal peut réceptionner jusqu’à 500 000 tonnes de matériaux. Ils sont acheminés par bateau en provenance de Bremanger en Norvège et de Glensanda en Ecosse. Le concept industriel est innovant et pour l’instant encore unique en Europe. Car les matériaux arrivent pré-concassés et ne subissent sur place qu’un traitement ternaire et quaternaire avant d’être acheminés par la route mais aussi par barge et par bateau vers des « lieux de consommation » situés en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. AST est positionnée au cœur d’une zone européenne où la construction est la plus dynamique et le marché des matériaux de construction de qualité le plus déficitaire. Le reportage présente l’arrivée de nuit du Yeoman Bridge, en provenance de Bremanger, fin novembre, avec 72 000 tonnes de matériaux. Le déchargement a duré 27 heures sans discontinuer, dans le froid et sous la pluie.
Ce numéro présente aussi la société belge Bodarwé qui exploite la carrière de la Warchenne dans les Ardennes, à Malmédy, à 60 km au sud de Liège. Une exploitation qui n’est pas inconnue des lecteurs puisque Mines & Carrières avait présenté dans son édition de mars 2006 le crible autrichien à haute énergie Bivitec. Créée en 1953, l’entreprise regroupe aujourd’hui 7 filiales allant de l’exploitation de carrière aux TP en passant par le BPE et la fabrication de moellons de construction. Autre visite en carrière : celle de Morillon Corvol à Cassaber aux confins du Béarn et de la Chalosse.
Côté matériel, un article présente la nouvelle pelle de production acquise par les Carrières de la Loire à Bellegarde-en-Forez (Loire) : une Hitachi EX1200. La visite a permis de faire le point sur le mode d’extraction de la carrière, passé (en butte) et présent (en rétro).
Le dossier reprend quant à lui les grandes lignes de la séance inaugurale du congrès de Toulouse dont le thème était « aéronautique, espace et industrie minérale ».
Mines & Carrières, n°131, novembre 2006
Le congrès de Toulouse est au cœur de ce numéro avec une vingtaine de pages qui lui sont consacrées. Difficile de ne pas s’attarder sur un tel événement qui est devenu au fil des années un "incontournable" de la profession. Ceux qui le fréquentent apprécient le caractère convivial de l’exposition où tout le monde se connaît plus ou moins. Et si tel n’est pas le cas, l’ambiance s’y prête assez bien. Cette année, la petite communauté a accueilli pas loin de 1 000 jeunes, du collégien à l’étudiant, venus assister à une présentation du secteur et de ses métiers. Un petit tour sur le stand du tailleur de pierre juste après, puis quelques pas dans les allées et ils sont vite repartis visiter les exploitations de la région, avant de regagner leurs salles de classe. Si le parcours a plu au plus grand nombre, il reste désormais à faire en sorte qu’ils viennent d’eux même vers la profession. Le choix des métiers est vaste, et pour les sensibiliser, il leur faudra l’aide de leurs professeurs. Espérons que ces derniers soient réactifs !
Dans les articles de ce numéro, Mines & Carrières a choisi de présenter un réaménagement de carrière peu commun : en truffière. Le projet est assez singulier et méritait une visite à la cimenterie Holcim d’Héming, en Moselle. Ce voyage a aussi permis de revoir la fameuse pelle de 250 tonnes (R9250) que Liebherr a mise en service l’an dernier sur le front de taille de la carrière. Un engin tout blanc et peu commun qui vaut le détour.
Toujours en carrière, ce numéro présente l’installation Nivet de Saint-Denis-d’Orques (72) qui exploite un gisement de gabbro. Un petit coup d’œil sur un groupe qui ne fait pas beaucoup parler de lui mais qui agit avec efficacité.
Courant septembre, des exploitations ont fait parler d’elles : 14 sites du Rhône Alpes ont ouvert leurs portes au voisinage. L’opération a été lancée par l’antenne régionale de l’Unicem et a permis du sortir du cadre "familial" qu’ont parfois ce type de manifestation. Il semble que l’initiative ait été appréciée tant par les exploitants que par les visiteurs.
