Mines & Carrières, n°167, février 2010

En couverture
Carrière des Chênes, intégrée au dispositif Eiffage Travaux Publics de la région Rhône Alpes – Auvergne.
Actualités
Agenda et manifestations, les hommes dans l’entreprise, carrières et matériaux, chiffres clés, chantiers du BTP, constructeurs et fournisseurs, nouvelles de la Sim,minerais et métaux
Chargement
Concessionnaire à toute épreuve
Cartographie
Deux nouvelles cartes géologiques pour la Vendée
Matériel
La reprise se fait attendre
Transport
Lapillum charge le maximum
Carrière
À l’ombre des grands chênes
Transport
Longue marche vers la Chine
Journée technique
Le Jura, son sous-sol, ses terroirs et ses cépages
Dossier
Matières premières minérales : approche locale et européenne
Équipements
Présentation du numéro
La biodiversité par la grande porte
Le hasard fait bien les choses : la création d’une chaire d’enseignement associant les mathématiques et la biodiversité à l’École polytechnique ouvrira de nouvelles perspectives dans la compréhension de phénomènes naturels complexes. Du coup, on peut parier que les écologistes auront un nouvel allié avec les mathématiques, encore faut-il que ces derniers étendent le domaine de leurs compétences, au risque d’être déconsidérés et pris pour de vils ignorants. L’objectif d’une telle démarche, pour l’école, est d’élaborer de nouveaux modèles sur l’évolution probable des écosystèmes et de fournir une aide concrète aux chercheurs, aménageurs et tout autre décideur impliqué dans la gestion des espaces naturels. C’est le lien que l’on peut établir avec les carrières, en espérant que la biodiversité ne se réduise pas à des équations ; les modèles mathématiques devraient, selon toute vraisemblance, ouvrir une approche dépassionnée et objective sur les écosystèmes.
Autre lien proche avec ce que vivent les exploitants, plongés malgré eux dans l’écologie moderne : les conséquences du grignotage des territoires de “la vie sauvage” sur l’extinction des espèces ou encore l’efficacité des corridors écologiques reliant des espaces fragmentés. C’est un peu tiré par les cheveux (ceux du carrier, évidemment), car la problématique est complexe et, dans ce domaine, les conférences de l’Unicem ont l’avantage d’aborder la biodiversité avec plus de simplicité pour une meilleure compréhension, même si elles se basent sur des études très sérieuses, comme celles qui ont été menées au Muséum d’histoire naturelle par le professeur Jean-Claude Lefeuvre.
La démarche de cette grande école est intéressante, et il sera curieux de lire les résultats des premières études. Selon les scientifiques responsables de cette unique chaire d’enseignement, la biodiversité pose un défi passionnant aux mathématiques. “Les échelles considérées introduisent quantité d’inconnues, comme la taille de l’échantillon, sa géographie, son interaction avec les milieux environnants”, et bien d’autres réjouissantes données à modéliser, laisse-t-on entendre.
Verrons-nous un jour des polytechniciens s’inquiéter de la biodiversité et de l’intérêt écologique des carrières ? Qui sait ? Dans un ailleurs un peu lointain, peuplé d’animaux sauvages, la biodiversité peut être vue sous un autre angle, moins sérieux, comme cette petite histoire : un tigre (nouvel an chinois oblige) court derrière un polytechnicien autour d’un arbre. Le polytechnicien, bien qu’habillé en Grand Uniforme, semble résister à la vitesse du fauve. Sur une branche de l’arbre, un autre polytechnicien, lui aussi en Grand Uniforme avec bicorne et épée, regarde son collègue et l’encourage. “Dépêche-toi, il va te rattraper”, lui dit-il. “Mais non, ne t’inquiète pas”, arrive à répondre le coureur, “j’ai plusieurs tours d’avance”. C’est certain, il aurait eu encore plus de tours d’avance s’il n’avait pas été en Grand Uniforme, mais cela n’aurait rien changé, bien sûr. Mais que penser du tigre ? Certes, un peu myope, mais content de voir ce compagnon de jeu avec une queue et des cornes –qu’il n’a pas– se risquerait-il à accepter cet étranger, dans son environnement, et sous l’influence croisée de l’un sur l’autre ? Bref, la biodiversité doit-elle s’appliquer à protéger certaines espèces ou à éviter la prolifération de certaines autres ?