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Mines & Carrières, n°128, juillet/août 2006

Mines & Carrières, n°128, juillet/août 2006

En couverture
Carrière Minier à Pontijou, près de Vendôme : installé au pied du front de taille, le concasseur mobile à mâchoires Py traite un calcaire brut d’abattage (0/1 000) selon un débit de 600 tonnes/heure.

Titres en couverture
Dossier : L’après-mine en question
Titre article : Py dans le calcaire de Beauce

Actualité
TRANSPORT
Scania tire ses carrosses à quatre épingles
Scania propose des véhicules carrossés sortis d’usine, grâce aux partenariats conclus avec des professionnels du secteur. Délai de livraison raccourci, interlocuteur unique et diminution du risque d’erreur dans la commande sont les avantages de cette initiative française du constructeur suédois.

CARRIERE Une carrière à voir en peinture
“Couleur Sézanne” est un spectacle son et lumière qui se déroule aux Baux de Provence, à l’occasion du centenaire de la mort du peintre, dans une ancienne carrière de pierre dimensionnelle. Un événement à ne pas manquer pour ceux qui passeront cet été dans la région.

CONCASSAGE MOBILE Py dans le calcaire de Beauce
Spécialisé dans les constructions lourdes, Py a livré un concasseur mobile à mâchoires pour l’exploitation Minier de Pontijou, près de Vendôme. L’appareil travaille au pied du front de taille et traite le calcaire reçu d’une pelle sur un double scalpeur à disques, avant de le concasser. Cet engin préfigure la nouvelle gamme que le constructeur s’apprête à lancer.

CARRIERE Lafarge et l’amphibole de Laubreçais
Lafarge Granulats Ouest exploite la carrière de Laubreçais, dans les Deux-Sèvres. Celle-ci est implantée sur un gisement d’amphibolite, une roche sombre et très dure. L’exploitant vient de fêter les 50 ans du site, l’occasion de faire visiter les installations aux élus ainsi que le tout nouveau promontoire surplombant la carrière.

CARRIERE Les alluvions de Cintegabelle
Morillon Corvol sud-ouest exploite à Cintegabelle, en Haute-Garonne, une carrière d’alluvions sablo graveleuses. L’exploitant se sert d’un excavateur à godets pour extraire les matériaux sous eau de la basse plaine alluviale de la vallée de l’Ariège.


Le Dossier
L’après-mine en question
L’extraction minière en France est aujourd’hui terminée. Le 23 avril 2004, la mine de La Houve en Moselle a fermé ses portes. Dernier bastion minier de l’Hexagone, cette fermeture a marqué la fin de l’aventure de l’industrie charbonnière, riche de plusieurs siècles. Une activité qui a tenu une place essentielle dans l’économie française. A titre d’exemple, en 1947 près de 350 000 personnes travaillaient dans les mines de charbon, pour une extraction approchant les 47 millions de tonnes. Des chiffres titanesques soulignant l’importance de cette activité sur le plan national. Soixante ans plus tard, une page se tourne et le questionnement des décideurs politiques et industriels se porte sur la gestion de l’après-mine. Ce chantier englobe différents chapitres clés en lien avec l’aspect historique, social, économique, et institutionnel. De la mise en place de l’Agence nationale pour la garantie des droits des mineurs en 2004 (ANGDM), à la création cette année du Département de prévention et sécurité minière (DPSM), en passant par la viabilisation et la reconversion des anciens sites miniers, le débat est vaste et l’éclairage nécessaire.


Présentation du numéro

Au risque de décevoir ceux qui ne veulent plus entendre parler des mines (en France), ce numéro d’été fait la part belle… à l’après-mine. La création récente du Département de prévention et sécurité minière (DPSM) au sein du BRGM, donne justement l’occasion de faire le point sur l’activité de surveillance des anciens sites. Cette structure anticipe avant tout la dissolution de Charbonnages de France (CdF). Elle s’appuie sur les compétences de mineurs issus de CdF, des Mines de Potasse d’Alsace et du BRGM, aussi. Remettre en état et surveiller les installations soumises au Code de l’environnement, assurer la conduite des travaux de mise en sécurité des sites miniers, tenir les archives scientifiques, techniques et juridiques, etc., sont les missions qui lui ont été assignées par le ministre de l’Industrie. Pour résumer, cet organisme est chargé d’intervenir sur le plan opérationnel en prenant toutes les mesures de prévention nécessaires afin de garantir la sécurité des sites. Voilà. On ne reparlera plus des mines que dans ce sens, du moins en France.
Car si l’extraction fait désormais partie du passé, le charbon quant à lui n’est pas près d’être oublié. Bien au contraire. Parce que la substance plaît. Et son retour en grâce comme source d’énergie intervient au moment où le pétrole se fait plus rare et plus cher. La preuve : selon les prévisions de l’AIE (l’organisation intergouvernementale de coordination des politiques énergétiques), la consommation mondiale d’énergie devrait progresser de 70 % entre 2000 et 2030. Et les énergies fossiles telles que le pétrole, le gaz et le charbon devraient continuer à jouer un rôle incontournable et représenter jusqu’à 90 % de la consommation totale.
Au Havre, le port autonome vient de décider d’implanter une nouvelle centrale thermique au charbon sur sa zone industrielle. Elle devrait occuper une vingtaine d’hectares et offrir une capacité de 700 à 800 mégawatts à l’horizon 2011-2012. Ces centrales de nouvelle génération sont capables de récupérer et de recycler le dioxyde de carbone. On dit même qu’elles pourraient utiliser ce CO2 pour la fabrication de carburants verts à base d’algues. Pourquoi pas.
Il n’empêche qu’il faudra répondre aux défis technologiques imposés par nos modes de consommation : renouveler les ressources et concilier la consommation de cette quantité accrue d’énergies fossiles avec la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et c’est là que l’on reparlera des mines. Si, si ! Mais pas en France. Des projets bien avancés font état d’un stockage possible du CO2 dans des veines de charbon inexploitées. Et encore mieux : en y injectant ce CO2, on récupère le méthane piégé dans la structure interne du charbon pour le recycler et le commercialiser. Or, ce n’est pas en France que l’on parle de ce projet, mais aux Etats-Unis, dans des formations non exploitées. Car les galeries de mines constituent autant de chemins de migration rapide du CO2 vers la surface. Alors, pas question de créer des soucis supplémentaires au DPSM en lui proposant de travailler sur le sujet. Il aura bien assez à faire avec l’existant.
D’ici le prochain numéro, la rédaction vous souhaite de bonnes vacances, pour ceux qui en prennent, et vous attend en septembre avec… une surprise !

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