Et pour ceux qui seraient intéressés par du matériel d’occasion, Mines & Carrières est allé faire un tour aux enchères Ritchie Bros., en Normandie. Un regard instructif sur l’organisation mise en place pour que le matériel ait droit à une seconde vie, voire plus.
Mines & Carrières, n°130, octobre 2006
Bâtisseurs d’avenir
Parmi les propositions des candidats à l’élection présidentielle de 2007, on n’entend pas beaucoup parler du dynamisme du marché français en matière de construction. Le sujet paraît peut-être un peu trivial, voire éloigné de leurs préoccupations, mais il n’empêche que c’est un secteur qui marche et qui entraîne avec lui d’autres activités dont celle de l’extraction de matériaux. Et à la lecture des prévisions parues ces derniers temps, on peut encore s’attendre à de beaux mois en perspectives. En effet, selon la Direction des affaires économiques et internationales (DAEI) du ministère de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer, 2006 semble être l’année de la reprise très significative de la construction neuve des bâtiments non résidentiels. Et outre quelques records atteints dans la construction de logements, la hausse de l’activité devrait se traduire par la création de plusieurs dizaines de milliers d’emplois.
Certes, le secteur de la construction ne souffre pas tant que les autres de la concurrence internationale, car la consommation de matériaux est essentiellement locale, voire régionale. Il bénéficie en plus de facteurs physiques favorables (démographie, migrations résidentielles...), et aussi de facteurs financiers avantageux (allongements de la durée des prêts, fiscalité avantageuse...). En fait, il n’y a que les zones frontalières à subir la concurrence d’un pays à l’autre, ce qui semble normal. Ce mois-ci, Mines & Carrières relate l’heureuse aventure d’un exploitant normand qui a réussi à vendre du sable aux Anglais, et cela par le plus grand des hasards : en recevant un coup de téléphone. Il s’est vu proposer un marché de plusieurs centaines de milliers d’euros pour produire 36 000 tonnes d’un sable lavé devant servir à conforter une falaise. Etonnant, non ! Les Anglais recherchaient un sable entrant dans un fuseau bien particulier, et adapté au milieu marin. Le traitement n’a pas changé pour autant et le site a dû augmenter sa production annuelle de 10 %.
Le sable est justement au cœur du dossier de ce mois avec un point non exhaustif sur les appareils de classification et de recomposition. Une chose est sûre : un sable doit être propre et dans le bon fuseau, et cela quelle que soit son origine. Ce qui paraît de plus en plus difficile à obtenir. Les matériels de traitement doivent donc être très performants pour pallier le manque d’homogénéité du tout-venant. Et cela afin de produire des sables de qualité permettant de construire les logements dont on a besoin. D’où l’intérêt pour les candidats à s’intéresser au sujet. Car pour construire un programme durable, il leur faut du solide. Histoire de ne pas bâtir l’avenir sur du sable.
Mines & Carrières, n°129, septembre 2006
Après la parenthèse de l’été, Mines & Carrières revient plein d’entrain avec une nouvelle formule. La maquette (faite maison par le service PAO de la Sim) est plus aérée : elle joue sur les couleurs pour distinguer les rubriques. Une place importante est laissée aux photos et aux illustrations, parce que bien souvent un dessin vaut encore mieux qu’un grand discours. Surtout lorsqu’il faut décrire le flux des matériaux d’une exploitation. Et puis la signature Mines & Carrières a aussi changé. L’intitulé se lit comme un logo. On le voit sur la couverture de la revue (plus "percutante"), sur les schémas ainsi qu’au pied de chaque page. Quant au fond, si la forme a pris des couleurs, lui n’a pas connu de vraie révolution. Les articles sont toujours techniques, et ils le resteront. La différence tient seulement au fait qu’ils seront plus courts et aborderont des thèmes plus larges que ceux traités habituellement. Ce numéro de septembre met ainsi l’accent sur la formation en présentant l’avancée des travaux au CFA de Bessières, le recrutement d’apprentis par Manoir Industries et les bonnes performances en termes de classement des étudiants de l’ENSG. Il faudra désormais s’habituer à lire des portraits d’entreprise dans Mines & Carrières. Pour mieux connaître un exploitant et sa manière de travailler. Cette fois-ci, il s’agit du groupe Garandeau, une entreprise familiale implantée en Charente et dont le rayonnement géographique couvre à la fois la région Poitou-Charentes et la Gironde.
