Mines & Carrières, n°169, avril 2010

En couverture
Seconde entrée de la carrière Pigeon de Louvigné-de-Bais (35), mise en service pour éviter aux camions d’emprunter les rues de la commune, et améliorer les temps de passage dans la carrière.
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Présentation du numéro
Volcans en sommeil
LLes dernières semaines ont fait prendre conscience que la nature peut être aussi belle qu’effrayante, et que les éruptions d’un volcan sont le signe que notre planète est belle et bien vivante. Interrogé récemment sur la multiplication des tremblements de terre et des éruptions volcaniques, l’ancien ministre, Claude Allègre, rappelle que “ce qui s’aggrave, ce n’est pas la fréquence de ces phénomènes ni leur intensité, mais l’importance des dégâts qu’ils provoquent, compte tenu de l’augmentation démographique. La Terre étant plus peuplée, on ne peut que s’attendre à ce que les problèmes posés par les séismes et les volcans deviennent plus sérieux”.
Sur le nuage créé par l’éruption, l’ex-directeur de l’Institut de physique du globe fustige l’attitude des dirigeants européens : “Ce principe de précaution, dont on nous rebat les oreilles, confine à force à une attitude suicidaire.” Claude Allègre ne mâche pas ses mots et prévient que rien ne permet d’affirmer que les volcans éteints ne doivent plus être surveillés ; ceux du Massif central, par exemple, dont on pourrait penser qu’ils sont inactifs et donc inoffensifs, sont encore surveillés par un observatoire de Clermont-Ferrand.
Selon lui, il faudrait davantage exploiter cette chaleur du sous-sol, provoquée par la désintégration des éléments radioactifs. En effet, la Terre, qui est essentiellement solide, est animée de grands mouvements de convection qui brassent le manteau en permanence sur quelque 2 900 kilomètres d’épaisseur, et font remonter vers la surface les roches chaudes des profondeurs au rythme de quelques centimètres, voire de quelques dizaines de centimètres par an. L’exploitation de cette chaleur est pratiquée par les Islandais, qui en ont fait leur principale source d’énergie.
La France expérimente cette technique à Bouillante (un nom prédestiné !), non loin du volcan guadeloupéen de la Soufrière. L’histoire de cette centrale, située en pleine agglomération, remonte aux années 1960 durant lesquels des sondages et des forages d’exploration ont été effectués sous l’égide du BRGM. Quatre forages profonds ont suivi dans les années 1970, mais un seul –à 300 mètres– a été déclaré positif, et c’est sur lui qu’a été construit une centrale de 5 MW. Le projet a évolué et, en 2000, l’extension des activités géothermiques a été mise à l’étude pour multiplier par trois les capacités installées. Ce nouvel apport d’énergie devrait permettre de couvrir 10 % des besoins annuels en électricité de l’île.
En métropole, des sites ont été repérés : dans le Massif central, un potentiel a été identifié en plein massif du mont Dore ; dans le fossé rhénan, à Soultz-sous-Forêts, un projet de géothermie profonde vient d’aboutir à la mise en service d’une centrale qui commercialisera bientôt sa propre production électrique. Un article du numéro présente cette installation de géothermie haute énergie, qui repose sur la maîtrise des développements de projets sur roches profondes chaudes et fracturées. C’est le seul site de production d’électricité d’origine géothermale en France. Une curiosité dont on parle peu, mais qui est unique car la région est une des plus chaude de France (110 °C), à 1 kilomètre de profondeur ! Etonnant, non ?