Recyclage et Valorisation, n° 28, mars 2010

En couverture
À Noyelles-Godault, dans le Pas-de-Calais, sur l'ancien site de Metaleurop où Sita Suez a décidé de faire revivre l'activité industrielle et tertiaire, la société Recycâbles est l'une des entreprises qui redynamise le lieu en recyclant les anciens câbles et en récupérant notamment le cuivre.
Événement
Dans le monde des producteurs de granulats, il fut un temps où l'on opposait les matériaux "nobles" au petit peuple des recyclés… On n'en est plus là et le récent colloque organisé par la commission recyclage de l'UNPG en est la preuve puisqu'il a fallu quasiment pousser les murs pour pouvoir accueillir tous les professionnels venus faire le point sur ce thème.
Actualités
Chasse aux tricheurs, Aliapur se rebiffe. Démolition à Berlin, Atlas Copco fait le pont. Stockage des déchets et propreté, Plastic Omnium sort ses armes.
En direct de
Sur son site de Claye-Souilly, en Seine-et-Marne, Veolia Propreté vient de mettre en service une première unité "pilote" de production de biométhane carburant issu du biogaz capté sur l’installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND). Cette unité, opérationnelle depuis septembre dernier, devrait permettre à l'industriel d'affiner son procédé et de consolider le modèle économique.
Savoir-faire
Jusqu'au dernier mois, l'an passé aura été riche en évènements pour le groupe Chimirec puisque, après l'inauguration des nouveaux locaux de Valrecoise (lire R&V 27), le groupe fêtait en décembre dernier les 20 printemps d'Aprochim à Grez-en-Bouère (Mayenne) avec, cerise sur le gâteau, l'inauguration des toutes nouvelles installations destinées au personnel.
Savoir-faire
Noyelles-Godault, dans le Pas-de-Calais. Sur ce site sinistré de la métallurgie, les espoirs de retrouver des activités et des emplois pouvaient paraitre minces au départ. Et pourtant c'est ici que Sita (Suez Environnement) poursuit la reconversion économique de l’ancienne usine métallurgique Metaleurop Nord qu’elle a dépollué de 2004 à 2006. Trois nouvelles unités de recyclage ont ainsi été implantées en 2009.
Dossier
Lors du dernier Congrès de la Société de l'industrie minérale qui s'est déroulé à Mulhouse en octobre dernier, la séance plénière était consacrée aux "bonnes pratiques industrielles". Parmi les nombreuses interventions figuraient deux communications sur le thème de la filtration et de la déshydratation des boues, un thème qui intéresse tout autant le monde de l'industrie minérale que celui du recyclage des matériaux. C'est la raison pour laquelle nous publions dans ce dossier deux articles qui reprennent l'essentiel de ces communications, l'une réalisée par Yves Chouanard, directeur commercial de la société MS, sur un comparatif entre filtre-presse et centrifugeuse mené in situ, l'autre, présentée par Jean-Michel Hau et Frédéric Poncet, de la société SNF Floerger, qui s'intéresse notamment aux techniques de "Paste Thickening" et "Dry Beaching" qui permettent une meilleure gestion de l'eau et des stériles.
Informations des fournisseurs
Nouveautés chez Kleemann. Traitement et valorisation des boues avec HB Drilling. Citef présente ses bennes à éjection et à vérin frontal. Hitachi dévoile ses nouvelles mini-pelles. Un mini Telescopic dans la gamme JCB. Des fidèles de Rockster en Autriche. Mesure de l'exposition au bruit en zone Atex avec Cirrus. Un système de sécurité pour fosses d'usines d'incinération proposé par Actemium. Biogénie et la dépollution sur et hors site. Les toiles filtrantes TTL.
Présentation du numéro
Recyclage et faux jumeaux
Au hasard d'un reportage sur l'ancien site Metaleurop aujourd'hui redynamisé par Sita (lire en rubrique "Savoir-faire"), la "casse" automobile ultramoderne de la société Re-Source Auto Pièces pouvait donner matière à réflexion. En effet, sur l'immense parking de cette usine à déconstruire, les voitures qui attendaient de passer à la casserole et issues en majorité de la fameuse prime à la casse ne semblaient pas, loin de là, être à l'agonie. Nombre de ces véhicules auraient pu apparemment parcourir encore plusieurs dizaines de milliers de kilomètres sans ressembler à des épaves.
Finalement, ces produits de consommation qui passent peut-être un peu rapidement par la case recyclage sont tout un symbole. Symbole que l'on retrouve dans bien d'autres domaines comme les téléphones portables, les téléviseurs et autre électronique grand public. Cela fait belle lurette que la majorité des cordonniers a disparu des pages jaunes de l'annuaire et ce ne sont que quelques exemples du gaspillage contemporain à tout le moins dans nos contrées.
Et dans une industrie comme celle du granulat ? L'Union nationale des producteurs de granulats (UNPG), qui organisait récemment un colloque sur ce thème du recyclage (lire en pages "Événement"), tendait à démontrer que, pour construire durablement, il fallait préserver la ressource et mettre en œuvre des matériaux en "deuxième vie" chaque fois que cela était possible.
Malgré tout, entre désir et réalité, il semble que, dans ce domaine des granulats comme ailleurs, le chemin soit encore long notamment du côté des utilisateurs. De plus, on en arrive à ce paradoxe que certains maîtres d'ouvrage et maîtres d'œuvre utilisent des matériaux recyclés à haute valeur ajoutée pour des applications qui sont loin d'être nobles.
"Recyclage, que de crimes on commet en ton nom !" pourrait-on paraphraser. De fait, sous ce terme peuvent se cacher bien des turpitudes comme non seulement la voiture à peine usée qui part au désossage mais aussi le granulat "gratouillé" à quelques centaines ou milliers de mètres de l'autoroute en construction et qui se retrouve classé en "excédent de chantier" comme par miracle. Ce dernier point a d'ailleurs le don d'agacer les producteurs de granulats car, comme le précisait Marc Blanc, président de l'Unicem Lorraine, lors d'une journée technique(1) organisée par le Cete de l'Est, "ces excédents de chantier constituent un gisement non négligeable puisqu’ils représentent selon les années entre 10 et 15 % des volumes produits et jusqu’à 80 % des matériaux recyclables."
Donc, sous la même étiquette peuvent se cacher des produits bien différents. Une voiture bonne pour la casse n'est pas forcément une épave et un excédent de chantier peut ressembler comme deux gouttes d'eau à un produit de carrière. Vrais et faux jumeaux !
1 – Le compte-rendu de cette journée paraîtra dans le prochain numéro de R&V