Côté technique, les sujets restent classiques avec une présentation des phases de test du nouveau broyeur à cône HP4 de Metso Minerals dans deux exploitations. On peut aussi découvrir le nouveau module correcteur de courbe lancé par MS à Intermat. Et bien d’autres sujets encore dans cette revue "poids lourd" du congrès. Comme à l’accoutumée, une présentation de quelques exploitations de la région hôte compose le dossier. On y apprend que le district Sud-Ouest couvre approximativement le Bassin aquitain et ses bordures, dont les morphologies variées traduisent une organisation géologique complexe. Cette courte monographie met en avant la richesse du sous-sol lorsque l’océan Atlantique en formation envahissait le Bassin aquitain. Les résumés des ateliers du congrès figurent aussi au sommaire.
Mines & Carrières, n°128, juillet/août 2006
Au risque de décevoir ceux qui ne veulent plus entendre parler des mines (en France), ce numéro d’été fait la part belle… à l’après-mine. La création récente du Département de prévention et sécurité minière (DPSM) au sein du BRGM, donne justement l’occasion de faire le point sur l’activité de surveillance des anciens sites. Cette structure anticipe avant tout la dissolution de Charbonnages de France (CdF). Elle s’appuie sur les compétences de mineurs issus de CdF, des Mines de Potasse d’Alsace et du BRGM, aussi. Remettre en état et surveiller les installations soumises au Code de l’environnement, assurer la conduite des travaux de mise en sécurité des sites miniers, tenir les archives scientifiques, techniques et juridiques, etc., sont les missions qui lui ont été assignées par le ministre de l’Industrie. Pour résumer, cet organisme est chargé d’intervenir sur le plan opérationnel en prenant toutes les mesures de prévention nécessaires afin de garantir la sécurité des sites. Voilà. On ne reparlera plus des mines que dans ce sens, du moins en France.
Car si l’extraction fait désormais partie du passé, le charbon quant à lui n’est pas près d’être oublié. Bien au contraire. Parce que la substance plaît. Et son retour en grâce comme source d’énergie intervient au moment où le pétrole se fait plus rare et plus cher. La preuve : selon les prévisions de l’AIE (l’organisation intergouvernementale de coordination des politiques énergétiques), la consommation mondiale d’énergie devrait progresser de 70 % entre 2000 et 2030. Et les énergies fossiles telles que le pétrole, le gaz et le charbon devraient continuer à jouer un rôle incontournable et représenter jusqu’à 90 % de la consommation totale.
Au Havre, le port autonome vient de décider d’implanter une nouvelle centrale thermique au charbon sur sa zone industrielle. Elle devrait occuper une vingtaine d’hectares et offrir une capacité de 700 à 800 mégawatts à l’horizon 2011-2012. Ces centrales de nouvelle génération sont capables de récupérer et de recycler le dioxyde de carbone. On dit même qu’elles pourraient utiliser ce CO2 pour la fabrication de carburants verts à base d’algues. Pourquoi pas.
Il n’empêche qu’il faudra répondre aux défis technologiques imposés par nos modes de consommation : renouveler les ressources et concilier la consommation de cette quantité accrue d’énergies fossiles avec la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et c’est là que l’on reparlera des mines. Si, si ! Mais pas en France. Des projets bien avancés font état d’un stockage possible du CO2 dans des veines de charbon inexploitées. Et encore mieux : en y injectant ce CO2, on récupère le méthane piégé dans la structure interne du charbon pour le recycler et le commercialiser. Or, ce n’est pas en France que l’on parle de ce projet, mais aux Etats-Unis, dans des formations non exploitées. Car les galeries de mines constituent autant de chemins de migration rapide du CO2 vers la surface. Alors, pas question de créer des soucis supplémentaires au DPSM en lui proposant de travailler sur le sujet. Il aura bien assez à faire avec l’existant.
D’ici le prochain numéro, la rédaction vous souhaite de bonnes vacances, pour ceux qui en prennent, et vous attend en septembre avec… une surprise !
