Mines & Carrières, n°133, janvier 2007

En couverture
Foreuse fond de trou HBM 120 S en exploitation chez Lafarge à Saint-Pierre-la-Cour (53)
Transport
Le canal Seine-Nord Europe en marche
Foration Hausherr fait son trou chez Lafarge
Ressources
Granulats : la Gironde se présente
Sols pollués
L’Ademe et la phytostabilisation
Acier
SSAB : un aciériste de haute tenue
Dossier
Quelles évolutions en matériels mobiles ?
Présentation du numéro
C’est du chinois !
Le matériel mobile constitue le thème du dossier de ce mois. Incontournable en recyclage, cette famille d’appareils a réussi à prendre une place non négligeable en carrière depuis déjà une bonne quinzaine d’années. Il faut toutefois relativiser le phénomène, car tout dépend des matériaux à traiter, du débit de l’appareil envisagé et de ce que l’exploitant souhaite obtenir en sortie. La raison majeure qui incite à utiliser un train de concassage mobile est de pouvoir suivre l’avancée du front de taille. Rien ne pourra donc supplanter un bon plan d’exploitation. Il est vrai que ce dossier ne traite du sujet que sous l’angle “exploitation” sans se préoccuper de savoir à qui appartient le matériel, s’il est loué ou pas. A chacun son métier. Mais l’apparition de nouveaux matériels met le phénomène en évidence. Car nombre d’entre eux sont des engins légers, faciles à transporter et à déplacer. Et par conséquent moins onéreux que les matériels lourds, conçus parfois sur-mesure. Leurs utilisateurs constituent cette catégorie pléthorique de producteurs de graves. Il n’y a rien de péjoratif dans cette appellation sinon qu’elle n’est pas révélatrice d’un savoir-faire d’exploitant. D’ailleurs les constructeurs l’ont bien compris en dotant leurs appareils d’automates évolués informant l’opérateur du moindre incident : on connaît son travail, la manière dont il doit l’exécuter, alors on essaye de lui simplifier la tâche pour qu’il assure sa production quotidienne. L’entretien étant sa bête noire, l’automate lui rappelle à son bon souvenir les points de graissage à ne pas oublier... Bref, il y a bien un “savoir exploiter” qui ne s’apprend pas en achetant un appareil mobile. Du moins cela se saurait. L’exploitant est un technicien qui valorise au mieux son gisement. Les évolutions récentes des matériels les plus lourds ont intégré cette donne. “On fait avec ce qu’on a sous les pieds”, entend-t-on souvent. D’où la nécessité d’adapter toute une gamme d’outils aux contraintes de gisements les plus pollués soient-ils. Cette raison explique le choix de certains exploitants qui ont sauté le pas en faisant l’acquisition d’un matériel lourd, voire sur-mesure. Mais dans ce domaine les constructeurs se comptent sur les doigts d’une main. Récemment l’un d’entre eux a annoncé qu’il produira bientôt des appareils mobiles en Chine, à l’aide d’un partenaire local, pour le secteur chinois du recyclage. Il paraît que là-bas on est demandeur d’un véritable savoir-faire technique. Qu’en sera-t-il d’ici quelques années ? Ou peut-être d’ici quelques mois car les Chinois apprennent très vite... pour reproduire à l’identique. Reste le métier d’exploitant qui, paraît-il, n’est pas vraiment maîtrisé en Chine. Une chance.