Mines & Carrières, n°134, février 2007

En couverture
Glissière de forage Luna (Wimmer) sur la carrière de Vinalmont, à Aywaille, dans la province de Liège (Belgique)
Foration
Luna la contorsionniste
Gestion foncière
Yutz, la terre conquise
Travaux souterrains
Au cœur des carrières souterraines
Carrière
Une nouvelle installation pour Abos
Broyage
Holcim broie du noir
Abattage
Le GBEE tient séance
Matériels
Des commandes à la pelle
Portrait
La SMIL tape dans le mille
Présentation du numéro
La bonne aventure
2006 a été une bonne année pour les ventes de matériels de BTP importés sur le territoire national, et 2007 devrait connaître la même prospérité. C’est la tendance qu’a notée le syndicat français des importateurs de matériels, le Seimat, lors de son bilan annuel. En effet, ce marché a progressé de 11,5 % en ventes unitaires sur l’année écoulée. La palme revient aux pelles, toutes catégories confondues, avec plus de 15 000 unités vendues. Un pronostic de croissance de 5 % a été lancé par le syndicat pour 2007 concernant l’ensemble du marché, mais on peut imaginer qu’il sera plus élevé. Seul bémol à cette perspective réjouissante : les capacités de production et de livraison des entreprises n’ont pas augmenté pour autant. C’est là que le bât blesse. Et les importateurs n’oublient pas non plus les retards causés par la pénurie de pneumatiques. Ils expliquent ce phénomène par le fait qu’il n’y a pas d’investissement, hormis bien sûr dans les secteurs en développement comme l’Inde ou la Chine.
Nos entreprises disposeront-elles à temps des matériels nécessaires pour honorer leurs commandes ? Probablement pas toutes, car les stocks ne sont pas suffisants. Les importateurs expliquent qu’ils allouent des matériels par marché, privilégiant ceux dont la croissance est la plus forte. Certes, l’époque est exceptionnelle, à telle enseigne que les Etats-Unis consomment leur propre production et qu’il n’est pas question de compter sur leurs capacités industrielles. La réaction des entreprises est donc d’anticiper en lançant des commandes pour disposer d’un parc de machines suffisant. C’est ce qui a été observé en France. Mais alors, vers qui se tourner pour être livré sans retard ? Vers la Chine ? L’Inde ? Toujours les mêmes. C’est peut-être ce qu’il se passera si la demande en matériels suit la hausse d’activité des marchés de la construction. Et sur ce point, la production de scénarios définissant des situations possibles est porteuse jusqu’à 2009, comme l’a étudié l’Observatoire du BTP1. Au-delà, il faut affiner par marché, mais on ne parle par de chute brutale, plutôt d’un ralentissement jusqu’en 2015.
Si l’on regarde vers la Chine, il est vrai que les constructeurs ont concentré une grande partie de leurs efforts vers ce pays. Selon des responsables économiques chinois, leur pays est en train d’entamer le deuxième tiers de ses “Trente Glorieuses”. Et les prédictions qui ont accompagné l’entrée dans l’année du “cochon doré” nous font sourire, mais pas eux. Superstitieux, ils font confiance à leur horoscope prédisant une année à venir de prospérité, de chance et de renaissance. Pour eux seulement. Prenant l’affaire au sérieux, des analystes ont prévu à leur tour une hausse rapide des différentes Bourses chinoises. Et du coup, les boursicoteurs ont parié sur une envolée des cours, portée par la seule aura du cochon doré. Si seulement notre coq national pouvait nous donner son courage et son agressivité. Pour les Chinois, il est le symbole de ceux qui se démènent mais n’obtiennent pour toute peine qu’une vie de simple satisfaction des besoins les plus élémentaires. Alors commençons par le début : faisons confiance à leur symbolique... et nous aurons nos machines !
(1) Une étude prospective de l’activité bâtiment à l’horizon 2015 a été réalisée par un groupe de travail de l’Observatoire du BTP auquel ont participé la DAEI, la FFB, la CAPEB, le SFIC, la DGUHC et l’ANAH.