Mines & Carrières, n°127, juin 2006
Ce mois-ci, le dossier fait le point sur les transports fluvial et ferré. Il montre que si le premier gagne les faveurs d’un public de plus en plus nombreux, le second tarde à s’adapter aux enjeux des exploitants. On reproche au fret ferroviaire son manque de souplesse et son inertie à s’adapter aux aléas économiques. Peut-être parce que cette activité n’a pas connu de révolution technologique qui lui aurait permis de trouver un second souffle ? Il n’empêche que cette question des transports devient urgente et qu’il convient de changer de comportement, sinon à se préparer au pire pour l’environnement de demain.
Des exploitants ont pris conscience du problème et optimisent en conséquence leur solution de transport. C’est le cas au Boulonnais, mais aussi de Maroncelli, à Piolenc, où un port fluvial complètera prochainement les installations remises à neuf par Metso Minerals.
Côté exploitation, ce numéro présente comment a été ressenti la modernisation de l’automatisme chez Lafarge, à Sandrancourt, par AES. Plutôt bien, avec des arrêts de production beaucoup moins fréquents, une supervision plus claire, une interface informatique plus conviviale, des conditions de travail améliorées, sans oublier l’efficience qui a été améliorée.
Et puis, il ne faut pas manquer la visite du poste primaire de SCD, une filiale d’Eurovia à Dompierre-sur-Helpe, en plein cœur du parc régional de l’Avesnois. Là où le lavage a été interdit, l’exploitant a combiné un traitement très soigné par un double scalpeur à disques suivi d’un passage sur un crible à disques à doigts pour enlever la fraction argileuse.
Mines & Carrières, n°126, mai 2006
L’exploitation des carrières garde l’image d’une activité à risque. Et pourtant, de nombreux exploitants s’investissent dans l’amélioration de la sécurité et des conditions de travail.
Plus d’un an après la publication d’un dossier sur la maintenance des toiles de cribles, Mines & Carrières s’intéresse à nouveau à la sécurité des opérateurs, avec cette fois un dossier plus large, axé sur la conception des machines, la circulation des engins et le traitement des poussières. Il s’appuie sur des communications et des témoignages entendus lors du congrès de Saint-Etienne lors de l’atelier "Sécurité et prévention en carrière". Tous laissent espérer, pour un avenir proche, une réduction significative des accidents, à un niveau comparable à celui des autres activités industrielles. Ainsi, et peut-être pour la première fois, on entrevoit le jour où la silicose ne sera plus une fatalité pour la profession. Seulement un mauvais souvenir.
Ce numéro présente dans ses pages d’actualité l’installation Toujas et Coll, à Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées. Le calcaire dur qu’on y extrait alimente à la fois les centrales de BPE régionales, les usines de préfabriqués ainsi que les chantiers de TP.
Toujours en visite de carrières, Mines & Carrières emmène ce mois-ci les lecteurs à la découverte d’une technique de concassage plus connue en mine qu’en exploitation de carrière, avec le concasseur à double rotor denté RollSizer de ThyssenKrupp. Utilisé non loin du front de taille, l’appareil de traitement absorbe le brut d’abattage sans scalpage préalable. Une technique par cisaillement qui a trouvé sur le site aubois de Virey-sous-Bar des conditions idéales d’exploitation.
Et puis, pour ne pas échapper aux marronniers (les sujets qui reviennent sans cesse), ce numéro propose un catalogue de solutions pour lutter contre l’usure, un fléau pour les exploitants obligés de surveiller de près leur installation, mais une aubaine pour les fournisseurs toujours à même de proposer des solutions performantes (on le souhaite) et innovantes (parfois).
Mines & Carrières, n°125, avril 2006
A Intermat, la Sim donne rendez-vous à la profession au Carrefour des mines et carrières. Pour cette occasion, l’association a élaboré un programme de conférences comptant pas moins de 24 interventions sur des sujets aussi pointus que la prospection selon les technologies les plus récentes jusqu’à la réhabilitation des sites. Pour y parvenir, elle a fait appel aux spécialistes de ces questions qui connaissent bien la Sim à travers ses publications et ses journées techniques. Pour eux, l’enjeu sera de montrer comment assurer la pérennité d’une exploitation pour en optimiser l’extraction. Le dossier de ce numéro est essentiellement consacré aux nouveautés et aux mises à jour proposées par les constructeurs sur cette grande exposition internationale de matériels.
