Mines & Carrières, n°161, juillet/août 2009

En couverture
Stage de mécanique sur une chargeuse, chez Komatsu France, pour les techniciens du réseau
Actualités
Agenda et manifestations, les hommes dans l’entreprise, carrières et matériaux, chantiers du BTP, constructeurs et fournisseurs, nouvelles de la Sim, minerais et métaux, marque-pages
Maintenance
O’mos gère l’imprévisible
Carrières
Perasso, une carrière dans Marseille
Un savoir-faire industriel au service des exploitants
Journée technique
Chailles et calcaires prolongent la vie des gisements alluvionnaires
Granulats marins
Sablimaris et l'extraction de granulats marins
Dossier : La formation en période de crise
Une porte ouverte en permanence
Les formations longues n’ont plus la cote
Besoin de techniciens de maintenance
La formation sur tous les fronts
Les priorités dictent les choix
Les ingénieurs font carrière
À l’ecole du BRGM
Formés au biberon
Equipements
Présentation du numéro
Drôle d’époque
Nous vivons une époque bien étrange où il est impossible de rester insensible à l’annonce de la fermeture d’une usine. Chaque de plan de licenciement provoque un serrement de cœur, l’impression d’un gâchis. Est-ce la culpabilité de ne pas être concerné par ces funestes mesures ? Ce sentiment de tristesse, et même d’inquiétude, nous envahit comme il a dû envahir aussi les mineurs et leur famille lorsque les puits ont été fermés les uns après les autres il y a quelques années. La mort d’une usine apparaît comme une grave perte de substance de l’économie, voire d’une partie de l’identité nationale. La transition que nous sommes en train de vivre est douloureuse, et les régions minières en savent quelque chose. Le handicap de notre pays est d’essayer trop longtemps de maintenir ce qui existait plutôt que de miser davantage sur des enjeux d’avenir. Les technologies vertes en font partie, et parmi les efforts à fournir pour trouver une issue, la formation a son rôle à jouer. Le dossier du mois lui est consacré, et il apparaît évident que celle-ci – la formation continue – est une chance pour les entreprises, car elle permet d’améliorer le niveau de qualification des salariés dans toutes les branches au profit de la collectivité et de son économie. Un exemple : le secteur industriel des mines et carrières doit remplacer d’ici à 6 ans 30 % de ses effectifs, à savoir 62 000 salariés qui partiront à la retraite. Ces départs se feront, pour certains, en ayant légué leur savoir-faire et pour d’autres sans aucun dispositif de transfert des connaissances, une perte sèche pour l’entreprise. Mais les choses vont changer car une loi est à l’étude : elle devrait autoriser, à titre expérimental, les entreprises à utiliser l’argent de la formation professionnelle pour financer le tutorat des jeunes par les seniors. Encore trop rare, le tutorat sera doté d’un cadre légal pour favoriser son développement. Un article additionnel au projet de loi sur la formation a été adopté début juillet en ce sens par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée. Le gouvernement devrait soutenir un amendement “visant à ce que la participation des employeurs à la formation professionnelle continue finance les dépenses correspondant à une part de la rémunération des salariés assurant le tutorat des jeunes de moins de 26 ans, des jeunes embauchés depuis moins de six mois ou des stagiaires, et les éventuels compléments de salaire versés aux salariés en contrepartie de leur activité de tutorat”. Ce dispositif entrera en vigueur à titre expérimental jusqu’à fin 2011. Mais si son impact est positif, il pourra être pérennisé. Le coût du dispositif reste à évaluer, mais il s’agit des moyens de la formation professionnelle, et non pas des finances publiques.
Le secrétaire d’État à l’Emploi, Laurent Wauquiez voudrait “faire en sorte qu’un senior puisse garder son emploi en transmettant son savoir-faire à des jeunes”. De leur côté, les syndicats (FO en tête) proposent d’aller plus loin en demandant une “allocation de solidarité intergénérationnelle”, qui serait versée par l’Etat aux employeurs en compensation du maintien du salaire des plus de 58 ans qui accepteraient d’exercer une mission de tuteur dans l’entreprise. Un salarié senior pourrait consacrer trois jours par semaine à son activité professionnelle habituelle, une journée à sa fonction de tuteur. Il réduirait son temps de travail de 20 % en contrepartie de cette mission. Les contours financiers de cette incitation ont besoin de plus de précisions. Il n’empêche qu’il faut que le tuteur ait le temps d’exercer sa mission dans de bonnes conditions, et qu’il bénéficie d’une incitation. Face à cette situation, on ne peut pas rester sans rien faire. L’indifférence serait la pire des solutions.