Mines & Carrières, n°170, mai 2010

En couverture
Carrière El M'hir Agrégats, implantée à 45 km à l'ouest de Borj Bou Arreridj, dans une vaste région qui s'étend du sud de la Kabylie à la région des Hauts-Plateaux (Sétifois)
Actualités
Agenda et manifestations, les hommes dans l’entreprise, carrières et matériaux, chantiers du BTP, constructeurs et fournisseurs, minerais et métaux
Carrière
Rébénacq : la vitrine de GSM aux pieds des Pyrénées
Minerais
Perspectives d’évolution de la sidérurgie mondiale et des mines de fer
Matériel
Le bout du tunnel ?
Géothermie
Géothermie profonde : l’expérience de Soultz-sous-Forêts
Carrière
Chis, une exploitation bien rodée
Dossier
L’Algérie se construit
Présentation du numéro
Le moteur chinois
Dans un article de ce numéro consacré aux perspectives d’évolution de la sidérurgie mondiale et des mines de fer, Jacques Astier, ingénieur-conseil et ancien directeur à l’Institut de recherche de la sidérurgie française (Irsid), donne son analyse sur les différences entre les industries minières et les activités sidérurgiques. Selon lui, la sidérurgie garde un aspect national, voire européen, alors que l’industrie des minerais de fer s’est globalisée, comme celle du charbon, et opère sur le plan mondial. Cette analyse est confirmée par le dernier rapport du cercle CyclOpe, réunissant des experts francophones des marchés, dont l’édition 2010 est disponible depuis peu. Philippe Chalmin, professeur à l’université Paris-Dauphine et consultant auprès d’organismes internationaux (OCDE, CEE, CNUCED) anime ce cercle de réflexion. D’après lui, “le problème, c’est que la croissance économique mondiale est propulsée par le moteur chinois et qu’ailleurs, notamment dans les pays industrialisés, la croissance est atone”. Il ressort de ce rapport que le pétrole, comme le fer et le cuivre sont agités par une volatilité importante, chutant ou montant en quelques jours de 10 à 20 % en fonction de la spéculation des investisseurs sur la voracité industrielle de la Chine.
Autre phénomène observé : les évolutions technologiques peuvent bouleverser les perspectives de consommation des réserves d’hydrocarbures. Apparemment, de nouvelles techniques permettent d’extraire les gaz “non conventionnels” de gisements qui étaient non accessibles pour l’instant. Du coup, le prix du gaz naturel s’est effondré aux Etats-Unis, car à efficacité énergétique égale, ce gaz coûte deux fois moins cher que le pétrole. Il paraît qu’en Europe, le marché vient d’être affecté, et que les contrats avec les Russes et les Algériens devront prendre en compte cette évolution majeure.
Dernier constat : le prix du minerai de fer détermine celui de l’acier. Commentaire du professeur : “Les Chinois ont tellement torpillé l’ancien système de fixation des prix annuels qu’ils en paient les conséquences sur un marché totalement déstabilisé.”
“Vertiges et Déboires” était le titre du rapport CyclOpe 2009 et du colloque organisé à l’occasion de sa parution en mai 2009. Un an plus tard, le gros des déboires, ceux des marchés financiers, semble déjà oublié. La croissance mondiale a presque retrouvé son niveau d’avant, celui du temps des vertiges. Mais tout ceci ne serait qu’illusion et fruit de plans de relance coûteux s’il n’y avait la réalité de la croissance chinoise.
150 ans après le sac du Palais d’Eté, qui avait marqué symboliquement la fin de l’isolement de l’Empire du Milieu et le début du déclin chinois, qui ne prit vraiment fin qu’en 1976, à la mort de Mao, la Chine est sans conteste le personnage central de la scène économique mondiale qu’analyse le rapport CyclOpe 2010 au travers du prisme des marchés internationaux.
Ps. Pour les abonnés à mines & carrières et aux hors-série, ce numéro est routé avec le hors-série n°6 dans lequel vous trouverez les dossiers “Certificat de Préposé au Tir” et “Patrimoine minier en Alsace-Lorraine”