Ce numéro contient aussi des articles d’actualité sur les granulats marins avec la création d’une association de promotion du sable du gisement du pilier (Ouest Océan), la description du traitement des matériaux à la carrière de Gouviard, à Plénée Jugon (groupe Lessard), et la présentation de l’astucieux outil mis au point par le constructeur norvégien Gjerstad pour pousser les blocs de pierre dimensionnelle avec le Block Pusher. Un exemplaire est en service en Belgique aux Carrières du Hainaut, là où est extraite la fameuse pierre bleue. Toujours en Belgique, Mines & Carrières s’est intéressé au lavage des matériaux sales par deux débourbeurs à palettes à deux arbres Kisa. Cette combinaison des deux équipements en service à l’usine Lhoist d’On-Jemelle est la plus importante dans cette configuration en Europe. Enfin, en matière de maîtrise des tirs, ce numéro relate l’expérience faite chez CBS à Limont-Fontaine de suivi global de production se rapprochant du concept anglo-saxon Mine to Mill. Ce dernier consiste à maîtriser au mieux le maillon forage minage et à suivre ses répercussions sur la chaîne aval. La maîtrise du tir est assurée par un contrôle systématique de la géométrie et par l’utilisation du minage à énergie spécifique constante.
Mines & Carrières, n°124, mars 2006
Gérer la ressource évoque la nécessité de préserver le milieu naturel dans lequel évoluent les professionnels de l’industrie minérale pour assurer la pérennité de leur exploitation. Il serait bon d’y ajouter aussi les hommes qui apportent leur force de travail. Car ils constituent eux aussi une ressource qui se raréfie. Une analyse du Centre d’étude et de recherches sur les qualifications (Cereq) met en évidence que cette branche d’activité est la plus âgée de toutes celles qui composent l’économie française et que sa proportion de salariés de 50 ans (et plus) est aussi une des plus importante. Un renouvellement de main-d’œuvre est donc à prévoir d’ici peu avec pour corollaire une hémorragie d’expérience professionnelle.
Comment en est-on arrivé à cette situation ? Malgré les progrès technologiques auxquels on assiste, et qui n’aident pas à attirer plus de jeunes vers les métiers de l’industrie minérale. Manque de compétences ? Inexpérience ? Absence de candidats ? Désaffection pour nos métiers ? Défaut d’information ? Déficit de formation ? C’est un peu tout à la fois, comme le montre une partie des interventions du dossier issues de l’atelier que la Sim avait organisé sur ce sujet lors du congrès de Saint-Etienne.
En matière de formation, l’actualité de ce Mines & Carrières permet de faire le point sur le futur centre de formation interrégional de Bessières (31) qui, une fois sorti de terre, formera des jeunes du grand Sud-Ouest aux métiers de la carrière et des matériaux.
On trouve aussi une description de l’exploitation Dragages du Pont de Lescar qui extrait des graves alluvionnaires dans la plaine du gave de Pau.
Côté matériel, la carrière belge la Warchenne, appartenant au groupe Bodarwé, a été équipée d’un crible haute énergie Bivitec pour traiter les matériaux fins issus du scalpeur, et qui étaient jusqu’à présents mis en remblai. Ce matériel évite aussi le colmatage et le goujonnage sur les toiles. Et puis, à Helsinki, en Finlande, Metso Minerals vient d’installer un système de convoyeur vertical depuis les silos souterrains vers la surface pour alimenter en charbon l’usine de production d’énergie de Salmisaari. Le convoyeur mesure 98,50 mètres a été mis au point par Trellex Pocketlift.
Mines & Carrières, n°123, février 2006
Les ateliers du congrès de la Sim sont une source d’inspiration presque inépuisable. Ce mois-ci le dossier reprend les communications de l’atelier consacré aux ressources minérales de la région Rhône Alpes. Variété et qualité du milieu naturel caractérisent cette région que l’on découvre à travers un panorama assez riche, avec des réalisations particulièrement remarquables. Sans oublier non plus la problématique du bon usage de la ressource, un sujet qui intéresse désormais le plus grand nombre, du producteur d’eau minérale au fabricant de tuiles et briques.
