Mines & Carrières, n°144, janvier 2008

Constructeur
Le téléphone ne pleure plus à Saint-Denis
Manifestation
Une carrière en activité sous les yeux du public
Transport
En carrière, Bia se fait peu de sushi
Dossier
Quoi de neuf en concassage primaire ?
Présentation du numéro
Les pieds dans le plat
Information, communication ou pire encore, silence radio ? Sachant que toute vérité n’est pas bonne à dire, les professionnels de l’industrie minérale sont touchés, comme les autres, par ce dilemme. L’illustration en est donnée ce mois-ci par le dossier qui a pour thème : Quoi de neuf en concassage primaire ? Il est vrai que les matériels utilisés aujourd’hui ont été mis au point il y a des décennies, et que l’on assiste à une modernisation des procédés plutôt qu’à un bouleversement des techniques. Il y a plus d’asservissements hydrauliques, et moins de pénibilité pour les opérateurs qui interviennent durant les opérations de maintenance ; les machines ont davantage de capacité ; elles sont capables d’un plus gros débit, etc. Pour illustrer un tel sujet, il faut être “parlant”, avoir du vécu, et pour cela rien de mieux qu’aller en carrière pour recueillir l’avis des exploitants sur leur nouveau concasseur. “Pourquoi avoir changé ?”, “Qu’est-ce qu’il apporte de plus par rapport à l’ancien appareil ?” “D’ailleurs, où est-il parti, celui-là ?” De l’autre côté de la Méditerranée, ou à la ferraille ? Le hic, c’est que l’on se sent obligé de parler de ce qui va bien, comme si tout devait être rectiligne, histoire de ne pas déplaire et de faire plaisir à l’exploitant et au constructeur. Or, personne n’est dupe : quand on installe de tels matériels, il y a forcément des choses qui n’ont pas fonctionné, des projets qui ont avorté et qui donnent au final un compromis qui n’arrange personne. Alors, évidemment, on est bien embarrassé pour décrire ce qu’on a vu, parce que le résultat n’est pas toujours très probant. D’accord, ça fonctionne, mais on a entendu dire qu’avec un autre choix, le résultat aurait été meilleur.
Et pour les constructeurs, itou : on ne parle que de ce qui fonctionne. C’est dommage, car d’un échec ressortent souvent de bons enseignements, profitables aux autres, et qui éviteraient de faire un choix mal adapté. Vouloir être transparent, c’est bien, et peu le sont. Il y a aussi ceux qui cachent leur savoir-faire et se complaisent dans un mutisme parfait. Vivons heureux, vivons cachés, car mettre en avant ses produits (mêmes s’ils sont connus) donne des armes à la concurrence. C’est dommage, car le but d’un tel dossier n’est pas de soulever les erreurs de chacun, mais de progresser par le partage des connaissances : informer les autres, c’est s’informer soi-même, et c’est aussi mieux piloter son propre projet avec une visibilité accrue. Voilà, c’est dit, et ça va mieux.