Mines & Carrières, n°135, mars 2007

En couverture
Train Euro Cargo Rail (ECR), filiale de EWS, au départ de Ferques, sur l’embranchement des Carrières du Boulonnais
Transport
Fret : le coup de pied au train
Pressage des boues
Une Bizzarri italienne
Capotage
Les matériaux sortent couverts
Formation
L’abattage à l’explosif a son Badge
Environnement
Une collaboration synchronisée
Criblage
CCW potasse son traitement
Dossier
spécial Bauma 2007
Présentation du numéro
Made in Germany
Sans surprise, le prochain salon de la Bauma sera encore plus grand que le précédent, qui a eu lieu en 2004, avec plus d’exposants, plus de surface d’exposition et plus de matériels. Les organisateurs s’attendent aussi à accueillir plus de visiteurs qu’ils en ont eu jusqu’à présent. Cette vitrine du savoir-faire allemand est un bon signe pour l’économie du pays. Ses matériels se vendent bien et le pays peut se venter d’être le premier exportateur mondial avec un excédent du commerce extérieur qui a dépassé les 180 milliards d’euros l’année dernière. Selon la VDMA, la fédération de la construction mécanique allemande, le secteur a enregistré un niveau de production record de 158,4 milliards d’euros en 2006, correspondant à une hausse de 7,4 % par rapport à 2005. Et pour 2007, les économistes prévoient une hausse de 4 %. Depuis les années 1960, la profession aura bénéficié d’une croissance incroyable de 23 % en 4 ans. Du jamais vu ! L’Inde et la Chine demandent ces matériels made in Germany, et le pays a enregistré, pour la même année, 123 milliards d’exportations. Côté intérieur, la demande devient de plus en plus forte aussi, avec un marché de la construction qui s’est refait une santé : les commandes sont d’ailleurs en hausse de 19 %, selon la fédération. Et du coup, les entreprises se mettent à investir (+ 16 %) et à embaucher. Ce sont surtout les grosses PME qui ont recruté (20 000 emplois en 2006). Elles constituent ce tissu d’entreprises qui soutient la première économie de la zone euro.
On a de quoi être sceptique quand on entend, en France, que l’on pourrait faire mieux à l’export avec un euro plus fort et un dollars plus faible. Oui, pourquoi pas ? Mais cette différence entre les deux économies tient surtout au fait que la vigueur allemande s’inscrit dans la durée. Les modes n’ont pas changé les priorités, parmi lesquelles figure en bonne place l’industrie. On a l’impression que nos voisins ont su privilégier ce qu’il savaient bien faire et s’appuyer sur leurs points forts. Les industries classiques ont suffisamment investi en recherche et développement pour être en mesure de faire croître des secteurs que l’on croyait moribonds chez nous. La différence tient aussi à la qualité, un facteur clé de réussite outre-Rhin. Dans ce domaine, les problématiques sont déclinées dans des instituts où l’on traque le défaut, et cette politique a un prix que l’on est prêt à payer pour avoir de la qualité. Mais là où les deux pays se rejoignent, c’est sur l’emploi. Peu de jeunes se dirigent vers l’industrie, et les gouvernants n’ont pas l’air d’avoir pris la mesure de l’effort à donner en matière d’éducation pour faire avancer nos deux pays dans l’ère post-industrielle. Or, c’est maintenant qu’il faut inventer l’industrie de demain. Au risque d’aller admirer plus tard, sur des salons lointains, ce que d’autres auront sur faire mieux que nous.