Côté actualité, un détour par le Maroc permet de faire le point sur une industrie minière qui vient de fêter ses 65 ans. Elle affiche quelques poins forts parmi lesquels compétence technique et prix de revient compétitifs confirment la vigueur d’une industrie où l’environnement géologique reste favorable à l’existence de plusieurs types de gisements.
En matériels, le Seimat fait le point chaque année sur le marché français des matériels de bâtiment et de travaux publics. Avec une croissance à deux chiffres (+14 %), les professionnels restent optimistes pour 2006.
Ce numéro présente aussi une solution en matière de pressage des boues avec un matériel Diemme mis en place à la carrière de Virey, dans l’Aube. Après six mois d’utilisation, il a permis de limiter la zone de lagunage et de recycler 93 % de l’eau utilisée pour le lavage des matériaux. En topographie, Mines & Carrières s’est intéressé au balayage laser 3D. Un cabinet de géomètres-experts propose cette technologie avec le GS 200 de Trimble. L’outil facilite les relevés de fronts de taille et les calculs de cubature avec précision impressionnante en millions de points, sans comparaison avec un relevé topo classique, et d’un rendu graphique exceptionnel.
Et puis, pour ceux qui ont quelques remords laisser sortir des camions sales sur la chaussée, une présentation de produits devrait les sensibiliser. Elle est doublée d’une autre consacrée aux racleurs de bande, des produits où l’innovation reste présente pour éviter de perdre du temps dans les opérations de nettoyage.
Mines & Carrières, n°122, janvier 2006
Les sorties sont encore possibles dans les mois d’hiver comme le montre ce Mines & Carrières de janvier qui consacre un reportage aux Sablières du Grésivaudan (Vicat), implantées à Pontcharra (38). Elles viennent de recevoir une nouvelle unité de traitement conçue par Cetroa et une installation de traitement de l’eau mise au point par MS pour une production entièrement destinée au marché des bétons. En Charente-Maritime, à La Rochelle, DTM, producteur de granulats marins, vient d’acquérir le sablier André L qui, grâce à ses caractéristiques techniques, est devenu le sablier le plus souple et le plus productif de sa catégorie sur le littoral Atlantique.
En matière d’imagerie, le LCPC a présenté récemment un vidéogranulomètre à l’occasion des journées portes ouvertes de la carrière Roussillon Agrégats (Colas). Ce dispositif de contrôle granulométrique en ligne semi-automatisé est compatible avec les exigences du marquage CE des granulats et permet d’alléger la charge de travail des laborantins. Il constitue un pas supplémentaire dans la maîtrise de la qualité des produits.
Le congrès Sim de Saint-Etienne continue d’alimenter le sommaire de Mines & Carrières avec ce mois-ci la séance solennelle qui apporte des éclaircissements sur l’impact de la politique de décentralisation sur le processus décisionnel dans l’industrie extractive. L’article très long qui lui est consacré reprend les points de vue des parties prenantes (industriels, administration, société civile et association de protection de l’environnement). Il est accompagné de débats avec des interventions pertinentes entre les intervenants et la salle.
Enfin, le dossier de ce mois est consacré aux automatismes en carrière et met en avant des solutions innovantes proposées par quelques fournisseurs.
Mines & Carrières, n°121, décembre 2005
L’actualité de ce Mines & Carrières de décembre est dense et très variée. Le sommaire présente un dossier consacré à la séance inaugurale du congrès Sim et qui reprend les interventions des représentants de grandes entreprises de l’industrie extractive (Cogema, Eramet, Imerys, groupe Luzenac), de l’enseignement supérieur (école des Mines de Saint-Etienne) et des constructeurs de matériels (Seimat, Cisma).
Dans les carrières, l’actualité est marquée par une première en France avec l’abattage de trois gradins en minage électronique par les équipes de Foremine et de Nobel Explosifs France à Bournac (43). En exploitation, Metso Minerals (France) présente une réalisation montée en un temps record (4 mois) sur le site de l’entreprise Betag, à proximité de l’aéroport de Bastia, en Haute-Corse. 350 000 tonnes/an de matériaux alluvionnaires y sont traités pour moitié en produits pour travaux routiers et pour moitié en roulés pour le marché des bétons.
Côté matériel, Liebherr annonce la sortie prochaine d’une pelle minière de 250 tonnes. En phase de test à la carrière Holcim de Héming (57), ce modèle s’inspire des précédentes séries qui ont fait le succès de la marque dans les exploitations du monde entier. Et pour les travaux d’enrochement, le distributeur Tractorhin propose un produit autrichien conçu par Wimmer – le Lobster - pour remplacer les outils classiques multigriffes. Il est actuellement utilisé à la carrière Somat (06), près de Monaco.
Quelques bougies ont été soufflées avec les 150 ans de l’industrie du sel en lorraine et les 40 ans de l’Unicem Midi-Pyrénées à Toulouse.
Mines & Carrières, n°120, novembre 2005
Une fois n’est pas coutume, Mines & Carrières s’est penché sur les centres de recherche des cimentiers, un thème peu abordé dans la revue car la recherche et le développement représentent une faible part du budget de ces groupes. Mais ils occupent une place importante dans leur stratégie de croissance. Pas de révélations surprenantes, secret industriel oblige, mais des explications sur les préoccupations actuelles de ces centres. En parallèle, un après-congrès 2005 qui met les exposants à l’honneur, qu’il s’agisse de nouveaux venus ou de fidèles.
Mines & Carrières, n°119, octobre 2005
Ce numéro de Mines & Carrières fait la part belle au matériel, puisqu’il en est question à la fois dans le dossier et au sein des articles. Le plus surprenant vient toutefois de l’exploitation de Talc de Luzenac qui a réceptionné un troisième tombereau Komatsu de la gamme des 100 tonnes, un HD 985, affecté comme les engins précédents à l’évacuation des stériles. Il est prévu que l’exploitation en reçoive trois autres d’ici 2008, ce qui pour l’instant constitue déjà une première en Europe avec ces modèles en fonctionnement.
De son côté, le dossier présente quelques nouveautés et mises à jour vues cette année sur de grandes expositions internationales, qu’il s’agisse de Conexpo, Hillhead, Matexpo…
Mines & Carrières, n°118, septembre 2005
Avant de partir en vacances, Mines & Carrières s'est intéressé dans son dossier de juillet-août au chargement client, une occasion pour les constructeurs de donner quelques arguments techniques intéressants sur leurs machines. A la fois à la reprise des matériaux bruts, et à ceux des matériaux traités, la chargeuse est aussi au chargement client, ce qui fait qu'on la voit un peu partout, "au four et au moulin", et il arrive même qu'on l'attende au détour d'un stock de matériaux. Quelques témoignages d'opérateurs et d'exploitants jalonnent ce dossier constitué bien évidemment d'une partie nouveautés.
En actualité, Mines & Carrières annonce les 100 ans de Talc de Luzenac, puis fait un détour par le Tarn où le district Sud-Ouest de la Sim a organisé une journée technique à l'exploitation de spath fluor de la Sogerem. A ne pas manquer aussi, quelques nouvelles de constructeurs - Volvo et Terex - qui présenteront bientôt des nouvautés lors d'Intermat, au printemps prochain.
Mines & Carrières, n°117, juillet/août 2005
Dossier : Quoi de neuf en chargement client ?
Le dossier débute par un exemple d’utilisation de chargeuses de reprise dans la carrière Cemex à Pécy (77). Puis il traite de la gestion du parc chez Lafarge Granulats. Ce dossier expose ensuite les arguments de plusieurs constructeurs sur les atouts de leurs gammes et de leurs services, puis présente les politiques d’achat de plusieurs responsables de carrière. Enfin, il s’achève sur une présentation de quelques innovations en matière des chargeuses de reprise et met en avant la stratégie de l’entreprise belge Bia.
Mines & Carrières, n°116, juin 2005
Le dossier présente un rapide panorama de ce minerai industriel, puis s’attarde sur deux producteurs, l’un (DAM) bien implanté en France avec 4 gisements dont trois en Bretagne, et l’autre, le groupe français Imerys, peut-être plus connu à l’étranger car il ne possède pas de site d’extraction en France, seulement de transformation. En dernière partie, une présentation de matériels affectés au traitement fin des matériaux.